Malgré les blessures et les doutes, Li Zhangyu rêve de Tokyo 2020

Londres, ANGLETERRE - 30 août 2012 : Le Chinois Li Zhangyu lors de l’épreuve du contre-la-montre 1 km des classes C1-3 des Jeux Paralympiques de Londres 2012.
Londres, ANGLETERRE - 30 août 2012 : Le Chinois Li Zhangyu lors de l’épreuve du contre-la-montre 1 km des classes C1-3 des Jeux Paralympiques de Londres 2012.

Le cycliste chinois est prêt à défendre ses titres et médailles olympiques de Rio 2016 sur le sol japonais. 

Pour un athlète qui passe des centaines d’heures à se préparer pour une compétition internationale, une médaille veut dire beaucoup.

Cependant, les priorités peuvent parfois changer. Le multiple médaillé paralympique ZHANGYU Li s’est trouvé face à un dilemme lorsqu’il a du établir un équilibre entre sa vie d’athlète et sa vie de père.

Début septembre 2016, lorsque l’athlète chinois a atterri à Rio pour participer à ses deuxièmes Jeux Paralympiques, son fils venait de naître quelques mois auparavant.

Li ambitionnait de conserver ces trois médailles remportées aux Jeux de Londres 2012 : l’or en contre-la-montre 1km C1-3, l’argent en poursuite individuelle C1 et le bronze en contre-la-montre C1. 

« À long terme, la fatigue de l’entraînement combinés à mon handicap peut conduire à des vertiges sévères pendant l’entraînement, ce qui affecte mes performances » explique-t-il.

Li était conscient que sans entraînement, aucune médaille ne pouvait être garantie. Il a donc dédié plus de temps à l’entraînement en sacrifiant du temps avec son fils, qu’il appelle affectueusement Tiger.

Mais le père qui sommeille en lui ressentait la douleur de ne pas être au côté de son fils puis il a commencé à émettre des doutes sur sa capacité à se concentrer à 100 % sur les Jeux Paralympiques.

« Depuis qu’il est né, mon fils est la lumière de ma vie. À cause de l’entraînement, je ne peux pas passer beaucoup de temps avec lui. »

Il a toutefois déjouer tous les doutes qu’il avait en remportant deux médailles d’or à Rio 2016, en établissant deux nouveaux records du monde : sur la poursuite individuelle 3 000 m C1 et sur le contre-la-montre 1 000 m C1-3.

Il avait atteint le sommet mais un an plus tard, une blessure qu’il connaissait déjà a refait son apparition, ce qui a failli le conduire à un arrêt brutal de sa carrière.

« J’ai penser tout arrêter » confie-t-il à propos de l’année 2017, pleine d’incertitudes.

Londres, ANGLETERRE - 30 août 2012 : De gauche à droite, le médaillé d’argent britannique Mark Lee Colbourne, le médaille d’or chinois Zhangyu Li et le médaillé de bronze allemand Tobias Graf posent sur le podium du contre-la-montre 1 km C1-3 des Jeux Paralympiques de Londres 2012.
Londres, ANGLETERRE - 30 août 2012 : De gauche à droite, le médaillé d’argent britannique Mark Lee Colbourne, le médaille d’or chinois Zhangyu Li et le médaillé de bronze allemand Tobias Graf posent sur le podium du contre-la-montre 1 km C1-3 des Jeux Paralympiques de Londres 2012.
2012 Getty Images / Bryn Lennon

Détermination

Contre toute attente, Li était déterminé à retrouver sa condition physique optimale et 2018 a été son année. Lors des Championnats du monde de cyclisme sur piste de Rio de Janeiro, il a remporté le titre en contre-la-montre 1 km et le bronze en poursuite individuelle 1 km. La même année aux Championnats du monde de cyclisme sur route de Maniago en Italie, il est de nouveau monté sur le podium avec le bronze, dans une discipline qui n’est pas sa spécialité.

La recette du succès

Li a révélé le secret de sa réussite en expliquant que dans les périodes de doute, la clé réside dans les choses simples.

« J’essaye d’être heureux mais je n’y pense pas trop » confie-t-il.

Li essaye désormais de passer le plus de temps possible avec son fils, âgé de 4 ans. 

Cependant, il précise que son statut de père ne doit pas l’éloigner de son objectif de donner le meilleur de soi-même, de terminer tous ses plans d’entraînement, de rester en forme et d’être heureux.

Concernant les blessures, Li estime que les surpasser a plus de valeur qu’un record du monde et conseille désormais d’autres athlètes.

« Vous devez avoir le temps de trouver les causes de vos blessures pour les surmonter. Je pense que tous les athlètes peuvent se protéger des blessures. Une blessure peut rendre un grand athlète très malheureux. »

À 31 ans, Li est sur le circuit depuis une décennie mais il a toujours beaucoup à donner.

« À Tokyo 2020, je veux tout gagner » a-t-il déclaré avant de s’en aller.

Par Paralympic.org