Thomas Voeckler : « Un soulagement que le Tour 2021 soit avancé »

Le manager de l'équipe de France de cyclisme sur route Thomas Voeckler (casque blanc) en compagnie des coureurs français lors d'un entraînement avant les Championnats du monde 2019, dans le Yorkshire en Angleterre.
Le manager de l'équipe de France de cyclisme sur route Thomas Voeckler (casque blanc) en compagnie des coureurs français lors d'un entraînement avant les Championnats du monde 2019, dans le Yorkshire en Angleterre.

L’UCI a officialisé les nouvelles dates du Tour de France 2021 pour que les coureurs puissent enchaîner la Boucle et les Jeux Olympiques. Thomas Voeckler, manager de l’équipe de France de cyclisme sur route, estime que c’est un soulagement et évoque la préparation des coureurs avec Tokyo 2020. 

Les coureurs présents sur le Tour de France 2021 pourront désormais finir la Grande Boucle et participer à la course en ligne olympique masculine des Jeux de Tokyo 2020, prévue le 23 juillet 2021. Initialement prévu du 2 au 25 juillet, Le Tour 2021 aura finalement lieu du 26 juin au 18 juillet 2021.

« Un soulagement » pour Thomas Voeckler, manager de l’équipe de France masculine de cyclisme sur route ancien cycliste professionnel avec une participation aux Jeux Olympiques d’Athènes 2004 à son actif (19e à la course en ligne).

Le parcours de la course sur route des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, présentant 4 865 m de dénivelé positif avec une arrivée au pied du Mont Fuji, est destiné aux grimpeurs. Si les dates initiales du Tour 2021 étaient maintenues, les meilleurs grimpeurs au monde, habituellement présents sur le Tour auraient du faire un choix entre le Tour et les JO.

Thomas Voeckler s’est confié en exclusivité à Tokyo 2020 pour évoquer son ressenti par rapport aux nouvelles dates du Tour 2021, les six jours séparant l’arrivée du Tour et la course en ligne des JO de Tokyo 2020 ainsi que sur la façon d’aborder ces deux épreuves.

Une semaine après un grand tour, on est souvent beaucoup plus en forme que quatre semaines après.

Comment accueillez-vous l’annonce de l’UCI qui a officialisé les nouvelles dates du Tour de France 2021 ?

C’est un soulagement. Mais très franchement, je ne pouvais pas imaginer une course olympique destinée aux grimpeurs qui ait lieu la veille de l'arrivée du Tour de France, épreuve où les meilleurs grimpeurs du monde sont présents.

Les coureurs n’auront que six jours pour récupérer, une durée similaire à celle prévue cette année si les Jeux auraient eu lieu. Pensez-vous que c’est suffisant ?

C'est assez. Le vélo est un sport assez particulier. On peut sortir d'une épreuve de trois semaines ratatiné physiquement et mentalement. Mais les coureurs ont des organismes avec une telle capacité de récupération que leur corps se régénère très vite.

Une semaine après un grand tour, on est souvent beaucoup plus en forme que quatre semaines après. Dans le sport, le mental conditionne le physique et si on reste mobilisé mentalement, le physique suit.

Si un coureur fait le Tour, il aura l’endurance nécéssaire pour une épreuve telle que les JO mais s’il ne le fait pas et qu'il est sur place avant, il aura beaucoup plus de temps pour s’acclimater.

Pour la plupart des coureurs, le programme sera uniquement composé de sorties de récupération active. Entre 2 et 3 heures de vélo maximum, avec peut être quelques accélérations pour « débloquer le moteur ».

Quand les coureurs finissant le Tour s’envoleront-ils pour Tokyo en 2021 ?

Cette année, on avait prévu un vol dès le soir de l’arrivée du Tour sur les Champs-Élysées. On avait fait appel à un spécialiste du sommeil pour optimiser le moment idéal pour prendre l’avion et on verra si l’on peut reproduire ce schéma l’année prochaine.

Paris, FRANCE - 23 juillet 2017 : Le coureur français Romain Bardet après la 21e étape du Tour de France 2017.
Paris, FRANCE - 23 juillet 2017 : Le coureur français Romain Bardet après la 21e étape du Tour de France 2017.
Chris Graythen/Getty Images

Y a-t-il une préparation spécifique pour enchaîner le Tour de France et les la course sur route des Jeux Olympiques ?

C’est plutôt une gestion du Tour de France qu’une préparation spécifique en soi. L’idéal pour être bien aux JO, c’est d'aborder le Tour en se disant que l’objectif n’est pas forcément le classement général et de commencer le Tour sans être en très grande forme pour finir la troisième semaine avec de la fraîcheur. 

Un coureur qui serait capable de faire un top 10 au général, une performance exceptionnelle sur le Tour, peut décider de se mettre en retrait du classement général faire certaines étapes à bloc et d'autres en deçà de ses performances. Il sortira moins émoussé physiquement et mentalement qu'un coureur qui va se battre tous les jours pour le général.

Romain Bardet avait fait le choix de faire l’impasse sur le Tour cette saison si les Jeux avaient lieu cette année. Fera-t-il le même choix l’année prochaine ?

Il faudra lui demander mais cette année, on était quand même dans une situation idéale avec Romain Bardet. Dès qu'on m'a confié ce poste de manager de l'équipe de France, j’avais en tête de pouvoir de pouvoir disposer d’un des meilleurs grimpeurs français qui soit sur place avant. Je ne sais pas si l’an prochain, je pourrai reproduire ce même schéma. C’est un choix entre le coureur et son équipe, je ne suis pas décisionnaire. C’était lui cette année, mais cela pourra être un autre coureur l’année prochaine. 

En 2004, vous aviez eu 3 semaines de récupération entre le Tour de France, où vous avez portez le maillot jaune pendant 10 jour, et la course des JO d’Athènes. Comment s’était déroulée votre préparation ?

C'était le début de ma carrière et j’avais accepté de faire beaucoup de critériums avant les Jeux. Ce n’était pas extraordinaire en terme de préparation. Malgré tout, j'étais loin d'être ridicule. 

Mais en 2004, ce qui comptait était davantage la fierté de porter le maillot de l'équipe de France aux Jeux olympiques. Cette année, je sais que certains coureurs savent qu'ils peuvent être champions olympiques.