L'Australien Ryley Batt et son coup de foudre pour le rugby fauteuil

Ryley Batt (C) of Australia in action against Chuck Aoki (L) and Eric Newby of the United States during the Men's Wheelchair Rugby Gold Medal match at the Rio 2016 Paralympic Games (Photo by Buda Mendes/Getty Images)
Ryley Batt (C) of Australia in action against Chuck Aoki (L) and Eric Newby of the United States during the Men's Wheelchair Rugby Gold Medal match at the Rio 2016 Paralympic Games (Photo by Buda Mendes/Getty Images)

« Je n'ai jamais pensé une seule seconde que j'étais différent. Je suis différent de tout le monde mais je crois que j'ai vécu une meilleure vie que les gens qui ont des jambes »

L'événement qui a tout changé

Ryley Batt est un joueur de rugby sur tous les aspects. Des gros bras, une coupe ras du cou, des tatouages et un regard à vous faire peur.

Dès que vous lui parlez de son regard intimidant, il se met à rire avant d'affirmer : « J'ai la chance d'avoir un corps parfait pour le rugby en fauteuil roulant. »

Batt est né sans jambes, avec de la syndactylie (fusion plus ou moins complète de deux ou plusieurs doigts) et une opération l'a laissé avec quatre doigts. Les ultrasons ont indiqué qu'il n'avait aucune déficience physique, mais c'était loin d'être la vérité. Les parents de Batt, cependant, ont pris la décision consciente de l'élever comme un garçon normal.

« Je n'ai jamais pensé une seule seconde que j'étais différent. Je me considère chanceux, je suis différent de tout le monde, et je crois que j'ai vécu une meilleure vie que les gens qui ont des jambes. Tout cela est dû à mon éducation et à mon amour pour le rugby en fauteuil roulant », a déclaré l'athlète aux quatre participations paralympiques.

Les Jeux de Tokyo seront les cinquièmes de Batt. À 30 ans, il est double médaillé d'or et considéré comme le meilleur joueur de rugby en fauteuil roulant depuis plus de dix ans.

Comment cet amour pour le rugby en fauteuil roulant s'est-il développé ?

« Je n'ai jamais été un fan du fauteuil roulant et pour être honnête, je détestais ça. Même à l'école, j'utilisais un skateboard. Puis, quand j'étais en sixième année, je suis allé à un Police & Community Youth Clubs (une ONG oeuvrant pour l'éducation des jeunes, NDLR) pour le sport scolaire et j'ai découvert le rugby en fauteuil roulant pour la première fois ».

Bien qu'intéressé, Batt n'était pas totalement convaincu. Deux semaines plus tard, alors qu'il était sur la plage, quelqu'un a volé son skateboard, le laissant sans moyen de transport. L'accident a conduit Batt à prendre un fauteuil roulant, ce qui l'a amené a essayer le rugby dès son retour à l'école. Ce fut le début d'un parcours étonnant.

Du rugby avec un ballon...rond

Mais par-dessus tout, c'est la personnalité bouillonnante de Batt, ainsi que son approche de la vie, qui font de lui un personnage si unique.

« Mec, je suis une personne normale, en fait je suis un peu accro à l'adrénaline », dit-il en souriant, avant d'ajouter : « J'adore sortir en moto, aller au ski, conduire un 4x4 et faire du camping. C'est ma façon de rester terre à terre et de revenir à ma vie normale".

Batt travaille depuis sept ans dans une compagnie d'assurance. Il a la possibilité de travailler depuis chez lui, mais d'ici à ce que les Jeux Paralympiques se profilent à l'horizon, il devra trouver un équilibre entre son travail et sa vie de sportif.

« Le rugby en fauteuil roulant est aussi professionnel que n'importe quel autre sport, nous devons donc être conscients de notre alimentation, de nos méthodes d'entraînement et de notre récupération. Vous aurez peut-être des devoirs à faire de la part de l'entraîneur qui s'appuie sur des séances vidéo basées sur la tactique, donc ça devient mouvementé ».

Interrogez-le sur les tactiques du rugby en fauteuil roulant et Batt dit immédiatement : « Oubliez le rugby habituel, c'est une combinaison de basket-ball, de netball, et de handball. C'est physique et il y a du contact".

À Tokyo 2020, cette fois-ci, il aura une responsabilité supplémentaire après avoir été sélectionné comme co-capitaine des équipes australiennes des Jeux Paralympiques.

« C'est un grand honneur et j'en suis super fier. Quand Kurt Fearnley me l'a appris, c'était l'un des moments les plus mémorables de ma vie et je ne l'oublierai jamais », déclare Batt, qui veut maintenant « absolument » gagner une troisième médaille d'or.

Par Paralympic.org