TQO : le water-polo féminin français pour une première historique

Budapest, HONGRIE - janvier 2020 : La capitaine de l'équipe de France de water-polo Géraldine Mahieu lors du match de poule contre contre l'Allemagne (victoire 17-5) aux Championnats d'Europe 2020..
Budapest, HONGRIE - janvier 2020 : La capitaine de l'équipe de France de water-polo Géraldine Mahieu lors du match de poule contre contre l'Allemagne (victoire 17-5) aux Championnats d'Europe 2020..

Le Tournoi de qualification olympique débute mardi 19 janvier à Trieste, en Italie, et les poloïstes françaises vont tenter de se qualifier pour leurs premiers JO. Avec une équipe remaniée et un travail de fond effectué depuis 2016, les Bleues, menées par leur capitaine Géraldine Mahieu, vont « tout donner » pour aller à Tokyo.

Après dix jours de stage et de travail intense à Abbeville (Somme), la sélection française de water-polo féminin s’est envolée pour l’Italie, à Trieste. À partir de mardi 19 janvier, les Bleues vont y disputer le Tournoi de qualification olympique (19-24 janvier) pour Tokyo 2020. Ce serait un première historique : depuis l’introduction du tournoi féminin aux JO, à Sydney 2000, les Françaises ne sont jamais parvenues à se qualifier.

Dans cette ville du nord-est de l’Italie, à quelques kilomètres de la frontière avec la Slovénie, huit nations vont se disputer les deux derniers billets restants pour Tokyo 2020. Elles sont divisées en deux groupes où chaque équipe va se rencontrer afin de déterminer leur adversaire pour les quarts de finales. Celle qui termine première d’un groupe sera opposée à la dernière du second groupe, et la deuxième sera opposée à la troisième.

Battre la Slovaquie

Le groupe de la France est composé de l’Italie (championne olympique 2004), contre qui elle disputera son premier match le 19 janvier à 18h, ainsi que des Pays-Bas (championne olympique 2008 et champions d’Europe 2018) et de la Slovaquie. Un groupe relevé où l’objectif sera d’abord de remporter la victoire contre une nation que la France connaît bien.

« Le premier objectif sera de battre la Slovaquie », annonce la capitaine française Géraldine Mahieu dans une interview avec Tokyo 2020. Ensuite, le but est d’être le mieux placées à l’issue de la phase de groupe pour tomber contre une équipe moins bien classée en quarts. »

Lors des derniers Championnats d’Europe en janvier 2020, les Françaises avaient battu la Slovaquie dans le match pour la 7e place sur un score de 17-8. C’est lors de cette compétition que la France avait remporté sa place pour le TQO de Trieste, en terminant dans le top 8.

« On avait des attentes élevées sur ce Championnat d’Europe, et cette 7e place est une contre-performance. Oui, on a rempli l’objectif de se qualifier pour le TQO, mais on avait à coeur de battre la Grèce (6e) et de se rapprocher de l’Italie (5e). »

« Le travail entamé depuis 2016 tend au haut niveau »

Depuis 2016, l’équipe de France féminine de water-polo a démarré un travail de fond pour se rapprocher du meilleur niveau mondial et, à long terme, d’être compétitive lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 où elle sera automatiquement qualifiée. C’est dans cet esprit que Florian Bruzzo, qui a terminé 11e des JO de Rio 2016 à la tête de la sélection masculine, a pris les rênes du « sept » féminin. Et désormais, une préparatrice mentale accompagne également les Françaises.

« Le travail entamé depuis 2016 tend au haut niveau. Si on prend chaque individualité, on est toutes meilleures », assure l’attaquante française, qui dispute sa quatrième saison avec le club hongrois de Dunaújváros.

Lors du TQO de 2016, où la France a terminé à la huitième place, l’expérience des grands tournois avait manqué au collectif français. Le rythme d’un TQO - sur cette édition les joueuses vont jouer six matchs en six jours - est très intense, pour un sport qui demande beaucoup physiquement.

Mais aujourd’hui, les paramètres ne sont plus les mêmes selon la poloïste de 27 ans.

En 2016, une seule joueuse avait disputé un TQO.

Aujourd’hui, nous sommes plusieurs à avoir cette expérience et ça change la donne.

Un sept de base remanié

Géraldine Mahieu, Estelle Millot et Louise Guillet sont les seules joueuses du sept de base des Championnats d’Europe 2020 qui seront présentes au TQO. Audrey Dolé et Aurélie Battu sont actuellement blessées, Léa Bachelier et Clémence Clerc sont en pause maternité et Clémentine Valverde, Amandine Paillat ainsi que Lorène Derenty ont arrêté leur carrière internationale. 

Mais de jeunes joueuses comme Camille Radosavljevic, Juliette Dhalluin et Camélia Bouloukbachi, qui ont déjà de l’expérience internationale avec la Ligue mondiale de water-polo, peuvent tirer leur épingle du jeu. « Elles étaient avec nous en World League et connaissent le haut niveau. Mais [le TQO] sera leur première compétition où elles vont passer de jeunes joueuses à joueuses sur qui on compte », détaille la capitaine. 

Le groupe France peut compter sur une série de deux stages, à l’INSEP et à Abbeville, où les joueuses ont pris leurs marques et retrouvé le rythme de la compétition avec des oppositions contre des clubs français comme Lille Métropole Water-Polo, qui va disputer la Coupe d’Europe cette saison.

Budapest, HONGRIE - janvier 2020 : La capitaine de l'équipe de France de water-polo Géraldine Mahieu, qui évolue dans le club hongrois de Dunaújváros, contre l'Allemagne aux Championnats d'Europe 2020.
Budapest, HONGRIE - janvier 2020 : La capitaine de l'équipe de France de water-polo Géraldine Mahieu, qui évolue dans le club hongrois de Dunaújváros, contre l'Allemagne aux Championnats d'Europe 2020.
Photo de DeepBlueMedia.eu

Des cartes rebattues au TQO de water-polo

L’équipe de France peut également compter sur l’expérience de Géraldine Mahieu acquise en Hongrie, un championnat compétitif avec notamment Budapest, régulièrement dans le top 4 de la LEN Euro League, la meilleure compétition européenne. 

À Dunaújváros, la poloïste française est devenue plus complète et elle met son expérience à disposition de ses partenaires en Bleu.

« Le championnat est très dense et je dispute la Coupe d’Europe. À mon départ de Lille, mon club formateur, j’étais très technique et la Hongrie m’a permis d’être plus physique, plus endurante. En équipe de France, je transmets ce que je vis au quotidien, dans l’eau et hors de l’eau ».

Avec la majeure partie de l’année 2020 dépourvue de compétitions internationales, un paramètre qui « rebat les cartes » selon Mahieu, l’équipe de France se rend donc en Italie avec l’envie de bien faire et de tenter un coup historique.

« La pression est davantage sur les grosses équipes, notamment l’Italie que l’on rencontre au premier match. De notre côté, les filles n’ont jamais participé aux JO, donc on va tout donner en prenant du plaisir. »