NAKAMURA Chiharu, le visage du rugby à sept japonais

Rio de Janeiro, BRÉSIL - 6 août 2016 : La Japonaise Chiharu Nakamura lors du match de poule entre le Canada et le Japon aux Jeux Olympiques de Rio 2016.
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 6 août 2016 : La Japonaise Chiharu Nakamura lors du match de poule entre le Canada et le Japon aux Jeux Olympiques de Rio 2016.

Loin des grandes stars des Jeux Olympiques, des dizaines d’athlètes doivent exercer une autre profession pour subvenir à leurs besoins. De fermiers à banquiers, les métiers sont nombreux et Tokyo 2020 se penche sur certains de ces athlètes qui espèrent jouer un rôle lors des prochains Jeux Olympiques. Cette semaine, NAKAMURA Chiharu, la capitaine de l’équipe nationale et manager d'une équipe de Fukuoka.

Parmi les athlètes qui se sont qualifiés, ou qui ambitionnent de se qualifier, pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, il y a ceux qui construisent simultanément une carrière complètement différente. NAKAMURA Chiharu, la capitaine de l'équipe féminine de rugby du Japon, en fait partie.

Avec un rôle clé à la tête de l'équipe nationale, Nakamura est également la directrice générale d'une équipe de rugby qu'elle a fondée dans la préfecture de Fukuoka en décembre 2019. Elle joue également avec cette équipe.

Tokyo 2020 vous raconte comment elle gère son travail de joueuse de rugby et de manager.

Donner en retour

La directeur général d'une équipe de rugby est responsable d'une grande variété de tâches, notamment la mise en place d'un espace d'entraînement, l'organisation des matchs, le recrutement des nouveaux joueurs et la visite des sponsors.

« Un directeur général doit être un expert », dit Nakamura.

Travailler comme manager ne faisait pas vraiment partie du rêve de Nakamura. Mais après avoir longuement réfléchi à sa future carrière en équipe nationale, elle a réalisé qu'elle voulait donner quelque chose en retour au rugby, un sport qui l'a aidée à devenir ce qu'elle est aujourd'hui.

Au début, elle s’était intéressée au coaching, mais elle a réalisé que sa vocation était différente.

« J'ai préféré créer des projets dans une perspective plus large, alors j'ai mis en place une nouvelle équipe et je suis devenue la responsable », dit-elle.

Nakamura est l'une des sept meilleures joueuses de rugby du Japon et son objectif est d'améliorer la vision du rugby féminin au Japon. Pour atteindre cela, il est nécessaire d'augmenter le nombre de joueuses de rugby et d'améliorer leur compétitivité.

« Bien que de nombreuses filles jouent au rugby à Fukuoka, il n'y avait pas d'équipes dans la préfecture. Si ces joueuses voulaient devenir plus sérieuse dans ce sport, elles devaient aller ailleurs, comme dans la région de Kanto. J'ai pensé qu'il serait mieux qu'il y ait une équipe où les filles pourraient jouer à Kyushu, où elles ont grandi », explique Nakamura à propos des raisons pour lesquelles elle a décidé de créer une nouvelle équipe à Fukuoka.

Unn DG est responsable d'une grande variété de tâches, y compris les entraînements et la visite des sponsors.
Unn DG est responsable d'une grande variété de tâches, y compris les entraînements et la visite des sponsors.

Les Jeux Olympiques pour changer la vision du rugby

Cela fait presque un an qu'elle a fondé ce nouveau club, mais il y a encore beaucoup à faire.

« L'année dernière m'a semblé être une décennie », dit-elle en souriant.

Lorsqu'on lui demande pourquoi elle a décidé de créer son équipe en décembre 2019, quelques mois seulement avant le début des Jeux en 2020 (avant qu'ils ne soient reportés), elle répond :

« Je pense que le moyen le plus rapide d'accroître la valeur du rugby féminin au Japon est de participer aux Jeux Olympiques et de produire des résultats en tant que joueuse, mais pendant que je travaille sur cet objectif, il serait bon d'avoir d'autres moyens de réaliser cet objectif. Pour moi, un des moyens supplémentaires consistait à créer une nouvelle équipe de rugby, ce dont Kyushu avait un besoin urgent. J'ai pensé que c'était un défi qui valait la peine d'être relevé tant que je peux encore utiliser pleinement mon statut d'athlète active. »

Comme Nakamura est affiliée au club de la ville de Kumagaya, dans la préfecture de Saitama, où se trouve également le terrain d'entraînement de l'équipe nationale de rugby à 7, elle a décidé d'y rester pendant l'état d'urgence. Outre les défis liés à la constitution d'une nouvelle équipe, elle a également dû faire face à l'impact de la pandémie de COVID-19.

