Santiago Grassi : nageur professionnel et diplômé en marketing

Santiago Grassi nage le papillon lors de la quatrième journée des essais chronométrés de la série Pro Swim 2017 au Georgia Tech McAuley Aquatic Center.
Santiago Grassi nage le papillon lors de la quatrième journée des essais chronométrés de la série Pro Swim 2017 au Georgia Tech McAuley Aquatic Center.

Loin des grandes stars des Jeux Olympiques, des dizaines d'athlètes doivent exercer une autre profession pour subvenir à leurs besoins. De fermiers à banquiers, les métiers sont nombreux et Tokyo 2020 se penche sur certains de ces athlètes qui espèrent jouer un rôle lors des prochains Jeux Olympiques. Cette semaine, nous nous sommes intéressés au nageur argentin Santiago Grassi qui fait nage dans le monde du marketing.

Fiche d’identité

  • Nom : Santiago Grassi
  • Âge : 24 ans
  • Pays : Argentine
  • Sport : Natation

Sa vie sportive

C’est à l’âge de 18 ans que Santiago Grassi a goûté pour la première fois à la victoire sur la scène internationale, avec la médaille d’argent sur 100 m papillon aux Jeux Panaméricains de Toronto en 2015. Par la même occasion, il a établi le nouveau record d’argentine en 52 s 09, juste derrière l’Américain Giles Smith qui s’est lui même emparé du record panaméricain en 52 s 04.

Mais ce n'était pas la première fois que Grassi révélait son immense potentiel aux yeux de tous. Quelques mois avant les Jeux Panaméricains, le nageur originaire de Santa Fe avait battu l'un des plus anciens records de la natation argentine, le record du 100 m papillon en 52 s 93 que le légendaire Jose Meolans avait établi en 2003.

Grassi a fait ses débuts olympiques à Rio en 2016 avec le statut d’étoile montante de la natation sud-américaine. Malheureusement pour lui, son très bon chrono de 52 s 56 ne lui a pas permis de passer les séries. Puis, dans la perspective des Jeux Panaméricains de Lima 2019, il est devenu le premier Argentin à passer sous la barre des 52 secondes en terminant une rencontre universitaire en 51 s 88.

Les Jeux Panaméricains de 2019 ont été aussi doux qu’amères pour Grassi. Si sa performance n'a pas suffi pour remporter la médaille d'or, son chrono de 51 s 92 lui a tout de même permis de s’assurer la qualification pour Tokyo 2020.

Son armoire à trophées comprend maintenant deux médailles par équipe Panaméricaines et huit médailles aux Championnats sud-américains. Il a également participé à deux Championnats du monde et détient quatre records argentins.

Maintenant qu'il a en sa possession le billet pour ses deuxièmes Jeux Olympiques, Tokyo 2020 pourrait être l'étape idéale pour franchir un nouveau cap.

Sa vie professionnelle

Alors que l’année 2020 est une année très perturbée pour beaucoup, Santi - comme il est affectueusement surnommé - a réussi à tirer profit de la situation aussi bien dans sa vie sportive que professionnelle.

Non seulement il est devenu nageur professionnel en rejoignant le club LA Current de la Ligue internationale de natation (International Swimming League - ISL), mais il a également obtenu son diplôme de marketing et gestion des systèmes d’information à l'université d’Auburn.

Dans une récente interview accordée à Argentina Amateur Deporte, Grassi a expliqué que, si décrocher un emploi à temps plein ne figurait pas en tête de ses priorités, il a néanmoins acquis de l'expérience en travaillant dans le département marketing de l'entreprise de son père.

« L'un de mes rêves d’avoir une stabilité financière qui me permette de continuer à nager pendant de nombreuses années tout en me faisant plaisir. »

L’un des gros avantages d’être de faire partie de l’ISL est que les athlètes peuvent nager en compétition sans avoir à chercher d'autres formes d’emploi.

« Mon rêve, c’est de pouvoir vivre de la natation. J’aime ce sport. Je ne le fais pas pour l’argent mais de nos jours, il n'est pas si facile d'être adulte, de vivre seul et de gagner suffisamment sa vie en nageant. »

« C'est quelque chose que j'aime et j'espère pouvoir continuer à le faire pendant de nombreuses années. Pour l'instant, je vais viser quatre années supplémentaires et ensuite nous verrons quelle sera la situation. »