Élodie Lorandi, pour l’amour de l’eau

Lors des Jeux Paralympiques de Rio 2016, Élodie Lorandi a remporté la médaille de bronze en 100 m nage libre et 400 m nage libre S10.
Lors des Jeux Paralympiques de Rio 2016, Élodie Lorandi a remporté la médaille de bronze en 100 m nage libre et 400 m nage libre S10.

La quintuple médaillée paralympique en natation avait décidé de se lancer dans l’aviron en 2017. Une expérience riche en succès qui lui a fait également comprendre qu’elle ne pouvait pas vivre sans la natation. Retour aux sources pour une nouvelle aventure à Tokyo 2020. 

Le sport est un large univers où le champ des possibles est immense. Pourquoi donc se contenter d’une discipline, voire même d’un seul sport ? Élodie Lorandi en est la parfaite illustration. Déjà en natation, l’athlète de 31 ans avait exploré une palette élargie de ce que le sport pouvait lui offrir. Nage libre, quatre nages, papillon… La nageuse cannoise s’est épanouie dans tous les styles de nages en remportant les plus grands titres possibles.

Après avoir décroché la médaille d’argent aux Jeux Paralympiques de Beijing 2008 sur 200 m quatre nages SM10, Lorandi est repartie de Londres 2012 avec le cou orné de médailles. L’or sur 400 m nage libre S10, l’argent sur 100 m nage libre S10 et le bronze sur 50 m nage libre et 100 m papillon S10. L’occasion de rempiler pour une autre olympiade avec une nouvelle stature, conclue par deux médailles de bronze sur 100 m nage libre et 400 m nage libre S10 à Rio 2016.

« Un second souffle dans l’entraînement »

Après tant de succès et d’années passées dans les bassins, Élodie Lorandi a décidé de faire une pause avec la natation. Plusieurs fois abordée par l’équipe de France d’aviron handisport, elle a répondu positivement à l’appel en 2017, à l’âge de 29 ans.

Au lieu d'être dans l'eau, la nouvelle aventure sera sur l'eau.

« Depuis l’âge de 3 ans je suis dans l’eau. J’ai fait mes premières compétitions à 5 ans. Tout allait bien mais c’était un trop plein », a-t-elle raconté dans un Live Insta avec le Comité international paralympique (CIP), à l’occasion du relais de 24 h de conversations avec les athlètes pour célébrer les 365 jours restants avant les Jeux de Tokyo 2020.

« J’en avais assez de toujours faire la même chose dans les bassins. J’aime beaucoup la compétition mais je n’aime pas trop l’entraînement. On m’avait proposé plusieurs fois l’aviron, et j’ai voulu essayé. J’ai voulu voir autre chose, trouver un second souffle dans l’entraînement. »

Il fallait oublier l’expérience en natation pour tout donner en aviron.

Repartir de zéro

Intégrer une nouvelle équipe, une nouvelle structure avec de nouveaux repères peut s’avérer compliqué mais pour Élodie Lorandi, la transition s’est bien opérée. Son passé de nageuse de haut niveau l’a évidemment beaucoup aidé.

« En aviron, je me suis sentie bien. Grâce à mon entraînement, j’étais prête. Mentalement également, car j’avais la routine et le style de vie de sportifs de haut niveau. J’avais déjà ce rythme. »

Mais débarquer dans une équipe au palmarès vierge a été plus problématique. C’est à ce moment qu’elle s’est rendue compte qu’il fallait repartir de zéro.

« Ce qui était difficile, c’était le fait d’avoir remporté des médailles [en natation] et d’arriver dans un bateau neutre, qui n’a jamais eu de médailles. Il fallait oublier l’expérience en natation pour tout donner en aviron et aller chercher les médailles. »

Légèreté retrouvée

La mission a été remplie. Lors de ses premiers Championnats du monde, son bateau a obtenu la médaille de bronze en quatre barré mixte PR3 (PR3 Mix4+). L’année suivante, le résultat était moins bon mais là aussi, la mission était remplie : une septième place, synonyme de qualification pour les Jeux Paralympiques de Tokyo 2020.

Mais si les résultats ont été encourageants, Lorandi a réalisé que les bassins et le contact direct avec l’eau étaient irremplaçables.

« Je me suis rendue compte que le contact avec l’eau et mes coéquipières me manquaient énormément. C’est pour ça que j’ai voulu me relancer en natation, même si le bateau d’aviron était qualifié pour les Jeux. »

Aucun regret cependant, bien au contraire. Son aventure en natation est relancée, avec le nouveau souffle qu’elle attendait.

« Ce qui m’a aidé quand je suis revenue à la natation, c’est le fait que ça m’ait manqué. Cela m’a aidé. J’ai vu ce que j’avais à voir [en aviron] et je ne regrette rien. C’est un mal pour un bien. Je me suis sentie légère. »

Le confinement imposé en France et la solitude subséquente lui a même permis de confirmer ce dont elle était déjà quasi certaine.

« Le fait d’être seule m’a permis de comprendre que c’est ce qui me convenait. J’aime être avec les gens, personnellement et professionnellement mais dans le sport, c’est compliqué de passer d’un sport individuel à un sport collectif. Et quand on revient en individuel, on se sent légère. »

Désormais, Lorandi a pleinement repris le chemin des bassins et se concentre sur Tokyo 2020, où elle espère de nouveau décrocher des médailles.

Et une nouvelle fois, ce sera dans l'eau.