Actuellement, la capitaine vit entre Fukuoka et Saitama et tient des réunions hebdomadaires via Internet pour maintenir une bonne communication avec les joueuses et le personnel du nouveau club.

La Japonaise Chiharu Nakamura est plaquée par la Kényane Janet Okelo lors du match entre le Japon et le Kenya aux Jeux Olympiques de Rio 2016.
La Japonaise Chiharu Nakamura est plaquée par la Kényane Janet Okelo lors du match entre le Japon et le Kenya aux Jeux Olympiques de Rio 2016.
Photo de David Rogers/Getty Images

Un modèle a suivre

Que ce soit en tant que directrice générale de club ou capitaine de l'équipe nationale japonaise, Nakamura déclare : « Il faut visualiser ce rêve, mettre en mots dessus et continuer à en parler. »

Son nouveau club a la vision suivante : « En nous efforçant de promouvoir les gens par le sport, notre objectif est de parvenir à un monde où chacun dans la société, des enfants aux personnes âgées, peut avoir un rêve, jouer un rôle important et s'entraider. Lorsque des gens de tous horizons se réunissent et s'unissent grâce au rugby et à d'autres moyens, nous pouvons faire apparaître des sourires sur les visages de nombreuses personnes dans la société. »

Nakamura espère créer une feuille de route pour les joueuses de rugby de son club afin de les aider non seulement à exceller dans ce sport, mais aussi à trouver ce qu'elles veulent faire après avoir pris leur retraite sportive.

« Bien sûr, devenir la meilleure équipe du Japon est l'un de nos objectifs, mais au milieu de la crise du COVID-19, j'ai senti qu'être une équipe forte n'est pas la seule valeur du sport. En se concentrant trop sur le renforcement de l'équipe, on risque de perdre de vue d'autres choses importantes dans la vie. Quels que soient les résultats de l'équipe en compétition, j'espère qu'elle sera l'équipe la plus heureuse du Japon pour ses joueuses et son personnel. »

« Mon souhait est d'aider les membres de l'équipe à trouver ce qu'elles apprécient vraiment à travers l'équipe, sans que personne ne se batte. En servant de modèle, j'aimerais créer plus d'opportunités pour réaliser les rêves et montrer comment les joueuses peuvent les réaliser en rejoignant l'équipe. »

Nakamura travaille comme directrice générale.
Nakamura travaille comme directrice générale.

Un objectif clair

Nakamura s'est confrontée à d'innombrables défis dans la gestion du club, allant des questions financières à la gestion plus générale, et toujours avec le temps contre elle. Si elle peut assumer à la fois les rôles de joueuse et de manager, c'est parce qu'elle a un objectif clair.

« Lorsque j'ai participé aux Jeux de Rio 2016, objectif et motif étaient mélangés. Mon objectif était de gagner la médaille d'or, mais je n'avais pas de véritable raison d'obtenir une médaille. Un objectif sans raison n'a pas de sens. Quand je n'ai pas réussi à atteindre mon objectif, mon moral est tombé au plus bas, avec le sentiment que ma vie était finie. »

« Maintenant, j'ai un raison d'atteindre cet objectif : valoriser le rugby féminin. Tant que je peux y parvenir, je ne me soucie pas de la manière dont je le fais. Si le plan A ne fonctionne pas, je peux essayer le plan B. J'ai le sentiment d'avoir toujours une autre voie à suivre. C'est pourquoi je peux poursuivre ma mission », explique-t-elle.

Quatre années se sont écoulées depuis les derniers Jeux Olympiques et, bien qu'elle avait pour objectif la médaille d'or à Rio 2016, l'équipe japonaise a terminé à la dixième place avec une victoire et quatre défaites. Malgré cela, l'expérience leur a permis d'apprendre.

« Quand j'y repense, j'étais en phase de préparation pour devenir athlète jusqu'aux Jeux de Rio 2016. Je n'avais pas compris l'essence des Jeux Olympiques. Nous ne pouvions pas gagner parce que nous cherchions des résultats sans penser à ce qui est vraiment important. Après Rio 2016, je suis devenue plus consciente de ce statut d'athlète, en essayant non seulement de réaliser de bonnes performances, mais aussi d'intégrer ma mentalité positive dans mon jeu. C'est le plus grand changement que j'ai apporté au cours des quatre dernières années. »

La forte détermination de Nakamura est la clé de sa capacité à rebondir après un revers et à aller de l'avant.

Avec Nakamura et l'équipe féminine de rugby à sept qui vise l'or aux Jeux de Tokyo 2020, le but ultime est d'aider le rugby féminin à se développer beaucoup plus au Japon.