Zak Madell espère emmener le Canada à Tokyo 2020

L’Américain Chuck Aoki (à gauche) et le Canadien Zak Madell pendant la demi-finale des Jeux Paralympiques de Rio 2016.
L’Américain Chuck Aoki (à gauche) et le Canadien Zak Madell pendant la demi-finale des Jeux Paralympiques de Rio 2016.

Le rugby en fauteuil roulant canadien est dans une position étrange : inventeur de ce sport et dominateur jusqu’alors, la nation nord-américaine devra jouer sa qualification pour Tokyo 2020 lors du tournoi de qualification paralympique de Richmond (Canada) la semaine prochaine. Le Canada recevra le Brésil, la Colombie, la France, l’Allemagne, la République de Corée, la Suède et la Thailande dans un tournoi qui ne délivrera que deux billets pour Tokyo.

« C’est une situation bizarre pour nous car nous n’avons jamais participé à ce genre de tournoi qualificatif », confie Zak Madell, considéré comme l’un des meilleurs rugbmen en fauteuil roulant au monde. « Nous tirons beaucoup de fierté du rugby en fauteuil roulant au Canada car nous sommes les inventeurs de ce sport. »

Zak Madell a défendu les couleurs de son pays pour la première fois à seulement 16 ans. C’est à ce moment qu’il a été surnommé « The Kid » (l’enfant en anglais). Mais après Rio 2016, où le Canada a terminé quatrième malgré son statut de favori, Zak Madell a décidé de s’écarter de ce sport à 22 ans. Aujourd’hui, le « kid » est de retour avec une grande ambition : « Cette désillusion nous a permis d'en vouloir encore plus, explique Zak Madell. Je pense que beaucoup de partenaires gardent ce sentiment dans un coin de leur tête : nous ne voulons plus vivre ce genre de situation. »

Le Canada ne laisse donc pas de place à l’échec : « Nous allons nous entraîner six fois par semaine, parfois deux fois par jour, que ce soit de l’entraînement sur le terrain ou à la salle de musculation ou encore des sessions vidéo afin d’être prêts tactiquement » détaille Zak Madell.

Ils veulent également être prêts mentalement. Après Rio 2016, l’équipe a commencé à travailler avec des psychologues du sport qui les aident à trouver des moyens d’éviter toute distraction.

Même si c’est la nation dominante en rugby en fauteuil roulant, le Canada n’est jamais parvenu à se hisser sur la plus haute marche du podium des Jeux Paralympiques, remportant la médaille d’argent à Londres 2012, Athènes 2004 et Atlanta 1996. « C’est l’une des choses que nous essayons de résoudre en travaillant avec des psychologues du sport. Nous essayons de comprendre ce qui nous a empêché d’être performants et de remporter les matchs qui comptent, ceux pour la médaille d'or avec beaucoup de pression » souligne Zak Madell.

L’équipe canadienne avec la médaille d’argent autour du coup pendant la cérémonie de remise de médaille des Jeux Paralympiques de Londres.
L’équipe canadienne avec la médaille d’argent autour du coup pendant la cérémonie de remise de médaille des Jeux Paralympiques de Londres.
Mike Ehrmann/Getty Images

Si Zak Madell parvient à emmener le Canada à ce qui serait leur septième participation aux Jeux Paralympiques consécutive, il espère évoluer sous les ordres de l’entraîneur Kevin Orr, qui s’est séparé de l’équipe nationale après avoir été le coach canadien à Londres et à Rio.

En 2017, Kevin Orr a pris en main la sélection japonaise et les a emmené vers le titre de champion du monde remporté contre l’Australie. Le Japon, aux côtés des doubles champions paralympiques australiens, de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis seront les favoris aux Jeux Paralympiques de Tokyo 2020.

Zak Madell, qui connait le Japon après avoir été invité à jouer dans la Ligue nationale de rugby en fauteuil roulant, est très excité à l’idée de vivre l’aventure pour se qualifier aux Jeux : « Ce que le Japon est en train de faire est spectaculaire. Là-bas, l’équipe entière de rugby en fauteuil roulant est affichée sur des avions. Il y a plus d’affichage publicitaire pour les Jeux Paralympiques que les Jeux Olympiques. »

Il a même vu des dessins animés avec des rugbymen en fauteuil roulant à la télévision, ce qui l’a convaincu que ces Jeux Paralympiques feront partie des meilleurs de l’histoire. Mais pour revenir à l’essentiel, Zak Madell sait bien que le Canada devra se hisser en finale du tournoi de qualification paralympique mais ce n’est pas le but ultime : « Nous voulons la médaille d’or, mais on sait que ce ne sera pas une aventure facile.

Par le Comité International Paralympique.