Pauline Ferrand-Prévot, de retour sur le chemin olympique

Glasgow, ÉCOSSE - 7 août 2018 - Pauline Ferrand-Prévot pendant l’épreuve de VTT des Championnats d’Europe 2018, où elle a remporté la médaille d’argent.
Glasgow, ÉCOSSE - 7 août 2018 - Pauline Ferrand-Prévot pendant l’épreuve de VTT des Championnats d’Europe 2018, où elle a remporté la médaille d’argent.

La quintuple championne du monde française a subi une seconde opération à la jambe en début d’année. Elle s'est confiée à Tokyo 2020 pour donner des nouvelles de sa forme actuelle et son ressenti sur le report des Jeux Olympiques, où elle espère remporter une médaille d’or.

« Je me sens soulagée ». Ce sont les mots de Pauline Ferrand-Prévot à la suite de l’annonce du report des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 en raison de la pandémie de COVID-19. Ce report lui permet d’être plus tranquille et d'envisager l’avenir sereinement. Avec encore plus de conviction.

Les Jeux auront lieu dans un an et quatre mois, du 23 juillet au 8 août 2021. Cette « grande échéance, qui n’a lieu que tous les quatre ans et qui focalise tous les enjeux », comme elle l’explique à Tokyo 2020. L’équité entre tous les athlètes pourra être respectée et pour la double championne du monde de VTT 2019, c’était le plus important.

« Certains athlètes peuvent encore s’entraîner dans d’autres pays. L’équité aurait été très difficile à assurer si les Jeux n’avaient pas été reportés. Aujourd’hui, c’est comme un poids qui tombe de mes épaules ».

Il aurait été logique de penser que « PFP » soit rassurée car le report lui donnait un an de plus pour se préparer mais la vérité est qu’elle n’en avait pas besoin. L’athlète aux cinq titres de championne du monde (VTT, cyclo-cross et route) aurait été prête, et c’était loin d’être évident.

Opération salvatrice

10 janvier. Pauline Ferrand-Prevot vient de se faire opérer d’une endofibrose de l'artère iliaque en raison d’un problème de pression artérielle, assez courant chez les cyclistes. C’est la deuxième fois en deux ans qu’elle doit subir cette opération.

L’athlète de 28 ans savait donc ce qu’une opération comme celle-ci pouvait impliquer mais elle n’a pas laissé de place à l’hésitation. Elle savait que sans cette opération, il aurait été impossible de conquérir le titre qui lui manque : les Jeux Olympiques.

Deux mois et demi plus tard, la championne du monde de VTT a récupéré. Plutôt bien, d'ailleurs : « Je ne me sens plus en convalescence, en fait » avoue-t-elle. Elle ne peut malheureusement pas mettre sa nouvelle condition physique à l’épreuve de la route ou des sentiers de VTT en raison du confinement imposé en France, mais ses tests physiques et ses exercices sur le home trainer sont sans appels.

« Mes tests physiques ont montré que je suis revenue à un niveau aussi bon que celui de l’année dernière. Et ce sans même avoir fait de compétition. J’ai d’ailleurs repris mes séances d’intensité normales, 1 min 20 s à fond sur le vélo, et tout va bien. »

Passé olympique compliqué

Les signaux sont donc au vert pour Pauline Ferrand-Prévot, et une saison décalée l’attend désormais pour tenter d’aller chercher ce titre olympique qui lui a toujours échappé.

À Londres 2012, elle a terminé 8e de l'épreuve sur route et 26e de l’épreuve de VTT que sa compatriote Julie Bresset a remportée. À Rio 2016, après une saison compliquée, c’est sur route qu’elle a terminé 26e. Elle a en revanche dû abandonner en VTT. Une véritable désillusion.

Elle a ensuite été la cible de critiques « injustes parfois blessantes » comme elle l’avait expliqué au journal Le Parisien. Mais pas question de se lamenter. Pas question de vivre dans le passé. Pour la quintuple championne du monde, cette déception n’a fait que renforcer sa détermination.

« Je n’aime pas me lamenter, cela ne sert à rien » affirme-t-elle à Tokyo 2020. « Je tire du positif de toutes les situations, mêmes les plus difficiles. Un proverbe asiatique explique d'ailleurs que l’on apprend davantage de ses défaites que de ses victoires. Bon… Les victoires, c’est bien aussi ! Mais je sais maintenant que je peux revenir forte des difficultés que je vis, comme celles que j’ai rencontrées après les Jeux de Rio. Ça m’a permis de me poser, de faire le point. »

On apprend davantage des défaites que des victoires

bon… Les victoires, c’est bien aussi !

Retour fracassant

En 2017, elle obtient deux médailles de bronze aux Championnats du monde avant d’entamer une nouvelle saison 2018 compliquée. Mais après sa première opération, en 2019, et beaucoup de travail pour revenir au plus haut niveau, Pauline Ferrand-Prévot a été récompensée de ses efforts et sacrifices en signant une retour fracassant : deux médailles d’or aux Championnats du monde au Canada, en VTT et VTT marathon (70 km avec plus de 3500 m de dénivelé positif).

Un retour à la compétition qui offrait donc de grands espoirs pour Tokyo 2020. Dans un an et quatre mois, elle ne s’alignera cette fois-ci qu’en VTT. Elle a annoncé en fin d’année 2019 qu’elle mettait la route de côté pour le moment, afin de se concentrer sur le VTT avec comme objectif principal les Jeux Olympiques.

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Despite not my best form, I will be tomorrow in @troyescyclocrossuci . I felt sick yesterday, and I try to recover from it, but to respect the work of the organisation I still want to start tomorrow ! Don’t miss tomorrow’s event in Troyes, in my own old region 😀 Also, tomorrow you can buy @equipemagazine ✌🏻where 3 amazing others athletes and myself are speaking about our Olympics goals 😍 . Retour hier sur ma magnifique contre-performance en Suisse 🙈 Après avoir vu mon médecin Jacky Maillot hier soir, il m’a détecté une petite infection bactérienne qui traîne depuis qq jours. Par respect pour les organisateurs de Troyes je serai au départ demain, pas dans la forme de ma vie, mais ça me tient vraiment à cœur de revenir dans ma région natale. Demain, vous pourrez aussi découvrir le nouveau numéro de @equipemagazine, où 3 athlètes françaises et moi-même figurons pour parler des prochains JO ✌🏻

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Tokyo 2020 dans le viseur

Le VTT est d'ailleurs une discipline plutôt familière pour son compagnon, Julien Absalon, avec qui elle partage sa vie.

Il fait tout simplement partie des légendes de ce sport avec deux titres olympiques, remportés à Athènes 2004 et Pékin 2008. Nul doute que cela lui ajoute encore plus de motivation. En tous les cas, sa présence au quotidien lui est bénéfique :

« C’est sûr que l’expérience de Julien m’aide » confie-t-elle. « Il est très posé, il vient souvent s’entraîner avec moi, même si j’ai également mon entraîneur qui gère cette partie. »

Un appétit olympique enrichi par ses premiers souvenirs des Jeux : « Je me rappelle avoir visionné en boucle le DVD du sacre olympique de Julien avec mon frère. Il donnait vraiment envie d’aller t’entraîner ».

Pour s’entraîner, il faudra attendre encore un peu. Au moins pour sillonner les sentiers de VTT qu’elle maitrise si bien. En attendant, ce sera préparation à la maison pour conserver une condition physique de championne.

Elle reprendra l'entraînement et la compétition une fois que l’épidémie de coronavirus se sera dissipée. Le tout dans l’optique d’être prête en juillet 2021 pour conquérir le graal du sportif : le titre olympique.