Teddy Riner est de retour au Masters de Doha

Rio de Janeiro, BRÉSIL - 12 août 2016 : Teddy Riner lors des Jeux Olympiques de Rio 2016.
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 12 août 2016 : Teddy Riner lors des Jeux Olympiques de Rio 2016.

Le double champion olympique de judo Teddy Riner fait son retour sur la scène internationale, près d’un an après sa défaite lors du Grand Slam de Paris. Au total, ce sont 22 judokas français qui se déplacent au Qatar pour une compétition qui regroupe les 36 meilleurs mondiaux de chaque catégorie.

Pour tous les amateurs de sport, un combat de Teddy Riner est toujours un événement. D’autant plus quand le double champion olympique n’est plus apparu sur la scène internationale depuis février 2020. Et encore plus lorsque le dernier combat du judoka français s’est soldé par une défaite, contre le Japonais KAGEURA Kokoro, au troisième tour du Gland Slam de Paris 2020. Sa première défaite depuis 2007, après 154 victoires consécutives.

Le retour de Teddy Riner est donc un événement et il n’a pas choisi la compétition la plus facile. Le Masters de Doha (11-13 janvier) regroupe les 36 meilleurs judokas du monde par catégorie. « Ce n’est pas un Championnat du monde ni les Jeux Olympiques, mais c’est le plateau que l’on va retrouver sur ce type de Championnats », appuie l’entraîneur de l’équipe de France féminine Larbi Benboudaoud.

L’homme aux dix titres de champion du monde va donc se mesurer à l’élite internationale, à presque sept mois des Jeux Olympiques de Tokyo 2020, où le Français tentera de décrocher une troisième médaille d’or consécutive dans la catégorie des +100 kg.

« Cela va me permettre de me jauger »

La dernière fois que Teddy Riner a foulé un tatami en compétition officielle, c’était lors des Championnats de France par équipes, en octobre 2020, avec son club du PSG. Il s’était incliné en quart de finale contre le Français Joseph Terhec. Trois mois après ce dernier combat, le judoka de 2,04 m veut savoir où il se situe.

« Cela va me permettre de me jauger, d’une, et de savoir où je me situe par rapport à cette catégorie internationale », a-t-il déclaré une semaine avant la compétition sur RMC. « Et puis savoir ce qui va me rester à travailler, pour enfin arriver sur ces Jeux Olympiques et remporter cette médaille d’or. »

Si Teddy Riner parvient à cet objectif, il deviendrait le deuxième judoka de l’histoire à devenir triple champion olympique, après le Japonais NOMURA Tadahiro qui avait remporté l’or à Atlanta 1996, Sydney 2000 et Athènes 2004, dans la catégorie des -60 kg.

Une préparation remise en question

Pour atteindre son but, Teddy Riner a remis toute sa préparation en question. Le porte drapeau de la délégation française aux JO de Rio 2016 estime avoir négligé certains paramètres de son entraînement et son nouveau programme porte ses fruits. 

« Franchement, j’ai l’impression de rajeunir », poursuit-il au micro de RMC. « J’ai vraiment bossé tous les aspects, que cela soit mental, physique, technique, judo, nutrition. Le haut niveau, je crois que c’est ça. J’ai parfois peut-être oublié par le passé ces petites choses, ce qui a fait qu’il y a eu ces défaites. Aujourd’hui, j’ai remis tout à zéro et j’ai vraiment bossé sur tous les aspects et c’est ce que cela donne. Je suis à 139 kg aujourd’hui, je suis très content ! Et cela me permet d’être plus rapide. »

Lors de son retour à l’entraînement après une pause d’un an en 2018, Teddy Riner pesait 166,6 kg, apprenait-on dans un documentaire lui étant consacré, diffusé en juillet dernier sur France 3. Son préparateur physique confiait d’ailleurs que « l’on sait que là où il a été le meilleur, c’est lorsqu’il était en dessous de 140 kg ».

Les voyants sont donc au vert. Il ne manque plus que la compétition. Verdict mercredi 13 janvier.

Des points précieux dans la course à Tokyo 2020

Aux côtés de Teddy Riner, 15 judokates et 6 judokas français seront présents au Qatar. Axel Clerget (-90 kg), médaillé de bronze aux Mondiaux 2018, combattra à Doha, tout comme Alexandre Iddir (-100 kg).

Clarisse Agbégnénou (-63 kg), quadruple championne du monde, Marie-Ève Gahié (70 kg), championne du monde 2019, Madeleine Malonga et Fanny-Estelle Posvite, au coude à coude dans la course à la sélection olympique chez les -78 kg, ainsi que la jeune double championne d’Europe Romane Dicko (21 ans, +78 kg) seront notamment présentes chez les femmes.

Doha est capital dans la quête de sélection pour les Jeux, car « une médaille au Masters délivre beaucoup de points au classement », explique Larbi Benboudaoud, médaillé d’argent à Sydney 2000 (-66 kg). C’est pourquoi il demande à ses athlètes « de ne pas s’engager à 100 %, mais à 200 % » afin de faire un point après la compétition car « l’objectif principal, ce sera les Jeux Olympiques ».

La sélection finale des judokas français pour les JO de Tokyo 2020 devrait être connue au mois d’avril.