L'infatigable singapourienne Yip Pin Xiu, militante du handisport

La championne paralympique singapourienne Yip Pin Xiu célèbre sa médaille d’or sur le podium du 100 m dos féminin aux Jeux de Rio 2016.
La championne paralympique singapourienne Yip Pin Xiu célèbre sa médaille d’or sur le podium du 100 m dos féminin aux Jeux de Rio 2016.

Ancienne membre du parlement et avec championne paralympique en natation, Yip Pin Xiu n'en a pas encore fini, à l'intérieur ou en dehors des bassins.

Yip Pin Xiu c'est une vague d’énergie, à la fois dans les bassins comme à l'extérieur.

La championne paralympique du 50 et 100 m dos a déjà amélioré la visibilité du handisport à Singapour, changeant l'opinion publique et entraînant de réels changements sociaux, mais elle en veut plus. Bien plus encore.

« Une chose que j'espère voir changer, c'est que davantage de personnes handicapées puissent sortir. »

« À l'heure actuelle, nous ne voyons pas vraiment les personnes handicapées autant que je le voudrais, peut-être parce qu'elles ne sont pas aussi confiantes pour vouloir sortir. Il est important que nous soyons vus pour que plus de gens pensent : "En fait, nous devons penser à eux quand nous planifions des choses". »

Yip est un exemple de détermination. L'athlète S2 a perdu la capacité de marcher à l'âge de 11 ans à cause d'une dystrophie musculaire, mais elle n'a pas encore cessé de se battre. En 2018, elle est devenue, à 26 ans, l'une des plus jeunes personnes de Singapour à entrer au Parlement, où elle a été nommée pour apporter un point de vue non-partisan.

Déterminée à favoriser un plus grand engagement en faveur de l'inclusion sociale et à promouvoir une meilleure intégration entre le sport et les athlètes non handicapés, elle revient modestement sur les progrès réalisés.

« Dans le passé, le handisport se trouvait dans la section locale du journal. Cela ressemblait plus à une action caritative, du genre "Oh, des personnes handicapées qui font du sport », dit-elle.

« Mais, maintenant c’est dans la section sportive. C’est un peu plus compétitif. Il y a de la compétition, il y a de l’entraînement et ils savent que c’est assez semblable aux sports valides. Personnellement aussi, je vois beaucoup plus de gens reconnaître nos athlètes que par le passé quand j’ai commencé. »

Elle a quitté le Parlement en juillet de cette année, mais l’influence de Yip pour le changement n’a pas décliné : elle siège désormais au Conseil national de la jeunesse de son pays et tient un rôle au sein de la Commission pour la sécurité des athlètes.

« J’essaie encore de faire changer les choses et de défendre des choses qui me passionnent », a déclaré Yip, avant d'expliquer que « tout le reste tourne autour de l’entrainement ».

C’est un équilibre qu’elle a appris à gérer avec style. Détentrice du record du monde du 50 m et du 100 m dos S2, l’infatigable athlète estime que « l'on n’a jamais trop de titres, trop de médailles d’or ».

Aujourd’hui à 28 ans, Yip sera certainement à Tokyo l’année prochaine, prête endosser son rôle de paralympienne la plus décorée de Singapour. Et elle est catégorique, elle veut également aller jusqu'à Paris 2024.

Entre les deux éditions et même après, elle sera une pionnière du changement de la société.

« Quand j’ai commencé, les gens avaient en tête que les personnes handicapées ne pouvaient pas faire grand-chose », a expliqué Yip. « Mais au fil des années, nous avons eu plus de visibilité dans les médias [et] comme nous faisons plus de choses, les Singapouriens commencent à voir que ce n’est pas vrai. »

« Les personnes handicapées peuvent faire beaucoup. »

Par le Comité International Paralympique