Nouveaux joueurs, nouveau capitaine, la France fait peau neuve

Cologne, ALLEMAGNE - 19 janvier 2019 : Michaël Guigou lors du match contre l’Espagne aux Championnats du monde de handball 2019. Il a récupéré le brassard de capitaine en novembre 2020.
Cologne, ALLEMAGNE - 19 janvier 2019 : Michaël Guigou lors du match contre l’Espagne aux Championnats du monde de handball 2019. Il a récupéré le brassard de capitaine en novembre 2020.

Si les matchs de qualifications pour l’Euro 2022 ont été annulés, l’équipe de France de handball masculin s’est réuni pendant six jours lors d’un stage à la Maison du handball. Le nouveau sélectionneur Guillaume Gille a posé les bases d’un nouveau projet, avec la qualification pour les Jeux de Tokyo 2020 en point de mire.

Le but initial du rassemblement des Bleus du 2 au 7 novembre à Créteil était de préparer les prochaines rencontres de qualifications pour l’Euro 2022. Les circonstances (annulation des matches à cause du COVID-19) ont changé la donne : Guillaume Gille, le nouveau sélectionneur de l’équipe de France, accompagné de tout son staff technique en a profité pour créer les nouvelles bases de l'équipe de France.

Ce premier rassemblement depuis l’Euro 2020 (9-26 janvier), où l’équipe de France était sortie prématurément à l’issue du tour préliminaire, était attendu par tous et devait servir de rampe de lancement pour les matchs de préparation prévus contre la Belgique (5 novembre) et la Grèce (8 novembre), reportés en raison de la pandémie de COVID-19.

Favoriser l’échange et l’intégration des nouveaux arrivants

Guillaume Gille, qui a succédé à Didier Dinart en janvier dernier juste après l'Euro raté, souhaitait avant tout créer une harmonie dans ce groupe de 22 joueurs très renouvelé. En partie à cause de blessures (Nikola Karabatic) et de cas de corona ou cas contact (Yanis Lenne, Kentin Mahé, Wesley Pardin, Valentin Porte, Ludovic Fabregas et Nicolas Tournat), seuls sept des appelés faisaient en effet partie du groupe présent à l’Euro 2020.

Trois nouveaux (Rémy Desbonnet, Karl Konan et Aymeric Minne) faisaient leur début en Bleu et quatre effectuaient leur retour après plusieurs années éloignés de la sélection (Timothey N'Guessan, Hugo Descat, Benoît Kounkoud et Dragan Pechmalbec).

Au programme donc, des exercices visant d'abord à developper la cohésion de groupe et l'adhésion au nouveau projet.

« J’ai souhaité remettre l’ensemble du groupe, staff et joueurs, dans le projet et au service du projet », a déclaré le nouveau sélectionneur, également double champion olympique à Pékin 2008 et Londres 2012, sur le site de la fédération française de handball. « Cette séquence d’introduction a servi à cela : en réunissant par petits groupes des éléments du staff et des joueurs, j’ai souhaité embarquer tout le monde dans le même bateau. […] C’est cet état d‘esprit ce que suis venu chercher car le projet Tokyo 2021 nécessite des joueurs et des membres du staff très dynamiques et acteurs du projet. »

« L’accent sur la défense et le jeu sur grand espace »

À moyen terme, les objectifs de l’équipe de France seront de remporter une nouvelle médaille au Mondial 2021 en Egypte (13-31 janvier) après avoir remporté le bronze en 2019 et, surtout, de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Sur les trois dernières éditions, les Bleus ont remporté deux médailles d’or et une médaille d’argent (Rio 2016), mais cette fois ils devront passer par la case TQO, du 12 au 14 mars 2021 à Paris, où ils devront terminer dans les deux premier d’un groupe composé de la Croatie, la Tunisie et le Portugal.

Il faudra donc être rapidement opérationnel et performant, c'est tout le sens du travail de Guillaume Gille. Il a profité de ces six jours à la Maison du handball, le nouveau centre national ultra-moderne français, inauguré en 2019 à Créteil, pour travailler différents secteurs de jeu, notamment la défense, l’une des grandes forces des Experts, l’équipe invincible qui, par deux fois, a détenu les trois titres majeurs (JO, Mondial et Euro) en même temps entre 2010 et 2013 puis entre 2014 et 2016.

« Nous avons mis l’accent sur la défense et le jeu sur grand espace, avec également un travail d’exploration sur le jeu d’attaque qui n’est pas encore finalisé », a confirmé Guillaume Gille.

Guigou succède à Sorhaindo

L’autre événement marquant de ces six jours de stage a été le changement de capitaine. Le joueur du FC Barcelone Cédric Sorhaindo, 36 ans et capitaine depuis plus de trois ans, a laissé son brassard à son partenaire Michaël Guigou, 38 ans. Les deux joueurs ont remporté les Jeux Olympiques de Londres 2012 ensemble et seront toujours au service de l’équipe de France, mais dans des rôles différents.

« Le premier en prenant de la distance, le second en endossant d’autres responsabilités pour les mois à venir », détaille Guillaume Gille.

Une passation de pouvoir qui s’est déroulée dans le plus grand respect.

« Aujourd’hui, je me mets en retrait mais je resterai au service de l’équipe de France pour accompagner le groupe, avec les valeurs qui m’ont animé toutes ces années. Je souhaite qu’elles perdurent au sein de l’équipe de France », confiait Cédric Sorhaindo. « J’adresse aussi toutes mes félicitations à Michaël Guigou auquel je souhaite tout le meilleur pour l’avenir. »

Guigou veut poursuivre le travail accompli

Son successeur, Michaël Guigou, a également fait part de sa fierté, évoqué les nouveaux objectifs et tenu à rendre hommage à Sorhaindo.

« C’est naturellement une fierté et un honneur d’accueillir cette proposition qui s’inscrit dans un nouveau projet avec sa double échéance : le Mondial en Égypte et le TQO en France. Cédric a été un capitaine au plus proche de ses joueurs, quitte parfois à s’effacer et à prendre sur lui pour le bien de l’équipe. Il faut le remercier pour son engagement. […] Tchouf s’est aussi inscrit dans la lignée et la continuité des précédents capitaines pour porter les valeurs du handball. J’essaierai de continuer en ce sens. »

Les prochains rassemblements sont prévus pour la fin d’année avec un stage de préparation au Mondial 2021, puis une double opposition face à la Serbie début janvier pour les qualifications à l’Euro 2022 avant de s’envoler en Égypte pour disputer le Championnat du monde.