Simon Gauzy : « Ça a fait du bien de reprendre ! »

Zhengzhou, CHINE - 19 novembre 2020 : Le Français Simon Gauzy lors des huitièmes de finale des ITTF Finals contre le Suédois Mattias Falck.
Zhengzhou, CHINE - 19 novembre 2020 : Le Français Simon Gauzy lors des huitièmes de finale des ITTF Finals contre le Suédois Mattias Falck.

Le numéro 1 français de tennis de table Simon Gauzy a participé aux ITTF Finals, du 19 au 22 novembre à Zhengzhou, et porte un regard positif sur ses 28 jours passés en Chine. Autant sur l’organisation de cette compétition internationale que sur son niveau de jeu, en vue des JO de Tokyo 2020.

De retour après plus de huit mois, le numéro 19 mondial de tennis de table Simon Gauzy a repris la compétition internationale à Zhengzhou en Chine lors des ITTF Finals (19 novembre). Premier remplaçant lors de la Coupe du monde de Weihai, du 13 au 15 novembre, le vice-champion d’Europe 2016 a dû attendre trois semaines pour disputer son huitième de finale face au Suédois Mattias Falck (9e mondial), contre qui il s’est incliné 4-3 après être entré tardivement dans son match, comme il l’explique à Tokyo 2020 dans une interview exclusive.

Le médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de la jeunesse de Singapour 2010 n’avait plus disputé de match international depuis mars dernier et le quart de finale épique contre le Chinois Xu Xin, deuxième mondial, lors de l’Open du Qatar, où il s’était incliné 4-3 dans un match où il avait montré son « meilleur niveau », comme il le confiait à Tokyo 2020.

À Zhengzhou comme à Weihai, les protocoles sanitaires pour lutter contre le COVID-19 étaient méticuleux pour que la compétition se déroule sans problème et Simon Gauzy nous offre une vision de l’intérieur de ses 28 jours passés en immersion en Chine.

Tokyo2020 : Comment avez-vous vécu ses 28 jours en Chine ?

Simon Gauzy : Nous sommes arrivés à Shanghai fin octobre où on a fait une quarantaine de quatre jours. Nous nous sommes ensuite rendus à Weihai (nord-est de la Chine) où nous avons continué une quarantaine de 10 jours, pendant lesquels nous nous entraînions par petits groupes de joueurs. On s'est fait tester tous les jours pendant 21 jours et personne n’a été positif. Une fois arrivé à Zhengzhou (est de la Chine), nous avons de nouveau fait un test PCR et nous nous sommes dirigés vers l’hôtel mis à disposition pour les ITTF Finals.

On n’a jamais eu un seul problème, l’organisation était super. C’était assez contraignant mais les choses ont été tellement bien faites que ce n’était pas très lourd pour nous les athlètes.

Comment avez-vous accueilli ces mesures sanitaires ?

Le fait d’être contrôlé et de ne rien faire d’autre que jouer au ping, au final ça aide à la concentration. La fédération internationale a fait quelque chose d’incroyable.

Ce qui était compliqué, c’était d’être le premier remplaçant de la Coupe du monde. L’attente sans jouer a été lourde mentalement, car voir tout le monde jouer alors que je ne faisais que m’entraîner était un peu compliqué. Tout le monde était dans le rythme de la compétition et pas moi, donc c’était dur de rester concerné sur le match qui allait venir.

En règle générale, quels sont les signes qu'envoient cette Coupe du monde et les ITTF Finals ?

Ça a fait du bien au ping mondial de retrouver le niveau international, c’était très important malgré les restrictions. C’était une bonne prise d’informations sur le niveau de chacun et j’ai hâte que les compétitions internationales reprennent avec les Jeux de Tokyo 2020 en ligne de mire.

Je pense que nous sommes sur la bonne voie pour le sport en général. Tous les sports ont repris et nous voyons que ça fonctionne, comme en NBA ou en tennis par exemple. Les prochaines compétitions de tennis de table devraient se dérouler en mars ou avril et ce système de bulle pourrait être conservé. Je suis assez positif par rapport à tout ça.

Quelles ont été vos sensations après plus de huit mois sans compétition internationale ?

J’avais cette appréhension de ne pas avoir de rythme car je n’avais pas joué pendant plus de 20 jours, et ça s’est vu dans les deux premiers sets où j’ai eu du mal à rentrer dans le match. Mattias Falk ne m’a pas laissé respirer au début, c’était frustrant mais j’ai réussi à mettre mon jeu en place. [À trois sets à deux], j’étais en position de gagner face à un Mattias qui jouait très bien. Il m’a manqué cette « niaque » pour finir le match car j’ai dominé pendant 3 sets et demi.

Êtes-vous satisfait de votre niveau de jeu ?

Je suis content du jeu proposé car on a beaucoup travaillé sur des choses que l’on avait pas l’habitude de travailler sur les six derniers mois. Notamment d'être plus agressif et de rester plus proche de la table et proposer un jeu qui se rapproche des meilleurs mondiaux. J’ai pu le montrer sur ce match.

Au début du match, je me suis dit que j’avais passé trois semaines sans jouer, mais au milieu du deuxième set, j’ai réussi à proposer mon jeu en étant plus agressif côté revers notamment. J’ai un peu pêché dans les longs échanges en diagonale coup droit, où il m’a posé des difficultés avec son « soft » (revêtement dotés de picots courts, ndlr).

Je suis frustré de n’avoir joué qu’un match, mais je repars avec de grandes ambitions au vu du jeu que j’ai déployé.