Masters de Doha : confirmation pour les filles et retour au sommet pour Teddy Riner

Osaka, JAPON - 22 novembre 2019 : La Française Amandine Buchard (en blanc) célèbre sa victoire contre la Japonaise ABE Usa (en bleu) en finale du Grand Slam d’Osaka.
Osaka, JAPON - 22 novembre 2019 : La Française Amandine Buchard (en blanc) célèbre sa victoire contre la Japonaise ABE Usa (en bleu) en finale du Grand Slam d’Osaka.

L’équipe de France a une nouvelle fois brillé sur un tournoi majeur en terminant première au classement des médailles, à six mois des Jeux de Tokyo 2020.

Le Masters de Doha réunissait les 36 meilleurs judokas mondiaux de chaque catégorie du 11 au 13 janvier et était très attendu. Et l’équipe de France a conforté son statut de grande nation du judo.

D’abord, le tournoi qatarien était le théâtre du grand retour de Teddy Riner sur la scène internationale, un an après avoir connu sa première défaite depuis 2010 contre KAGEURA Kokoro, après 154 combats victorieux. La pression était forte mais une nouvelle fois, le double champion olympique des +100 kg a répondu présent.

C’était également l’occasion pour les judokates françaises de confirmer les bons résultats des Championnats d’Europe 2020 (19-21 novembre), où elles avaient remporté cinq médailles d’or sur sept possibles. C’est également chose faite et c’est notamment grâce à elles que la France a pu terminer première nation au classement des médailles, avec cinq médailles d’or, une en argent et une en bronze, devant la République de Corée (trois médailles d’or) et le Japon (deux médailles d’or, cinq en argent).

Teddy Riner a été scruté de près

Il aura fallu attendre le dernier jour de compétition pour voir le maître de la catégorie des +100 kg masculine entrer en scène. Le colosse n'a pas déçu, éliminant ses adversaires un à un pour se hisser en finale contre le numéro 3 mondial, le Russe Inal Tasoev. Menant au score grâce à une attaque placée en contre, le judoka de 31 ans a remporté le combat aux pénalités. Suffisant remporter son quatrième titre au Masters, après 2010, 2011 et 2015.

Satisfait de son retour sur le tatami international, Teddy Riner a remporté 1800 points au classement, ce qui lui permet de se rapprocher du top 10 mondial. Un paramètre capital pour bénéficier du statut de tête de série aux Jeux de Tokyo 2020.

« La satisfaction est grande mais il ne faut pas se tromper d’objectif », tempère celui qui visera un triplé à Tokyo l’été prochain. « [Au Masters], je voulais voir où j’en étais, prendre des informations et des points pour la qualification, et c’est chose faite. Je suis très content de ma journée. »

Il a également confié avoir été scruté par ses adversaires, curieux de voir le « nouveau » Teddy Riner, qui s’est rapproché de son poids de forme avec 139 kg.

« Forcément je mets les pendules à l’heure, ça envoie un message fort. J’ai vu les regards des adversaires, notamment sur mon poids et ma musculature qui était un peu partie aux oubliettes », concède-t-il, avant de conclure sur son objectif principal : les JO.

« Chaque compétition a son histoire et celle de Tokyo 2020 arrivera quand elle arrivera. À moi de continuer à travailler. […] Je suis de retour et je compte bien gagner le plus de médailles. »

Amandine Buchard a doré la première journée

Du côté des filles, une nouvelle pluie de médailles est tombée au Qatar : six au total. La numéro 1 mondiale Amandine Buchard a ouvert le bal chez les -52 kg en remportant la médaille d’or. En finale, elle a battu la numéro 3 mondiale, la Japonaise SHISHIME Ai pour s’assurer la première victoire de sa carrière au Masters.

Dans la même catégorie, Astrid Gneto a remporté le bronze contre la Hongroise Reka Pupp, après neuf minutes de combat, le temps réglementaire étant de cinq minutes. Elle avait perdu en demi-finale contre Ai Shishime.

La médaillée de bronze aux derniers Championnats d’Europe en -57 kg Sara-Léonie Cysique s’est quant à elle adjugée la médaille d’argent, se faisant surprendre au sol en finale par la Japonaise YOSHIDA Tsukasa, après neuf minutes de combat également.

Agbégnénou en or avant Tokyo 2020

La deuxième journée de compétition a vu la quadruple championne du monde Clarisse Agbégnénou remporter son deuxième Masters chez les -63 kg, après 2018. En finale, elle était opposée à la Japonaise NABEKURA Name, numéro 4 mondiale.

Si elle confirme ainsi son statut de numéro 1 mondiale, Agbégnénou estime cependant que tout n’a pas été parfait.

« J’ai pas mal de choses à travailler mais je suis bien mentalement. Je ne vais pas lâcher et continuer comme ça. »

À six mois des Jeux, la judokate française vise une médaille d’or à Tokyo 2020, après avoir remporté l’argent à Rio 2016.

C’était important de monter sur le tatami avec l’aura et le statut d’une championne.

Frayeur pour Malonga, qui remporte l’or

Lors du troisième et dernier jour de compétition, la championne du monde 2019 des -78 kg Madeleine Malonga n’a pas déçu en remportant la médaille d’or. En finale contre sa rivale japonaise HAMADA Shori, finaliste aux derniers Championnats du monde, Malonga a dû subir une séquence au sol où elle aurait pu perdre le combat, mais elle a parfaitement défendu et a conservé son avance au score.

« J’étais préparée à ce qu’elle aille au sol. Je venais de marquer un waza-ari donc c’était hors de question de lâcher à ce moment-là. Il y a eu de la maitrise. C’était important de monter sur le tatami avec l’aura et le statut d’une championne. »

Premier Masters à 21 ans pour Romane Dicko

La jeune Romane Dicko, qui a remporté son deuxième titre de championne d’Europe il y a près de deux mois à tout juste 21 ans, a elle aussi été au rendez-vous en remportant sa catégorie des +78 kg.

Dès le premier tour, elle a dû faire face à la numéro 1 mondiale Idalys Ortiz et médaillée d’argent à Rio 2016. Elle est parvenue à se défaire de la Cubaine; sur un ippon qui plus est. Galvanisée, elle a ensuite remporté tous ses combats par ippon.

« Je n’étais pas tête de série et je n’avais pas un tableau très facile, c’est pour ça que je suis encore plus contente de cette médaille d’or. J’ai pris ça comme une chance [de rencontrer Ortiz] avant les JO. Je n’avais rien à perdre », se réjouissait-elle. « Ce n’était pas facile mais pour gagner les Jeux, il faut battre tout le monde. »