Rio de Janeiro, BRÉSIL - 10 septembre 2016 : L'Américaine Christella García (kimono blanc) combat contre la Brésilienne (kimono bleu) dans la catégorie + 70 kg lors des Jeux Paralympiques de Rio 2016.
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 10 septembre 2016 : L'Américaine Christella García (kimono blanc) combat contre la Brésilienne (kimono bleu) dans la catégorie + 70 kg lors des Jeux Paralympiques de Rio 2016.

Le judo est un sport de combat international pour les athlètes ayant une déficience visuelle et il est l'un des deux arts martiaux du programme paralympique avec le taekwondo.

Une Minute, Un Sport | Para-Judo
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Présentation

Son nom signifie « voie de la souplesse », mais le judo est un sport de combat complet dans lequel une erreur de mouvement où la moindre perte de concentration peut entraîner une défaite.

Le judo est né au Japon à la fin du XIXe siècle, en tant qu'activité englobant des aspects physiques, mentaux, éducatifs et moraux.

Le judo est un sport paralympique depuis les Jeux de Séoul en 1988, les épreuves féminines ayant été disputées pour la première fois aux Jeux d'Athènes en 2004. Bien que les concurrents se voient attribuer des classifications en fonction de la gravité de leur déficience visuelle, allant de B1 (cécité totale) à B3 (vision faible), ils sont répartis en catagorie de poids et non de degré de déficience. Tous les niveaux de déficience visuelle concourent ensemble et les masques oculaires ne sont pas utilisés.

Il y a sept catégories de poids pour les hommes, des moins de 60 kg aux plus de 100 kg, et six catégories pour les femmes, des moins de 48 kg aux plus de 70 kg.

L'objectif du judo est de projeter ou de mettre un adversaire au sol ; de l’immobiliser avec une prise ; ou de le forcer à abandonner avec une clé articulaire ou un étranglement. Les athlètes (connus sous le nom de judokas) s'affrontent sur un tapis de 10 x 10 mètres et utilisent un large éventail de techniques de projection et de contrôle. Le score le plus élevé qu'un judoka peut obtenir s'appelle un ippon, le moyen ultime de remporter la victoire dans un match et c'est aussi le score le plus élevé en judo. Une fois un ippon marqué, le match est terminé. Réussir un ippon exige force et vitesse pour parvenir à mettre l'adversaire sur le dos. Si une projection ou une autre technique est exécutée avec succès mais que toutes les conditions du ippon ne sont pas remplies, un waza-ari (un demi-point) est accordé. Deux waza-ari dans un match équivalent à un ippon.

Les techniques de contrôle sont réalisées à partir du moment où le juge déclare qu’un osaekomi (une immobilisation) a été effectué. Si l'immobilisation dure plus de 10 secondes, un waza-ari est attribué. Après 20 secondes, un ippon est accordé.

Les techniques d'étranglement (shimezawa) et de clé articulaire (kansetsuwaza) peuvent causer des blessures, si bien que l'athlète couché sur le sol peut indiquer un maitta (« J'abandonne »). Si cela se produit, son adversaire est gratifié d’un ippon.

Les règles sont presque identiques à celles du judo olympique, mais une différence significative est que le judoka doit saisir la manche et le revers de la veste de son adversaire et se maintenir ainsi, avant qu'un match ne puisse commencer. Comme il n'est pas nécessaire de chercher une prise sur le kimono de l'autre concurrent, les compétitions commencent réellement dès que l'arbitre dit Hajime ! (« Commencez ! »). Un concurrent qui se déplace avant le hajime recevra une pénalité.

À la fin de l'année 2016, la Fédération Internationale de Judo a révisé ses règles pour raccourcir d'une minute les matchs masculins afin que ceux des deux sexes durent quatre minutes. De plus, les critères d'évaluation se limitent à la notation ippon ou waza-ari. Ces changements ont été conçus pour encourager un judo plus agressif et plus offensif.

