Ramzi Boukhiam : « Donner le meilleur pour le Maroc »

Ericeira, PORTUGAL - 29 septembre 2020 : Le Marocain Ramzi Boukhiam remporte la première manche du premier tour lors de la Coupe du Portugal MEO.
Ericeira, PORTUGAL - 29 septembre 2020 : Le Marocain Ramzi Boukhiam remporte la première manche du premier tour lors de la Coupe du Portugal MEO.

Le surfeur de 27 ans est qualifié pour la première épreuve de surf de l’histoire olympique qui se déroulera à Tokyo 2020. Il évoque la popularité grandissante du surf au Maroc et son désir de ramener une médaille olympique.

Ce n’était pas forcément prévu dans son agenda tant son calendrier était chargé, mais en septembre dernier, il s'est bien rendu à Miyazaki au Japon pour disputer les Championnats du monde de surf de l’ISA 2019. Ramzi Boukhiam est reparti de la compétition avec une qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Le seul billet possible pour un surfeur africain.

Il devra confirmer sa qualification par une participation aux prochains Championnats du monde de surf de l’ISA en mai 2021, mais si son corps ne lui fait pas défaut, il défendra bien les couleurs du Maroc lors de la première épreuve du surf aux Jeux Olympiques, l’an prochain à Tokyo.

« J’espère que je serai le porte-drapeaux ! »

Et il compte bien jouer les premiers rôles pour tenter de monter sur le podium, comme il l’a confié dans l’émission The Corner d’Olympic Channel.

« J’espère que j’assurerai le spectacle et ramènerai peut-être une médaille à la maison », confie celui qui participe en ce moment à la Coupe de surf du Portugal à Ericeira.

Ramzi se voit déjà dans le stade olympique pour la cérémonie d’ouverture et mesure bien l’impact qu’aura les Jeux Olympiques sur sa vie.

« J’y pense tout le temps. J’espère que je serai le porte-drapeaux ! Mais le simple fait d’être là-bas et de représenter le Maroc… Ça va être une expérience incroyable et personne ne pourra me l’enlever. Quand on est olympien, c’est pour toujours. J’ai tellement hâte ! »

Peut-être quelque chose à faire en surf

Le jeune Ramzi qui a découvert le surf grâce à son frère n’imaginait certainement pas un jour participer au plus grand événement sportif du monde. Né aux Pays-Bas d’une mère néerlandaise et d’un père marocain, Boukhiam n’avait que deux semaines lorsqu’il est rentré au Maroc où il a grandi dans le sud du pays à Taghazoute, non loin d’Agadir. Amoureux de football comme la majorité des Marocains, il a découvert le surf via son grand-frère Samir.

« Je jouais beaucoup au foot mais mon frère a commencé à surfer et comme mon père pêchait beaucoup, on était toujours au bord de l’eau. Mon frère m’a proposé d’essayer et j’ai commencé par le bodyboard. Un jour, il m’a dit de monter sur une planche de surf. »

Une fois qu’il a goûté au plaisir de glisser dans les rouleaux de l’Atlantique, cela a été impossible de lui enlever la planche sous le pied. Il a découvert les compétitions à l’âge de 10 ans et « ça a plutôt bien marché », comme il dit. « Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire. »

Entre tranquillité et sérieux

Après une enfance passée au Maroc, Ramzi a déménagé en France, à Anglet sur la côté atlantique, à la suite du décès de son père. Un moment difficile qui l’a marqué à jamais, surmonté « grâce à sa famille très soudée ».

Dans le sud-ouest de la France, le surf a continué à occuper ses journées. Il a ensuite rejoint une école spécialisée, où les cours se déroulaient le matin et le surf l’après-midi, afin de faire de tenter l’aventure du haut niveau.

Une vie de surfeur qui a forgé la personne qu’il est aujourd’hui : un athlète sérieux qui sait relâcher quand il faut.

« Il y a toujours plusieurs types d’athlètes. Ceux qui vont donner tout ce qu’ils ont, qui s’entraînent dur et font tout ce qu’il faut faire. Et les autres qui vont plus suivre leur instinct. « Going with the flow », selon l’expression anglaise. Ils s’entraînent aussi mais ils sont un peu plus tranquilles. Je suis entre les deux. Je m’entraîne toujours mais j’ai des moments où je suis un peu plus tranquille, où je m’évade un peu. Mais il y a toujours ce moment où je me réveille et je me dis : "oh, ils [les concurrents] arrivent !" ».

« Le surf commence à faire partie du style de vie des Marocains »

Une mentalité qui a payé car il surfe aujourd'hui dans le circuit des World Qualifying Series, l’antichambre du WSL Championship Tour, le championnat mondial élite. Et l'année prochaine, c'est bien lui qui va débarquer sur la plage de Tsurigasaki, dans la préfecture de Chiba, où se déroulera l’épreuve de surf des Jeux de Tokyo 2020, pour défendre les couleurs du Maroc. Un pays riche d’environ 2000 km de côtes où le surf devient de plus en plus populaire, notamment dans sa région natale d’Agadir.

« Lorsque j’étais petit, ce n’était pas comme ça. Tout était football ! Mais maintenant, les Marocains commencent à aimer le surf. À Taghazoute, tout est surf. Beaucoup de touristes viennent là-bas pour le surf et tout le monde travaille dans le surf. Cela commence à faire partie du style de vie des Marocains. »

Nul doute que les succès de Ramzi Boukhriam sont une motivation supplémentaire pour les jeunes Marocains qui ont désormais conscience que leur pays peut briller dans le surf international.

« Je suis fier de donner le meilleur pour mon pays et de motiver les enfants. C’est essentiel », conclut-il.

Comment le surfeur marocain Ramzi Boukhiam reste concentré avant Tokyo 2020
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