Rodrigo Corrales espère que l’Espagne surfera sur le même élan lors des Jeux

Zagreb, CROATIE - 26 janvier 2018 : Le gardien espagnol Rodrigo Corrales (à droite) célèbre la victoire de son pays avec Viran Morros après la demi-finale de l’Euro 2018 contre la France.
Zagreb, CROATIE - 26 janvier 2018 : Le gardien espagnol Rodrigo Corrales (à droite) célèbre la victoire de son pays avec Viran Morros après la demi-finale de l’Euro 2018 contre la France.

Avant que la saison 2020 ne se termine, Rodrigo Corrales a remporté le Championnat d’Europe de handball avec l’Espagne, synonyme de qualification pour les Jeux et le titre de champion de France avec le PSG. Il a également été élu meilleur gardien du championnat français. Pourtant, le portier espagnol a quand même des regrets qu’il aimerait corriger l’année prochaine. 

L’année2020 avait plutôt bien commencé pour le gardien espagnol Rodrigo Corrales. Rien de moins que l’or à l’Euro de handball, qui a permis à sa sélection nationale d’obtenir une qualification automatique pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. 

« Cette année avait merveilleusement bien commencé. Cela ne pouvait pas être mieux. L’Euro était vraiment important pour nous. Pas seulement pour la compétition en soi, mais surtout pour le quota pour Tokyo. Nous n’étions pas à Rio et c’était très difficile pour nous, en tant que groupe. Nous attendions impatiemment de nous qualifier, et nous l’avons fait. Cela ne pouvait pas mieux démarrer : c’était fantastique avec l’Espagne et avec Paris, nous avons très bien joué et nous avions de grandes attentes au niveau national et international, avec la Ligue des Champions. Personnellement, je me sentais très bien également », confie le portier du Paris Saint-Germain handball à Tokyo2020.org

Mais tout a du brutalement s’arrêter en raison de la pandémie de COVID-19.

« C’était triste de tout stopper à cause du COVID-19, mais cela dépassait le sport en lui-même. Le sport n’était plus la priorité », explique-t-il.

Retour à l’école

Corrales a passé le confinement à Paris et pendant cette période, il a réalisé l’importance de certains aspects de la vie qu’il prenait pour acquis.

« Je crois que toute cette période nous a rendu plus fort en tant que société et, par dessus tout, nous a permis de mesurer la valeur de certaines choses que l’on prenait pour acquises. Je parle évidement du corps médical, en première ligne pendant le confinement, mais également de certaines personnes que nous avons oublié comme les employés de supermarchés. Toute cette période nous a fait prendre conscience du fonctionnement d’une société et de l’importance de tous ceux qui la composent. Il n’y a pas de rôles ou de personnes plus importantes que les autres. Je ne sais pas si cela nous a rendu meilleur, mais au moins cela nous a permis de nous rendre compte de la valeur des choses », estime-t-il 

Ce que Rodrigo Corrales estime le plus, c’est le travail au quotidien. Le groupe.

« Je me souviens du premier jour où j’ai retrouvé mes coéquipiers. J’étais tellement heureux, c’était incroyable. Je n’ai jamais eu aussi envie de les voir. Je n’ai jamais eu aussi envie de m’entraîner qu’après cette période. Un peu comme lorsqu’on est enfant et que nous avons un voyage scolaire le lendemain : impossible de dormir. C’était exactement pareil pour moi », explique Corrales, qui est retourné à l’entraînement au PSG il y a quelques semaines.

Je me souviens du premier jour où j’ai retrouvé mes coéquipiers. 

J’étais tellement heureux, c’était incroyable.

Ces semaines seront cependant les dernières sous le maillot du PSG. La saison prochaine, il évoluera sous les couleurs du club hongrois de Veszprem. Il n’a pas pu faire ses adieux à l’équipe parisienne sur le terrain, mais il leur a offert un titre de champion de France en terminant la saison en tant que meilleur gardien du championnat.

« Cette année était très spéciale. Nous aurions évidemment préféré fêter le titre devant nos supporters et avec le reste de l’équipe. Dans mon cas, c’est ma dernière saison ici et j’aimerais en profiter avec mes coéquipiers. »

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Un rêve de gosse

L’une des autres conséquences de la pandémie, c’est le report des Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Ils auront désormais lieu du 23 juillet au 8 août 2021. 

