Vincent Matheron, un skateur à l’esprit tranquille

Sao Paulo, BRÉSIL - 13 septembre 2019 : Vincent Matheron dans le bowl des Championnats du monde de park à Parque Candido Portinari.
Sao Paulo, BRÉSIL - 13 septembre 2019 : Vincent Matheron dans le bowl des Championnats du monde de park à Parque Candido Portinari.

Le skateboard fera ses débuts lors des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 avec deux épreuves, le park et le street. À 21 ans, Vincent Matheron fera partie de l’équipe de France et devrait se rendre aux JO pour prendre du plaisir avant tout.

« Le matin je surf et l’après-midi, je rejoins mes potes pour skater ». Avant le confinement décrété en Californie, le quotidien de Vincent Matheron, membre de l’équipe de France de skateboard pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, pouvait ressembler à une journée de vacances. C’est pourtant grâce à ce style de vie qu’il fait partie des meilleurs skateurs mondiaux, et qu’il rejoindra Tokyo l’année prochaine pour disputer la première épreuve de skateboard (park) de l’histoire des JO.

Ce rythme dénote des habitudes sportives habituelles, mais il n’est pas si rare pour les skateurs, encore moins sur la côte Ouest des États-Unis, en Californie. C’est ici que le sportif de 21 ans a posé ses valises en septembre dernier. À Carlsbad plus précisément, ville située à une trentaine de minutes de San Diego. Ces terres sont le berceau du skateboard, qui a rejoint le programme olympique pour Tokyo 2020 avec le karaté, le surf, le baseball/softball et l’escalade.

« Prendre du plaisir et skater »

Si « Vince » a rejoint la Californie, au moment où d’autres espoirs français sont à l’Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance (INSEP), c’est pour améliorer son niveau de skate et surtout, faire encore plus de skate qu’il n’en faisait avant. À Marseille, sa ville natale, il se consacrait à sa passion à plein temps, mais il était souvent seul car la journée, ses amis travaillent ou étudient. En Californie, les skateurs qui peuvent vivre de leur passion sont plus nombreux.

« Tous les meilleurs sont ici » explique-t-il à Tokyo 2020. « Tous les skateurs que je rencontrais pendant les compétitions au cours de l’année sont en Californie. Avant, je ne partageais que les compétitions et maintenant, je passe mes journées avec eux. »

C’est littéralement le cas, d’ailleurs. Il partage sa maison avec deux autres skateurs professionnels américains, Tom Schaar et Jake Wooten, qui font eux aussi partie des meilleurs mondiaux. Avec eux, il sillonne tout le sud de la côte Ouest à la recherche des meilleurs spots pour prendre du plaisir, filmer et peaufiner ses tricks (figures).

Le bowl de Marseille à 4 ans

Une sorte de rêve américain même s’il est actuellement, comme presque la moitié de la planète, confiné chez lui. Le skateboard lui manque, mais il est conscient que la santé, c’est la priorité. Vincent Matheron aurait pu rentrer en France, mais il a préféré rester chez lui « pour ne pas risquer de transmettre le virus » à ses parents si jamais il était porteur. « Ils me manquent, c’est sûr, mais je sais qu’ils sont en bonne santé et dans un lieu sûr à Marseille, ça me va ».

C’est dans le 12e arrondissement de Marseille que Vincent a grandi, dans une famille de passionnés de skateboard. Environ deux ans plus tard, il a fait la connaissance d’Aurélien Giraud, également qualifié pour les JO dans l’épreuve de street avec Vincent Milou (les qualifications devront être confirmées lors de la deuxième session, initialement prévue en 2020 mais reportées en raison de la pandémie de COVID-19, NDLR), lors d’un passage au skatepark de Lyon avec son père.

« À l’époque, les skateurs de cet âge étaient assez rares. Avec Aurélien, on est tout de suite devenu pote, lui venait à Marseille parfois, et on partait en tournée dans le monde entier ensemble à partir de 12 ans. Même si on est pas dans la même épreuve, c’est cool que l’on aille ensemble à Tokyo. »

Vincent Matheron et Aurélien Giraud en 2013 au bowl de Marseille

Un capitaine à l’esprit tranquille

En tant que capitaine de l’équipe de France de skate, sa place au sein du team est importante. Son rôle : motiver tout le monde. « En tant que Marseillais, j’ai des facilités pour ça. Je parle tout le temps, même quand il faut pas, mais c’est pour ça que l’on m’a nommé capitaine! », s'amuse-t-il à dire. Tous les ans, l’équipe se rejoint pour quelques jours. Un véritable esprit de famille s’est créé.

Dans un an et quatre mois, même si l’ampleur des Jeux Olympiques est toujours impressionnante pour un athlète, il ira à Tokyo sans se prendre la tête. « Les JO, ça va être énorme. Ce sera une première pour le skate. Mais pour le moment, je ne me pose pas trop de questions. Ça gâche le plaisir. Et puis à Marseille, on dit souvent que 'demain, c’est loin' (en référence au titre du groupe marseillais Iam). On ne sait pas ce qui arrivera demain, je vis au jour le jour. »