Plus d’informations sur les classifications en judo

Programme

  • Jusqu'à 60,00 kg (Hommes) 
  • Jusqu'à 66,00 kg (Hommes) 
  • Jusqu'à 73,00 kg (Hommes) 
  • Jusqu'à 81,00 kg (Hommes) 
  • Jusqu'à 90,00 kg (Hommes) 
  • Jusqu'à 100,00 kg (Hommes) 
  • Plus de 100,00 kg (Hommes) 
  • Jusqu'à 48,00 kg (Femmes) 
  • Jusqu'à 52,00 kg (Femmes) 
  • Jusqu'à 57,00 kg (Femmes) 
  • Jusqu'à 63,00 kg (Femmes) 
  • Jusqu'à 70,00 kg (Femmes) 
  • Plus de 70,00 kg (Femmes)
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 10 septembre 2016 - de gauche à droite : Le médaillé d'argent Wilians Silva de Arajuo (BRA), le médaillé d'or Adiljan Tuledibaev (OUZ), le médaillé de bronze Masaki Kento (JAP) et Yangaliny Jimenez (CUB)  célèbrent leur podium lors de la cérémonie de remise des médailles pour les hommes + 100 kg lors Jeux Paralympiques de Rio 2016.
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 10 septembre 2016 - de gauche à droite : Le médaillé d'argent Wilians Silva de Arajuo (BRA), le médaillé d'or Adiljan Tuledibaev (OUZ), le médaillé de bronze Masaki Kento (JAP) et Yangaliny Jimenez (CUB) célèbrent leur podium lors de la cérémonie de remise des médailles pour les hommes + 100 kg lors Jeux Paralympiques de Rio 2016.
2016 Getty Images

L'essence du sport

Se battre avec cœur et avec tous les sens

Lorsque des athlètes totalement aveugles sortent de l'aire de combat par accident, ils peuvent avoir besoin d'aide pour revenir vers le centre. Des cercles rouges de 7 cm de diamètre sont cousus sur l'extérieur des manches de leurs judogi (kimonos) pour que l'arbitre puisse facilement savoir qu'ils sont totalement aveugles. Aucune pénalité n'est prévue pour cette sortie à moins que ce déplacement ne fût intentionnel. Lorsque les judokas approchent du bord, l'arbitre appelle depuis le centre de l’aire de combat pour leur faire savoir où ils devraient être.

Les techniques habiles de prise du kimono réalisées par les judokas pour passer de la prise initiale à une qui leur convient mieux sont remarquables. Bien qu'ils soient incapables de voir physiquement ce que fait leur adversaire, les judokas sentent les intentions de leurs rivaux via leurs mouvements, leurs prises de kimono et leur respiration. Ils tenteront de déstabiliser leurs adversaires tout en résistant à leurs attaques et chercheront une occasion d'appliquer leurs propres waza (techniques).

Le judo paralympique diffère également de son équivalent olympique en ce sens que les entraîneurs peuvent conseiller les concurrents lors des combats. Il est ainsi particulièrement important de leur communiquer la durée de combat restant.

Au fur et à mesure que le sport se développe, de plus en plus de concurrents commencent à ajouter des waza d'autres disciplines telles que le jujitsu brésilien, qui utilise de nombreux newaza (techniques de combat au sol), et le sambo russe, similaire au judo par ses techniques de projections et de clés articulaires.

Rio de Janeiro, BRÉSIL - 8 septembre 2016 : Shizuka Hangai avec l'arbitre pendant le combat pour la médaille de bronze du tournoi féminin de judo - 48 kg à la Carloca 3 des Jeux de Rio 2016.
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 8 septembre 2016 : Shizuka Hangai avec l'arbitre pendant le combat pour la médaille de bronze du tournoi féminin de judo - 48 kg à la Carloca 3 des Jeux de Rio 2016.

En attendant Tokyo 2020

Gagner des médailles avec de la force et de l'énergie explosive

Cent vingt-neuf athlètes venant de 36 pays ont participé à la compétition de judo paralympique aux Jeux de Rio en 2016 et 18 pays ont remporté au moins une médaille, ce qui reflète le développement mondial de ce sport.

L'Ouzbékistan a remporté 10 médailles, dont trois en or : plus que tout autre pays. Un véritable bond en comparaison de l'unique médaille d'argent remportée à Londres en 2012. La mise en place de centres d'entraînement spécialisés et le soutien enthousiaste pour le sport paralympique expliquent cette importante progression.

Aucun judoka paralympique n'a remporté plus de médailles qu’Antônio Tenório da Silva (Brésil). Avec sa victoire aux Jeux de Beijing en 2008, il est devenu la première personne à remporter quatre médailles d'or consécutives dans ce sport. Il a ensuite remporté le bronze à Londres en 2012 et une médaille d'argent à Rio en 2016, à l'âge de 45 ans.

La Chinoise Yuan Yanping a remporté trois médailles d'or consécutives dans la catégorie féminine de 70 kg depuis les Jeux de Beijing en 2008. À Rio, en 2016, à l'âge de 40 ans et malgré des soucis physiques, elle a fait preuve d'un talent et d'une force incomparables pour remporter tous ses combats par ippon.

Le saviez-vous ?