L’équipe de basketball en fauteuil roulant coréenne se bat pour son ancien entraîneur

L’entraîneur HAN Sa-Hyun (premier rang, à droite) a qualifié la République de Corée vers les Jeux de Tokyo 2020 lors des Championnats régionaux de 2019, après 20 ans de disette paralympique.
L’entraîneur HAN Sa-Hyun (premier rang, à droite) a qualifié la République de Corée vers les Jeux de Tokyo 2020 lors des Championnats régionaux de 2019, après 20 ans de disette paralympique.

La dernière compétition majeure d’HAN Sa-Hyun a permis d’assurer la qualification pour Tokyo 2020.

Le Coréen CHO Seung-Hyun tente de voir les côtés positifs du report des Jeux Paralympiques de Tokyo 2020. Il donne une année supplémentaire de préparation à l’équipe nationale de basketball en fauteuil roulant.

Mais l’équipe ne pourra malheureusement pas jouer sous les ordres de leur ancien entraîneur HAN Sa-Hyun, décédé en fin d’année dernière.

« Si Tokyo 2020 avait eu lieu en 2020, Han aurait été le premier entraîneur sud-coréen à participer aux Jeux Paralympiques en tant qu’athlète et entraîneur », a déclaré le capitaine de l’équipe, Cho. « On était si proche de réaliser ce rêve. »

Leur entraîneur a perdu son combat contre le cancer le 26 septembre 2020. Une période difficile pour toute l’équipe. 

« En août dernier, l’équipe l’a vu pour la dernière fois, lorsqu’il venait d’être placé sous assistance respiratoire », confiait Cho.

« J’espère qu’il pourra nous regarder d’où il est, en 2021. »

La République de Corée ne s’était plus qualifiée pour les Jeux Paralympiques depuis longtemps. L’équipe aura à coeur de rendre hommage à leur coach.

Fin d’une période de 20 ans sans Jeux

Han faisait partie de l’équipe de basket en fauteuil roulant qui a participé aux Jeux de Sydney 2000. La dernière apparition sud-coréenne dans ce sport. 

La République de Corée a également participé aux Jeux de Séoul 1988 grâce au quota attribué au pays hôte. La nation asiatique a tenté de se qualifier pour Londres 2012 mais une cruelle défaite face au Japon 78-77 lors des Championnats d’Asie-Océanie 2011 a mis fin à leur rêve paralympique. 

« J’ai une grande responsabilité dans cette défaite, car j’ai manqué deux lancers francs cruciaux dans le dernier quart-temps », avoue le pivot KIM Dong-Heyon, qui est devenu le premier Sud-coréen à évoluer à l’étranger.

« Au final, c’est ce qui m’a poussé à accepter ce défi en Italie. J’avais envie de revenir plus fort pour mon [pays]. »

La République de Corée avait de grandes ambitions pour Rio 2016, mais une quatrième place aux Championnats du monde 2015 a une nouvelle fois éteint les espoirs de qualification. L’équipe s’est ensuite reconstruit. 

Plusieurs joueurs d’expériences sont partis à la retraite mais de nouveaux talents sont arrivés. Leur patience et leur persévérance a payé. Ils se sont qualifiés pour Tokyo 2020 grâce à leur médaille d’argent aux Jeux d’Asie-Océanie 2019 de Pattaya, en Thaïlande. 

« Je suis très fier de notre qualification pour les Jeux Paralympiques [avec cette nouvelle équipe] », a souligné Cho.

Le capitaine de l’équipe, Seung-Hyun Cho.
Le capitaine de l’équipe, Seung-Hyun Cho.
Photo de la Fédération coréenne de basketball en fauteuil roulant

La persévérance pendant la pandémie

Le capitaine de 36 ans estime que plus ils s’entraîneront ensemble, plus ils grandiront en tant qu’équipe. 

« Nous avons toujours eu des difficultés pour faire tourner l’effectif. Kim et moi devions jouer 35 minutes sur 40 au total, avec deux autres joueurs séniors, jusqu’en 2018 », détaille Cho. 

« Heureusement, les jeunes joueurs continuent de progresser. C’est super car nous pouvons augmenter leur temps de jeu. »

Mais sans Han, c’est toute une autre histoire.

« En fait, je n’ai jamais traversé une période aussi délicate pendant toute ma carrière de basketteur », avoue l’ailier. 

« Nous avons tous travaillé dur depuis que Han a pris les rênes de l’équipe en 2010. Il a même interrompu son traitement pour nous accompagner à Pattaya en 2019. »

Même si Han ne pourra pas être avec eux pour les Jeux, il aura mené son équipe sur la route de Tokyo.

Par le Comité international paralympique