La Vénézuélienne Genesis Leal sauve des vies à l'hôpital

La Vénézuélienne Genesis Leal rêve de participer aux Jeux de Tokyo 2020.
La Vénézuélienne Genesis Leal rêve de participer aux Jeux de Tokyo 2020.

La nageuse vénézuélienne Genesis Leal était prête à faire ses débuts aux Jeux Paralympiques à Tokyo. Mais doit désormais attendre.

Alors que la pandémie de COVID-19 a vu les Jeux être reportés a l'année prochaine, Genesis Leal passe son temps à s'occuper inlassablement de ses patients à l'hôpital San Jose Secure, dans l'État d'Aragua où elle est née.

En première ligne contre la pandémie

Début février, Leal, médecin de profession, a commencé à travailler dans le service de traumatologie et d'orthopédie. Le 16 mars, le Venezuela a décrété le confinement à la suite de la pandémie de COVID-19.

« Nous avons fait face à cette situation parce que nous avons prêté serment. Nous devons faire de notre mieux et y donner du coeur, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons, pour aider les patients, a-t-elle déclaré. »

« Les premiers jours, nous étions si effrayés que nous ne savions pas quoi faire. Impossible de trouver le sommeil, même pendant nos heures de repos. »

« Un jour, cinq patients sont arrivés avec de la fièvre et des symptômes de COVID-19. Vous êtes là, vous et votre rôle de médecin pour faire face à ça », a déclaré la jeune femme de 27 ans, qui a participé en 2015 à l'initiative Road to Rio 2016, mise en œuvre par la Fondation Agitos.

Malgré la situation difficile, Leal reconnaît que « c'est très gratifiant d'aider les patients. »

Elle comprend que son statut d'athlète lui donne un avantage dans son travail.

« Le sport m'a donné de la discipline, de la concentration et de la confiance en moi. La médecine est un domaine assez difficile, c'est l'une des carrières les plus difficiles. »

La natation et la nage en eau libre sont des sports qui demandent beaucoup de dévouement et de persévérance, et passer par là m'a aidé à faire cet effort supplémentaire dans des moments comme celui-ci.

La retraite (n'est pas) en vue

« Il y a des moments où je me rends compte que si je n'avais pas fait de médecine, j'aurais été meilleure en sport. Je pourrais être championne du monde, mais Dieu m'a donné la foi de poursuivre ces deux voies et c'est ce que j'ai choisi de faire. J'ai peut être vécu des moments difficiles, mais j'ai obtenu mon diplôme en faisant les deux pendant des années. Beaucoup de gens me respectent pour cela », a-t-elle avoué.

Sa décision ne signifiait cependant pas qu'elle allait arrêter de nager de sitôt.

En 2019, alors qu'elle traversait une grave dépression après la disparition de son père, elle a réussi à surmonter son manque de motivation, à se préparer seule, et à se qualifier pour les Jeux para-panaméricains de Lima.

Ainsi, en 2019 à Lima, elle était tout près de remporter une médaille en 400 m nage libre S10 - en terminant quatrième - et cette année, avant l'épidémie de COVID-19, Leal essayait d'obtenir son billet pour ses premiers Jeux Paralympiques.

« Je m'entraînais dans un hôtel avec une piscine de 32 m. Je m'entraînais dur quand le COVID-19 a commencé. Maintenant, l'avenir est incertain. »

La nageuse vénézuélienne Genesis Leal.
La nageuse vénézuélienne Genesis Leal.
©Alexandre Battibugli/Agitos Foundation

En plus de la natation, elle s'est mise au cross-fit, tout en continuant son travail à l'hôpital.

« J'ai toujours fait en sorte de ne pas manquer de préparation physique, "je vais tenter le coup". »

Arrêter la natation n'est pas ce que je souhaite.

C'est une question de style de vie.

« En tant que médecin, je sais comment reconnaître ça. C'est un loisir qui me détend, et il n'est pas facile de supporter une garde de 24 heures. »

« La sérénité que vous procure l'entraînement en natation vous permet de drainer beaucoup de choses. Je vois la natation comme ça, comme un style de vie, que je fasse de bons résultats ou non », a déclaré Leal, qui est née avec une jambe droite atrophiée, et amputée peu après sa naissance.

Une décision importante

Leal n'a pas pu se qualifier pour Rio 2016, faute d'avoir obtenu des chronos suffisants. Il ne lui restait que quelques mois pour faire de meilleurs temps, tout en étudiant pour devenir médecin à l'université de Carabobo.

Elle aurait pu s'entraîner dur et essayer de se qualifier à la dernière minute, mais elle a choisi de ne pas le faire.

« Je n'ai pas réussi à obtenir les résultats suffisants pour Toronto 2015. Je préparais ma thèse lorsque mes tuteurs m'ont dit de choisir entre l'entraînement et ma thèse. C'était ma dernière année à l'université et j'ai dû choisir entre me rendre à Rio ou obtenir mon diplôme, et j'ai finalement choisi la médecine. »

Elle a reçu une mention pour sa thèse, qui traitait de la stigmatisation des patients atteints du VIH et de leur traitement par antirétroviraux.

Je veux continuer à représenter mon pays et pouvoir participer aux Jeux Paralympiques.

« Pendant la quarantaine, je me suis entraînée à domicile avec un peu d'équipement. Je n'arrête pas de travailler et mon préparateur physique m'envoie des exercices d'entraînement. »

Quant à la médecine, elle est à mi-chemin de son objectif.

« J'ai réalisé la moitié de mon rêve lorsque j'ai obtenu mon diplôme de médecine. Je dois encore me spécialiser, en traumatologie et orthopédie, et suivre une troisième spécialité qui est la chirurgie de la colonne vertébrale. »

« Beaucoup de gens me demandent si le fait d'étudier la médecine a un rapport avec mon handicap, mais ce n'est pas le cas. C'est vraiment ce que je préfère et ce qui a retenu mon attention. »

C'est un message d'espoir qu'elle veut véhiculer, dans le monde du sport.

« Le sport est en suspens en ce moment à cause de la pandémie. Nous savons que cette situation évolue et que ce ne sera pas facile, mais nous devons garder la foi et l'espoir. »

« La chose la plus importante est "que chacun suive les conseils du corps médical". Il y a beaucoup de gens qui n'ont pas la moindre connaissance des virus mais qui partagent des informations. En tant que médecins, nous savons à quoi nous avons affaire, alors nous demandons d'être écoutés. »

Par Paralympic.org