Les Rollers Australiens veulent retrouver le podium

Jannik Blair, d'Australie, s'échauffe avant le match de la Wheelchair Basketball World Challenge Cup contre la Turquie en 2017.
Jannik Blair, d'Australie, s'échauffe avant le match de la Wheelchair Basketball World Challenge Cup contre la Turquie en 2017.

Jannik Blair est en mission pour aider l'équipe masculine australienne de basketball en fauteuil roulant à remporter une médaille aux Jeux Paralympiques de Tokyo 2020 après un résultat décevant à Rio.

L'équipe masculine australienne de basketball en fauteuil roulant , connue sous le nom des Rollers, a enregistré de grands succès sur la scène paralympique avec deux médailles d'or et deux d'argent entre Atlanta 1996 et Londres 2012.

Les Rollers étaient à deux doigts de remporter l'or pour la troisième fois à Londres, mais à Rio 2016, malgré leur statut de champions du monde en titre et de numéro un mondial, ils se sont inclinés en quarts de finale face à la Grande-Bretagne, futur médaillée de bronze.

Pour Jannik Blair, médaillée d'argent à Londres 2012, l'objectif est de remonter sur le podium aux prochains Jeux Paralympiques, comme il l'a confié à Tokyo 2020.

« En règle générale, nous nous attendons à monter sur le podium à [chaque] tournoi majeur. C'est l'objectif à Tokyo. Je pense que c'est un objectif réaliste pour nous », a déclaré Blair, devenu paraplégique à 12 ans lorsque la camionnette qu'il conduisait a fait des tonneaux.

« Nous ne pensons pas qu'il faille abandonner les podiums pour se reconstruire. Nous pensons pouvoir éviter [les mauvais résultats] si nous nous en tenons à notre ligne, en lançant constamment de nouveaux joueurs tout en maintenant une sorte d'équilibre entre jeunesse et expérience. »

Joey Johnson du Canada défie Jannik Blair d'Australie lors de la finale du basketball en fauteuil roulant aux Jeux Paralympiques de Londres 2012.
Joey Johnson du Canada défie Jannik Blair d'Australie lors de la finale du basketball en fauteuil roulant aux Jeux Paralympiques de Londres 2012.
Photo de Shaun Botterill/Getty Images

Le début de la rédemption

La campagne des Rollers Australiens à Rio ne s’est passée comme prévue. Ils ont terminé à la sixième place après avoir perdu de 23 points en quarts de finale, leur plus mauvais performance depuis 16 ans.

« Nous avons été vulnérables pendant les matchs où il était évident que nous n'avions pas passé assez de temps de jeu ensemble », a expliqué Blair avant d'ajouter : « Nous n'avions pas passé vécu assez de situations de grande pression avec des scores super serrés en fin de match pour pouvoir jouer sans se laisser abattre, compter sur les coéquipiers, leur faire confiance et savoir qu'ils seront là quelle que soit la situation. »

Mais ce fut une leçon qui a entraîné de légers changements au sein de l’équipe.

Après Rio 2016, Craig Friday a été nommé comme nouvel entraîneur principal avec Brad Ness comme assistant, qui a participé à cinq Jeux Paralympiques. Pendant ce temps, le groupe de joueurs est resté sensiblement le même avec des ajustements du cinq de départ et de leur style de jeu global.

Il n'a pas fallu longtemps à l'Australie pour retrouver les podiums avec une médaille de bronze aux Championnats du monde de 2018 avant de se qualifier pour Tokyo 2020 lors des Championnats d'Asie et d'Océanie de 2019, en gagnant la finale face à la République de Corée.

« Renouer avec la victoire rapidement était très important pour nous rassurer », a commenté le paralympien né à Horsham à propos du résultat du Championnat du monde. « Nous avons passé quatre ans ensemble, bien que nous n'ayons pas pu nous réunir la dernière année. Nous allons à Tokyo en sachant que cela fonctionne et nous attendons avec impatience une autre occasion de pouvoir le montrer. »

De toute évidence, les préparatifs n'ont pas été faciles, malgré la façon dont l'Australie a géré la pandémie. La fermeture des frontières intérieures entre les États étant imprévisible, les stages de préparation ont été reportés et les joueurs ne pouvaient plus de voyager sans être soumis à une quarantaine de 14 jours dans des chambres d’hôtels. La dernière fois que les Rollers ont été réunis, c'était lors de l'épreuve de qualification olympique en décembre 2019.

