Nicolas Navarro, Monsieur pas comme tout le monde

Nicolas Navarro sur la ligne d'arrivée du marathon de Paris 2019, où il avait enregistré un chrono de 2 h 20 min 11 s. Aujourd'hui, il est qualifié pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020.
Nicolas Navarro sur la ligne d'arrivée du marathon de Paris 2019, où il avait enregistré un chrono de 2 h 20 min 11 s. Aujourd'hui, il est qualifié pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Le coureur français va courir les Mondiaux de semi-marathon samedi 17 octobre sous les couleurs de l’équipe de France. Une première pour l’athlète de 29 ans, qualifié pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 sur marathon, alors qu'il courait encore uniquement pour le plaisir il y a deux ans.

Samedi 17 octobre sera un grand jour pour Nicolas Navarro. Il courra pour la première fois de sa carrière avec le maillot de l’équipe de France sur le dos, lors des Championnats du monde de semi-marathon 2020 à Gdynia en Pologne.

« C’est une fierté de porter ce maillot bleu. Il va falloir assurer samedi prochain », confie-il à Tokyo 2020 alors qu’il effectue un stage de préparation avec l’équipe de France à Saint-Jean-de-Monts en Vendée.

Concédant qu’il n’a pas de chrono de référence sur semi-marathon, si ce n’est un 1 h 04 min 36 s réalisé en 2018 qui ne reflète pas son réel niveau tant sa progression a été époustouflante ces dernières années, il espère courir les Mondiaux entre « 1h 2 min 00 s et 1h 2 min 30 s, selon les conditions de course ».

Courir dans le cadre du loisir

Cette première expérience en équipe de France est inéluctablement corrélée à l’annonce effectuée par le CNOSF en mars denier, qui confirmait la sélection de Nicolas Navarro pour le marathon olympique de Tokyo 2020, avec Morhad Amdouni, Hassan Chahdi et Benjamin Choquert (athlète reserve). Désormais, Navarro fait partie de l’équipe de France des coureurs de fond, lui qui travaille toujours à plein temps chez Décathlon à quelques kilomètres d’Aix-en-Provence.

Un honneur que le pensionnaire d’Aix Athlé Provence, où il est entraîné par Jérémy Cabadet, ne pensait pas possible il y a moins de deux ans. D’ailleurs, il ne pensait même pas à disputer les Jeux Olympiques un jour.

« Avant le marathon de Paris 2019, je n’ai jamais pensé aux JO. J’étais dans l’optique de faire mieux que mon chrono de Valence en 2018 (2 h 12 min 39 s). Le sport, c'était un loisir. »

Plus que 23 secondes

Sauf que ce 14 avril 2019, Navarro a franchi la ligne en 2 h 11 min 53 s, terminant deuxième français derrière Amdouni. Les minima olympiques pour Tokyo 2020 étant fixés à 2 h 11 min 30 s, le calcul était vite fait. Il ne lui manquait plus que 23 secondes. Ce qui n’était pas dans le plan auparavant devenait désormais palpable.

« À 2 h 11 min 53 s, je me dis qu’il y a peut-être quelque chose à faire. Je ne suis qu’à 23 secondes. Sur 42 bornes, ce n’est pas grand chose », reconnaît-il.

L’objectif était donc de descendre son chrono huit mois plus tard, lors du marathon de Valence 2019, réputé propice pour les grandes performances compte tenu de son parcours plat et de la température clémente à cette période de l’année.

Je savais que le marathon de Valence était plus avantageux au niveau du parcours et des conditions donc je savais que c’était jouable.

Je ne me disais pas que ça allait être simple mais je savais que je pouvais le faire. Donc mentalement, c’est beaucoup plus facile.

« Un rêve qui se réalisait »

Désormais, les Jeux étaient devenus un but. Un objectif réalisable pour lequel il allait se donner tous les moyens. Notamment en prenant un congé sans solde de deux mois pour préparer au mieux le marathon de Valence.

« Je voulais tout faire pour aller aux Jeux et ne pas avoir de regrets », ajoute l’athlète aixois.

Le 1er décembre 2019, Navarro venait à bout des 42,195 km de Valence en 2 h 10 min 01 s. Trois ans plus tôt, son chrono lors du même marathon était de 2 h 17 min 56 s. Les minima étaient donc réalisés.

Sa qualification n’était pas pour autant dans la poche. La question était désormais de savoir combien de marathoniens allaient être sélectionnés pour Tokyo mais un peu plus de trois mois plus tard, il apprenait « sur le site du CNOSF » qu’il était retenu pour s’envoler à Tokyo pour le marathon olympique.

« Quand j’ai vu que c’était officiel, c’était génial. Un rêve qui se réalisait. J’ai appelé tout le monde ! »

Comme monsieur tout le monde

Quelques jours plus tard, le report des Jeux à l’été 2021 était annoncé. « Un ascenseur émotionnel » pour Navarro. « Mais bon, on n’a pas trop eu le choix. Heureusement que notre sélection a été maintenue pour 2021 car ça aurait été la double peine. »

Il courra bien le marathon olympique, lui qui montait à la capitale pour le marathon de Paris 2019 dans « l’idée de faire le meilleur temps possible, comme monsieur tout le monde en fait. Pour être content de soi à l’arrivée. »

Pour les Mondiaux de semi-marathon, Navarro a de nouveau fait comme « monsieur tout le monde » et posé des congés pour se rendre disponible.

Inscrit depuis peu sur la liste des sportifs de haut niveau, il espère pouvoir bénéficier prochainement d’un partenariat avec son employeur Décathlon pour « travailler à plein temps pendant les périodes creuses sans compétition » et « être libéré pour les préparations de course. »

Après Gdynia, l’objectif sera une nouvelle fois le marathon de Valence, le 6 décembre 2020. Dernière échéance avant le grand jour au Sapporo Odori Park, le 8 août 2021 pour le marathon des Jeux de Tokyo 2020, quelques heures avant la cérémonie de clôture.