Les athlètes concourent en fauteuils roulants spécialement conçus pour la compétition ou accompagnés de guides pour dépasser leurs limites. 42.195 km qui deviennent une aventure personnelle pour chaque athlète.

Une Minute, Un Sport | Marathon Handisport
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Présentation

La répartition des athlètes entre différentes catégories est l’une des principales caractéristiques du para athlétisme. Afin de garantir une compétition aussi équitable que possible pour des athlètes avec une grande variété de handicaps, ils sont placés dans des catégories, appelées “classes”, établies en fonction de l'influence de leur déficience sur leurs performances sportives.

Les compétitions sont organisées soit par classe soit par combinaisons de classes qui englobent des athlètes de nature et de niveau de handicap similaires.

Pour le marathon, qui est une épreuve sur route, les classes de handicap sont exprimées par la lettre T suivie d’un nombre à deux chiffres qui indique le type et le degré du handicap (par exemple, T11).

Le marathon est devenu une épreuve paralympique officielle depuis les Jeux de Stoke Mandeville et New York en 1984. Cependant, les épreuves organisées et les classes qui peuvent concourir sont déterminées avant chaque événement, en fonction de paramètres comme le nombres d’athlètes participant. Lors des Jeux Paralympiques de Rio 2016 par exemple, le marathon a été organisé pour les hommes et les femmes avec un handicap visuel (T12), les hommes avec un handicap des membres supérieurs (T46) et les hommes et femmes en fauteuils roulants (T52/53/54).

Bien que les règles du marathon paralympique soient approximativement les mêmes que celles des Jeux Olympiques, les compétiteurs des classes avec un handicap visuel ont l’autorisation de courir avec un guide si nécessaire tandis que les athlètes des classes en fauteuil roulant sont autorisés à utiliser un fauteuil roulant conçu spécifiquement pour la compétition. Le sentiment d'unité que les athlètes ressentent envers leur guide ou leur fauteuil roulant, qui devient le prolongement de leur corps, est un élément vital qui influence considérablement les performances du compétiteur.

Plus d’informations sur les classifications en para athlétisme

Programme

  • Marathon T12 (Hommes/Femmes)
  • Marathon T46 (Hommes)
  • Marathon T54 (Hommes/Femmes)

Parcours du marathon

L'essence du sport

Lutter contre la météo, la surface de la route et le dénivelé pour terminer les 42.95 km du marathon.

À l'instar des autres épreuves, le marathon est organisé pour de multiples classes et plusieurs classements sont donc établis. Le choix des classes participantes est déterminé compétition par compétition, et les femmes atteintes de déficience visuelle ont leur propre classe depuis les Jeux de Rio 2016.

Jetons un œil aux classes présentes lors du marathon des Jeux de Rio 2016 pour avoir un aperçu de l’épreuve. Une course mélangeant les athlètes atteints de déficience visuelle (classes T11 et T12) a été tenue. Les athlètes de classe T11 (déficience visuelle totale) devaient courir accompagnés d’un guide qui servait de substitut aux yeux du coureur en leur fournissant des informations visuelles sans prendre de risque tandis que les athlètes de classe T12 avaient le choix de courir seuls ou accompagnés. Les athlètes courant seuls étaient donc mélangés aux athlètes accompagnés de guide pendant la course. Il est alors très important que les athlètes accompagnés de guide, reliés par une cordelette, soient parfaitement coordonnés en adoptant la même posture.

Les guides ne doivent pas mener leur athlète mais plutôt jouer un rôle de soutien. Il est d’ailleurs indiqué dans le règlement qu’un athlète sera disqualifié si le guide franchi la ligne en premier. Selon le règlement actuel, deux guides par athlète sont autorisés et ils doivent se relayer à différents endroits du parcours, déterminés à l’avance. Les athlètes courent avec une certaine nervosité en raison des particularités du parcours comme les montées et les descentes, ainsi que les virages.

Les conditions météo constituent un facteur majeur et le pourcentage d’athlètes qui terminent la course diminue quand le temps est chaud ou humide. Pour des raisons liées au nombre d’athlètes participant, il n’est pas inhabituel que les compétiteurs courent seuls plutôt qu’en groupe. Par conséquent, les athlètes doivent posséder une certaine force mentale pour maintenir leur rythme tandis qu'ils courent seuls dans des conditions exténuantes.

