On frappe à la porte de la « Team Yavbou »

Berlin, ALLEMAGNE – 9 janvier 2020 : Les Français Antoine Brizard, Barthelemy Chinenyeze et Earvin Ngapeth au bloc face au Slovène Klemen Cebulj pendant la demi-finale du Tournoi de Qualification  Olympique (TQO).
Berlin, ALLEMAGNE – 9 janvier 2020 : Les Français Antoine Brizard, Barthelemy Chinenyeze et Earvin Ngapeth au bloc face au Slovène Klemen Cebulj pendant la demi-finale du Tournoi de Qualification Olympique (TQO).

L'équipe de France de volleyball s'est qualifiée pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 en remportant le Tournoi de Qualification Olympique (TQO) en Allemagne du 5 au 10 janvier, battant le pays hôte en finale. Lors de ce tournoi, de nouvelles têtes ont émergé. Présentation.

« La Team Yavbou, c’est fini. On a la Génération Tokyo ». Difficile d’imaginer ces mots sortir de la bouche de Laurent Tillie, le sélectionneur de l’équipe de France de volleyball depuis 2012, la fameuse « Team Yavbou » avec qui il a presque tout connu. C’est pourtant bien l’ancien joueur cannois qui a prononcé cette phrase dans une interview donnée à Ouest-France il y a quelques semaines.

Pourquoi ? Rien contre l’équipe double vainqueur de la Ligue mondiale (2015, 2017) mais un constat simple après le Tournoi de Qualification Olympique en Allemagne couronné de succès : de nouvelles têtes ont émergé aux côtés des vieux grognards habituels.

Présentation de ceux qui souhaiteront un jour sans doute avoir leur propre surnom d’équipe.

Jean Patry (23 ans, 2,07 m, pointu) 

Le pointu de La Latina (Ligua A, Italie) est dans le groupe de Laurent Tillie depuis plusieurs mois déjà, mais en Allemagne au TQO en l’absence de Stephen Boyer, il a pris ses responsabilités. Impérial face à la Serbie, il a réveillé ses coéquipiers face à la Slovénie en servant le feu, dans un match bien parti pour sonner le glas des espérances françaises. Peut-être moins aérien que Boyer, l’ex-joueur de Montpellier possède en revanche une palette très variée en attaque et sait s’adapter. Le parfait complément de l’intouchable Earvin Ngapeth.

Barthélémy Chinenyeze (21 ans, 2,02 m, central) 

Intégré dans la rotation de Laurent Tillie depuis trois ans, le Central de Callipo Sport (Italie), MVP du Championnat de France en 2019 qvc Tours a fort à faire en équipe nationale : lorsque les deux centraux se nomment Kévin Le Roux et Nicolas Le Goff, difficile de se faire une place. Mais lors du TQO, l’ancien Toulousain a pris sa chance et (presque) fait oublier les deux tours jumelles habituelles. Sa vitesse de bras et son explosivité ont fait merveille, mais il a également été très précieux au block.

Berlin, ALLEMAGNE – 10 janvier 2020 : Les Français s’encouragent lors de la finale du Tournoi de Qualification Olympique (TQO) contre l’Allemagne.
Berlin, ALLEMAGNE – 10 janvier 2020 : Les Français s’encouragent lors de la finale du Tournoi de Qualification Olympique (TQO) contre l’Allemagne.
2020 Getty Images / Maja Hitij/Bongarts

Yacine Louati (27 ans, 1,98 m, attaquant réceptionneur) 

Malgré ses 27 ans, Louati ne compte que 17 sélections en Bleu. L’attaquant de Milan en Italie n’était pas vraiment attendu pour le TQO mais ses prestations et sa volonté de fer ont impressionné tout au long du tournoi. Fils d’un international tunisien (Moutaa Louati), il a roulé sa bosse en France (Tourcoing, Montpellier, Toulouse, Chaumont) avant de s’expatrier en Italie (Padoue et Milan donc), où il s’éclate. Ce qui a rejailli avec bonheur sur les Bleus lors de ce tournoi de la dernière chance.

Antoine Brizard (25 ans, 1,95 m, passeur)

Cela fait tellement longtemps que l’on voit Antoine Brizard comme doublure de l’indéboulonnable Benjamin Toniuti en équipe de France à la passe, qu’on lui donnerait bien 35 ans… Pourtant le joueur du Verva Varsovie (Pologne) n’a que 25 ans. Et lui aussi a reçu plus de temps de jeu en Allemagne et a parfaitement su l’utiliser. En plus de sa science du jeu et de sa qualité de passe, le natif de Poitiers est également excellent au bloc.

Il reste plus de cinq mois d’ici les Jeux mais ces garçons-là ont marqué les esprits lors de ce TQO, y compris celui du sélectionneur national. Qui se trouve donc face à un dilemme de riche puisqu’il ne pourra emmener que 12 joueurs à Tokyo. Ce qui ne semble pas vraiment l’inquiéter, comme il l’a expliqué juste après la qualification.

« Mon unique credo et moto est de prendre des joueurs motivés. Avec un groupe motivé, tu peux développer et créer parce que les joueurs sont à l’écoute. Si les joueurs ne sont pas ou plus motivés, ça ne sert à rien. » Une motivation qui devra en effet être à son paroxysme au vu du groupe monstrueux tiré par les Bleus :