La préparation étant un élément clé de la réussite de la campagne des Rollers, il y avait des inquiétudes à l'approche de cette année olympique.

« Nous avons appris des expériences passées où nous n'avons pas pu nous préparer correctement ensemble avec de mauvaises performances à la clé. Nous sommes donc conscients qu'il est essentiel que nous puissions nous réunir, autant que possible, pour une longue période d'entraînement et de préparation de haute qualité », a déclaré Blair, qui réside actuellement en Espagne.

Heureusement, les joueurs basés en Australie ont récemment pu intensifier leurs préparatifs paralympiques pendant un stage à Canberra, mais Blair ainsi que les autres Rollers basés à l'étranger espèrent retourner en Australie dès que leurs saisons respectives seront terminées.

« Il est difficile de planifier à l’avance des choses de plus de quelques jours ici, alors je ne parle même pas de quelques mois », a déclaré Blair. « Il y a tellement de points d'interrogation et je n'envie certainement pas le coach et son équipe qui doivent essayer de planifier tout cela. »

La vie en Espagne

Depuis trois ans, le basketteur de 28 ans vit à Bilbao, en Espagne. Il évolue dans la meilleure ligue de basketball en fauteuil roulant du pays, la División de Honor.

Après avoir passé quatre ans aux États-Unis, où il a joué à l'université d'Alabama après un passage à l'université du Missouri, Blair a pris un congé pour rejoindre le BSR Bidaideak Bilbao, après Rio 2016.

« Je pense que tout le monde serait d'accord pour dire que la ligue espagnole est la plus forte - les ligues européennes sont les plus fortes au monde », a-t-il déclaré.

« C'est la plus forte en termes de profondeur, de talent et de régularité. Vous jouez contre des équipes différente et compétitives chaque week-end, composées de talents du monde entier. Vous ne pouvez que vous améliorer ici. »

La ligue espagnole offre à l'Australien tout ce dont il a besoin pour être au top de sa forme et Blair espère continuer à évoluer en Espagne après Tokyo 2020. Il ne sait pas s'il restera à Bilbao, où il a passé quatre merveilleuses saisons.

« Ce fut une expérience formidable, mais je pense que je tend plutôt vers quelque chose de nouveau. Nouveaux coéquipiers, nouvelle ville, nouvelle expérience, alors que certains sont encore relativement jeunes et peuvent le faire », a déclaré Blair avant d'ajouter : « Je veux essayer d’avoir autant d'expériences que possible en Europe. »

L’or parlampique en tête

Il ne fait aucun doute qu'une médaille d'or est le rêve et l'objectif de tous les sportifs qui se rendent aux Jeux Paralympiques. Blair est passé à deux doigts de réaliser ce rêve à l'âge de 20 ans, lorsque l'Australie a accédé à la finale du tournoi masculin de basketball en fauteuil roulant à Londres en 2012.

Quatre ans plus tard, c'était à nouveau l'objectif, mais cela ne s’est pas passé comme prévu.

« C'est notre objectif pour cette année encore, comme c'est l'objectif de nombreuses autres équipes, c'est pourquoi c'est si difficile à atteindre », a déclaré Blair.

« J'ai assez de chance, dans le sens où je pense que j'ai probablement encore quelques Jeux Paralympiques devant moi. Ce serait bien de pouvoir le faire cette année et de ne plus avoir à s'en soucier à l’avenir. »

« Ça donne des frissons rien que de penser à la perspective de gagner. Je suis impatient de relever le défi. »

L’Australien Jannik Blair lors du match de basketball masculin en fauteuil roulant contre le Japon aux Jeux Paralympiques de Rio 2016.
L’Australien Jannik Blair lors du match de basketball masculin en fauteuil roulant contre le Japon aux Jeux Paralympiques de Rio 2016.
Photo d'Alexandre Loureiro/Getty Images

Le tournoi masculin de basketball en fauteuil roulant de Tokyo 2020 se déroulera du 25 août au 5 septembre au Musashino Forest Sport Plaza.