Comme le parcours emploie également des routes régulières, des paramètres tels que les montées et les descentes ainsi que le nombre de virages s’avèrent avoir un impact significatif sur les performances. L'état des routes nécessitent également une attention particulière en raison du haut niveau de risque associé. C’est particulièrement le cas pour les athlètes atteints de déficience visuelle qui peuvent trébucher ou tomber sur des routes avec des surfaces rugueuses comme des routes pavées ou des athlètes en fauteuil roulant victimes de pneus crevés. Il n’est pas rare pour les athlètes en fauteuil roulant de se renverser sur des virages serrés.

Pour les athlètes des classes T45/46 (membres déficients tels qu’une amputation), l’équilibre du balancement des bras est important. Les compétiteurs individuels apportent leurs propres méthodes créatives pour saisir les verres d’eau et les éponges sur les points de ravitaillement tandis qu’ils s’efforcent d’atteindre la ligne d’arrivée.

Les athlètes en fauteuil roulant des classes T52/53/54 doivent utiliser un fauteuil roulant spécial avec au minimum trois roues conçu pour la compétition et ils doivent le propulser en se servant uniquement de leurs bras pendant 42,195 km. Bien que les matériaux et les performances des fauteuils roulants de course continuent d’évoluer d'année en année, il demeure essentiel pour les athlètes de travailler leur force musculaire et leur technique afin de tirer le maximum de ces avancées et de personnaliser leur fauteuil roulant pour l'adapter à leur handicap, dans les limites autorisées par le règlement.

En attendant Tokyo 2020

Les particularités de courses varient en fonction des handicaps… Que faudra-t-il pour dominer Tokyo en plein été ?

Bien que les athlètes européens de pays comme l’Espagne et le Portugal, tout comme les japonais, soient considérés comme de sérieux prétendants ces dernières années dans la classe T12 hommes (déficience visuelle), c'est El Amin Chentouf (MAR) qui a dominé les Jeux de Rio 2016. Courant seul malgré sa vue réduite, Chentouf a poli sa vitesse dans les épreuves de piste avant de relever le défi de concourir le marathon. Le record du monde du marathon masculin T12 (2 h 21 min 23 s - novembre 2019) a été établi par El Amin Chentouf lors des Championnats du monde d'athlétisme handisport de 2019 à Londres. Imaginez l’intensité de la concentration requise pour courir 1 km en 3 min 21 s avec une basse vue. Toute l’attention sera portée sur le marathon paralympique de Tokyo 2020 pour voir si Chentouf peut répéter son exploit ou si une nouvelle star va apparaître.

Dans la classe des handicaps de membres supérieurs (T46, hommes), le Brésil, l'Espagne et le Mexique sont souvent compétitifs mais c'est Li Chaoyan (CHN) qui a dominé les Jeux de Rio 2016. Le record du monde masculin T46 de 2 h 22 min 51 s a quant à lui été établi par Michael Roeger (AUS) à Londres lors des Championnats de Marathon WPA en avril 2019. Les Jeux de Tokyo 2020 verront-ils Li, qui a perdu son bras gauche au niveau du coude, entretenir sa dynastie ; Ait Hamouch, qui a perdu son bras droit, en démarrer une nouvelle ; ou bien un nouvel athlète émerger ?

Le record du monde pour la classe de fauteuil roulant (T54, hommes) est de 1 h 20 min 14 s. Cet athlète a développé une vitesse suffisante pour s’envoler pendant 1 km en 1 min 54 s en utilisant uniquement la force de ses bras. La sensation de vitesse obtenue en progressant à une vitesse moyenne de 30 km/h et atteignant des vitesses de 50 km/h en descente représente l’attrait unique des fauteuils roulants de course. L’une des caractéristiques de ces fauteuils roulants est la formation de peloton, comme lors des courses de vélo, pour diminuer la résistance de l’air. Il est intéressant d'observer les stratégies des coureurs qui se relaient pour prendre la tête du groupe. Les courses sont régulièrement adjugées lors d’un sprint final, comme à Rio 2016 où les quatre premières places dans la catégorie T54 féminine étaient séparées d’une seconde seulement et les sept premières par sept secondes. Dans la course masculine, Marcel Hug (SUI), qui était également très performant dans les épreuves sur piste, a décroché sa première victoire. La classe T54 comprend de nombreux hommes et femmes célèbres, en particulier des pays occidentaux, et les Jeux de Tokyo 2020 devraient offrir une compétition haletante pour les spectateurs.

Le saviez-vous ?