Miles Chamley-Watson : d’escrimeur à icône de la mode

L'Américain Miles Chamley-Watson avec sa médaille de bronze au Today Show le 13 août 2016.
L'Américain Miles Chamley-Watson avec sa médaille de bronze au Today Show le 13 août 2016.

Loin des grandes stars des Jeux Olympiques, des dizaines d'athlètes doivent exercer une autre profession pour subvenir à leurs besoins. De fermiers à banquiers, les métiers sont nombreux et Tokyo 2020 se penche sur certains de ces athlètes qui espèrent jouer un rôle lors des prochains Jeux Olympiques. Cette semaine, nous vous présentons Miles Chamley-Watson, l'escrimeur américain qui a fait son chemin des pistes aux podiums.

Fiche d’identité

  • Nom : Miles Chamley-Waston
  • Âge : 31 ans
  • Pays : États-Unis
  • Sport : Escrime

Sa vie sportive

Lorsque Miles Chamley-Watson a tenté l’escrime pour la première fois, sa mère n'avait qu'un seul espoir : qu'il puisse essayer au moins pendant trois mois. À l'époque, il était atteint de Trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH).

Il a adoré ce sport dès le premier jour et n’a jamais arrêté depuis plus de 20 ans maintenant.

Chamley-Watson était particulièrement attiré par la proximité entre lui et son adversaire.

« Vous êtes dans un combat à l'épée. C'est vous et votre adversaire avec la même arme dans la main - qui est le meilleur ? », a-t-il déclaré au Red Bulletin.

L’escrime l’a non seulement aidé à se concentrer, mais elle l’a aussi aidé à rentrer dans l’histoire. Bien qu'il ait terminé 25e lors de ses premiers Jeux Olympiques à Londres en 2012, il est devenu le premier escrimeur américain à remporter un titre individuel de champion du monde senior l'année suivante.

Chamley-Watson et ses coéquipiers ont également remporté une médaille d'argent lors de ce championnat, la première médaille du monde senior remportée par l'équipe masculine américaine de fleuret. À Rio 2016, l'équipe a écrit une nouvelle page de l'histoire en remportant leur première médaille olympique après avoir battu l'Italie dans le match de bronze.

Race Imboden, Gerek Meinhardt, Alexander Massialas et Miles Chamley-Watson des États-Unis attendent dans la salle orange du Today Show le 13 août 2016.
Race Imboden, Gerek Meinhardt, Alexander Massialas et Miles Chamley-Watson des États-Unis attendent dans la salle orange du Today Show le 13 août 2016.
Photo de Harry How/Getty Images

L'année dernière, alors que la pandémie venait de commencer, Chamley-Watson a reconnu que la situation était difficile à appréhender. Lors d'un entretien podcast avec le rider français de BMX Matthias Dandois en juillet dernier, il a déclaré qu'il était en Californie depuis trois mois. Il était rarement resté au même endroit plus de quatre jours lorsqu'il y avait des compétitions.

Mais le double champion olympique a fini par changer d'avis.

« C'est une sorte de bénédiction bizarre, une bénédiction difficile, mais je suis heureux d'avoir pu trouver le côté positif de cette situation » a déclaré Chamley-Watson, qui a commencé à tester de nouvelles méthodes telles que l'entraînement sur Zoom.

Désormais classé cinquième aux États-Unis, il se bat toujours pour une place dans l'équipe pour Tokyo 2020. Seuls les quatre meilleurs escrimeurs gagnent leur place dans l'équipe des États-Unis. Malgré l'incertitude quant à la qualification, il continue de poursuivre son objectif olympique.

« Je ne m'arrêterai pas avant d'y être arrivé », a-t-il déclaré à Dandois.

Sa vie professionnelle

Si de nombreux coéquipiers de Chamley-Watson, dont le numéro trois mondial Gerek Meinhardt, ont un autre métier à côté de l'escrime, celui qu'il a choisi est peut-être le moins orthodoxe.

Avec son physique déchiré, sa teinture blonde et ses tatouages, son apparence peu conventionnelle d'escrimeur lui a valu un énorme intérêt de la part du monde de la mode. Il est aujourd'hui mannequin pour IMG, participe à la Fashion Week de New York et défile pour de grandes marques de mode.

Jon Batiste, Paloma Elsesser, Michael B. Jordan, Megan Thee Stallion et Miles Chamley-Watson assistent au défilé de mode de Coach 1941 en février 2020 pendant la Fashion Week de New York.
Jon Batiste, Paloma Elsesser, Michael B. Jordan, Megan Thee Stallion et Miles Chamley-Watson assistent au défilé de mode de Coach 1941 en février 2020 pendant la Fashion Week de New York.
Photo de Dimitrios Kambouris/Getty Images

Mais pour lui, devenir une icône de la mode dépasse son amour du style. Il a décrit sa réussite en dehors des pistes comme une « saine distraction » qui lui procure à la fois une sécurité financière et des chances de promouvoir l'escrime.

« Mon but est de le faire connaitre l’escrime au grand public. Nous avons le potentiel pour passer à la télévision tous les jours. Il est évident que les Jeux Olympiques et les Championnats du monde sont importants pour ce sport, mais je pense qu'il y a tellement d'autres moyens d'amener les téléspectateurs vers notre discipline », a-t-il déclaré dans une interview avec un sponsor. « Je vais faire en sorte que ce sport devienne populaire, c'est certain ! »

Il a même créé un slogan pour transmettre son message : « Create a legacy, not a moment » (Créez un héritage, pas un instant)

Grâce à sa personnalité hors norme, Chamley-Watson espère également pouvoir inspirer la jeune génération à sortir des sentiers battus, en particulier pour ceux qui envisagent de pratiquer un sport moins médiatique que certains.

« Croyez en vous, fixez-vous des objectifs et travaillez plus dur que les autres », a-t-il déclaré.

Alors que la compétition d'escrime de Tokyo 2020 doit commencer le 24 juillet , l'élégant Chamley-Watson sera-t-il de la partie derrière son masque emblématique ?