« J’aurais préféré disputer les Jeux le plus tôt possible. Lorsque vous êtes si proche du but, on veut toujours que ça arrive vite. Cette année, je me sentais très bien avec de très belles chances d’aller aux Jeux », confie Corrales.

En revanche, il estime aussi que ce report lui donnera plus de force pour l’année prochaine. « Une année de plus est compliquée, mais c’est aussi une motivation supplémentaire. L’année 

Lorsque vous êtes si proche du but, 

on veut toujours que ça arrive vite.

Corrales évolue chez Los Hispanos, le surnom de la sélection nationale, depuis 2014. Il compte 72 sélections et il a remporté deux titres de Champion d’Europe successifs (2018 et 2020). 

Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 seront ses premiers.

« Les Jeux sont un rêve pour tout athlète. On représente notre pays et nous vivons aux côtés des plus grandes stars… C’est vraiment un rêve. Je n’ai jamais été aux Jeux mais ceux qui y ont déjà été me disent que c’est encore mieux que ce qu’ils ne pensaient. Comment je serai ? Super excité. Pour moi, ils pourraient arriver demain. En plus de ça, j’adore le Japon. Je suis sûr que ce sera un grand pays hôte. Je suis super excité, comme un gamin pourrait l’être. »

Une super période

Au-delà de l’aspect individuel, Corrales pense que le report des Jeux ne favorise pas l’équipe d’Espagne.

« Nous sommes d’accords avec toutes les mesures prises. Je pense que tout le monde a réalisé ce qui était vraiment important à ce moment-là. Mais on peut aussi dire que c’est bien dommage pour nous car nous avons tellement bien commencé l’année avec un titre de Champion d’Europe, nous avions beaucoup d’espoir et de confiance. Nous étions dans une super période avec la sélection.

Mais le gardien de 29 ans pense que l’Espagne surfera toujours sur la même magie l’année prochaine. « Nous essaierons de maintenir cet élan que nous avons avec l’équipe. Peut-être que nous n’avons pas les meilleurs individualités au monde mais collectivement, nous jouons tellement bien ensemble et j’espère que nous pourrons toujours jouer aussi bien pendant les prochaines compétitions, aux Mondiaux en Égypte et aux Jeux Olympiques. Après l’échec de ne pas être allé à Rio, les Jeux de Tokyo 2020 sont notre espoir. Pour les joueurs les plus vieux, savoir que c’est leur dernière compétition va leur permettre de jouer comme s’il avaient 20 ans. Nous nous inquiétons pas pour ça. »

Si l’union fait la force de la sélection espagnole, c’est également le cas dans les cages. Car Corrales partage sa position de co-titulaire avec Gonzalo Pérez de Vargas. Mais ils partagent quelque chose en plus : une enfance, une vie.

« Aucun duo de gardien ne partage cette chose-là : nous avons passé notre adolescence ensemble. Nous avons été éduqués dans la même école, nous avons vécu dans la même résidence puis dans le même appartement… Nous avons partagé beaucoup de moments. C’est vrai que l’on veut que nous soyons l’acteur principal de nos vies, mais nos égos mis de côté, je ressens vraiment quelque chose de spécial pour Gonzalo. Je suis très heureux lorsque les choses se passent bien pour lui. Et je veux toujours qu’il soit dans mon équipe car il nous fait gagner. »

Lorsque j’étais enfant, j’aurais signé n’importe quel papier

et j’aurais pu payer pour vivre la vie que j’ai aujourd’hui.

Corrales enfant ne pourrait pas y croire

Même si les Jeux se dérouleront l’année prochaine, Corrales est proche des Jeux. Il évolue dans l’une des meilleures équipes d’Europe et il a même retrouvé l’excitation de son enfance lorsqu’il est retourné à l’entraînement.

Mais qu’aurait dit ce petit garçon ? Le Rodrigo de 10 ans aurait-il pu croire qu’à 29 ans, il aurait cette vie-là ?

« Parfois, je n’arrive pas à y croire. Même maintenant. Bien sûr, j’ai travaillé dur pour cela et j’ai fait beaucoup de sacrifices. Mais au final, c’est le rêve de n’importe quel enfant. Aujourd’hui, j’en profite comme si j’étais gamin. Lorsque j’étais enfant, j’aurais signé n’importe quel papier et j’aurais pu payer pour vivre la vie que j’ai aujourd’hui. Je me sens privilégié. »