Canoë slalom

RIO DE JANEIRO, BRÉSIL - AOÛT 07 : Felipe Borges, du Brésil, lors de la course de canoë (C1) hommes, s'est imposé lors de la deuxième journée des Jeux olympiques de Rio 2016, au stade Whitewater, le 7 août 2016, à Rio de Janeiro, au Brésil.  (Photo par Christian Petersen/Getty Images)
RIO DE JANEIRO, BRÉSIL - AOÛT 07 : Felipe Borges, du Brésil, lors de la course de canoë (C1) hommes, s'est imposé lors de la deuxième journée des Jeux olympiques de Rio 2016, au stade Whitewater, le 7 août 2016, à Rio de Janeiro, au Brésil. (Photo par Christian Petersen/Getty Images)

Pagayer dans un torrent artificiel, lire les courants et naviguer sur un parcours technique.

Présentation 

En canoë slalom, les athlètes naviguent en canoë ou en kayak dans un parcours d’eau blanche et franchissent des portes le plus rapidement possible. Certaines doivent être franchies en remontant le rapide, d’autres en descendant. Le parcours mesure environ 250 m et comporte un maximum de 25 portes dont 6 ou 8 dans le sens de la montée. Le parcours est conçu pour être terminé en 95 secondes environ.  

Pendant des milliers d’années, le canoë a été un élément essentiel de la vie quotidienne des êtres humains. C’est en Grande-Bretagne au milieu du XIXe siècle qu’il a été utilisé en tant que sport pour la première fois, pour une course en eau calme. La première compétition de canoë a été organisée en Suisse en 1933 dans le but de proposer une alternative au slalom de ski. C’est également la Suisse qui a accueilli les premiers Championnats du monde de canoë en 1949. Ils ont eu lieu tous les ans jusqu’en 1999 et depuis 2002, ils se tiennent de manière annuelle à l’exception des années des Jeux Olympiques d’été. Le canoë slalom a fait ses débuts aux Jeux Olympiques de Barcelone 1992 sur un parcours artificiel. Il fait depuis partie du programme olympique officiel. 

Lors des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, l’épreuve de canoë slalom aura lieu au Kasai Canoe Slalom Centre, un parcours dont la construction a été achevée en juillet 2019. Pour la première fois, le programme inclura une épreuve féminine de canoë monoplace, qui remplacera l’épreuve de canoë biplace masculin de Rio 2016. Il y aura un total de quatre épreuves : les canoës et kayaks monoplaces, masculins et féminins. Les épreuves de kayak masculins et féminins engageront 24 athlètes et celles de canoë en compteront 17.

Une Minute, Un Sport | Canoë
01:23

Programme

  • Kayak (K-1) (Hommes/Femmes)
  • Canoë (C-1) (Hommes/Femmes)

L’essence du sport

Cette course dynamique contre la montre requiert une combinaison de qualités qui ne laisse aucune place à l’erreur face à la redoutable concurrence

Le slalom était traditionnellement organisé en rivière naturelle mais la plupart des compétitions actuelles ont lieu sur un parcours artificiel avec des portes suspendues. Certains tracés sont dotés d’un fort courant et requièrent beaucoup de puissance tandis que d’autres présentent un courant plus faible et ce sont la technique et la manœuvre qui sont décisives.

Le parcours présente 18-25 portes matérialisées par deux poteaux suspendus. Les portes en descente sont de couleur verte et celles en montée sont rouges. Les athlètes doivent naviguer jusqu’à la ligne d’arrivée sans toucher l’une de ces portes. Si le canoéiste touche une porte avec son embarcation, sa pagaie ou son corps, une pénalité de deux secondes lui sera infligée. S’il manque une porte, la pénalité s’élève à 50 secondes. Les pénalités sont ensuite ajoutées au temps de l’athlète pour avoir le temps total.

En kayak, l’athlète est assis et se sert d’une pagaie double qu’il utilise de part et d’autre de son embarcation. En canoë, le céiste est positionné à genou et utilise une pagaie simple pour pagayer des deux côtés.

Lors des Jeux Olympiques, chaque athlète prend part à deux manches de qualifications, dont le meilleur temps est utilisé pour le classement final. Les 20 meilleurs kayakistes et les 15 meilleurs céistes sont qualifiés pour la demi-finale, qui se déroule en une seule manche. Le top 10 de chaque demi-finale est qualifié pour la finale et le classement ainsi que les médaillistes sont déterminés en fonction de cette dernière manche.

Comparés aux rapides de rivière naturelle, où les conditions météo peuvent affecter le résultat final, les parcours artificiels délivrent un débit d’eau conséquent, avec de légères variations de courant. L’enjeu est de parvenir à lire les courants et de bien comprendre le parcours afin d’emprunter le meilleur chemin pour passer de porte en porte et descendre de manière efficace. En raison des portes dans le sens de la montée, les athlètes doivent être capables de réduire leur vitesse en trouvant des courants plus faibles pour changer de direction. L’embarcation peut également être manœuvrée en marche arrière autour de la porte. Chaque athlète adopte une stratégie de navigation différente.

Même si les athlètes terminent dans les premières positions à l’issue des qualifications, ils n’auront qu’une manche en demi-finale et en finale pour tenter de remporter une médaille. Tout peut arriver dans ces forts courants où ils doivent prendre des décisions rapides et réagir instinctivement. Les athlètes techniques cambrent leur dos et n’utilisent que leur tête pour passer en dessous de la porte. C’est un sport dynamique qui requiert à la fois de la concentration, des réflexes et de la technique.

En attendant Tokyo 2020

Qui seront les favoris à Tokyo, dans cette discipline dominée par les pagayeurs européens ?

Les athlètes européens ont remporté toutes les médailles masculines lors des sept épreuves olympiques depuis Barcelone 1992. Seules les compétitions de canoë et de kayak à Pékin 2008 ainsi que le canoë à Rio 2016 ont vu une médaille de bronze échapper à un navigateur européen. Les favoris à Tokyo seront la République Tchèque, l’Allemagne, la France, la Slovaquie, la Slovénie et l’Angleterre. De nombreuses courses sur parcours artificiel se tiennent à travers l’Europe, ce qui leur donne l’opportunité de bien s’entraîner et de développer leurs qualités.

Chez les femmes, ce sont l’Allemagne, la République Tchèque, la Slovaquie, la France et l’Espagne qui ont remporté les épreuves olympiques depuis les JO de Barcelone 1992. Les autres chances de médailles viennent d’Australie, des États-Unis et de Nouvelle-Zélande. De plus en plus de compétitions sur parcours artificiel sont organisées dans le monde, ce qui permet de réduire les écarts.

En slalom, seul un athlète par nation peut se qualifier pour chacune des quatre épreuves. Le tournoi de qualification européen est donc généralement très disputé.

L’Australienne Jessica Fox est l’une des meilleures kayakistes, et ses parents ont tous deux été champions du monde. Elle a remporté le bronze aux JO de Londres 2012 et l’argent à Rio 2016, et elle était en tête du classement mondial de l’ICF 2019. Sa technique exceptionnelle et ses qualités physiques font d’elles la favorite à Tokyo.

Sur l’épreuve de canoë féminin qui connaîtra ses débuts olympiques à Tokyo, l’Anglaise Mallory Franklin a remporté de nombreuses compétitions internationales et se classe seconde du classement mondial, derrière Jessica Fox. Mallory Franklin est la plus grande athlète du circuit et utilise ses longs membres pour manœuvrer son bateau. Elle est considérée comme l’une des favorites pour l’or à Tokyo.

Le saviez-vous ?