Marotte et les autres à la poursuite de Schurter

Rio de Janeiro, BRÉSIL - 11 octobre 2015 : Le Français Maxime Marotte lors du challenge international de CTT au complexe sportif Deodoro, à Rio de Janeiro.
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 11 octobre 2015 : Le Français Maxime Marotte lors du challenge international de CTT au complexe sportif Deodoro, à Rio de Janeiro.

Le vététiste français participera aux Championnats du monde 2020, le 10 octobre, où il tentera de gagner le maillot arc-en-ciel. Mais il faudra battre le champion olympique suisse et ogre de la discipline Nino Schurter. À moins d'un an des Jeux de Tokyo 2020, ces Mondiaux vont avant tout permettre de s'étalonner. 

C'est un luxe dont tous les sports olympiques ne peuvent pas jouir. Le VTT tient ses Championnats du monde en 2020, où la course de cross-country olympique (XCO) hommes et femmes aura lieu le 10 octobre à Saalfelden Leogang en Autriche.

« C’est un soulagement de pouvoir courir ces Mondiaux cette année où les Jeux ont été reportés », a-t-il confié lors d’une interview avec Tokyo2020.org.

Une concurrence rude

Dans la course féminine, la championne du monde en titre Pauline Ferrand-Prevot tentera de remporter un troisième maillot arc-en-ciel. La numéro 1 mondiale devra faire face à la concurrence de l’Américaine Kate Courtney, championne du monde 2018, ainsi que la Néerlandaise Anne Terpstra et l’Australienne Rebecca McConnell. La championne olympique suédoise de Rio 2016 Jenny Rissveds sera également une prétendante au titre.

Dans la course masculine, Maxime Marotte, quatrième à Rio 2016, sera en lice aux côtés de cinq autres français, notamment Victor Koretzky, 10e à Rio 2016. Ils rêvent tous de battre l'increvable Suisse Nino Schurter, 34 ans, qui a remporté les cinq derniers Championnats du monde et qui ira chercher son neuvième titre au total.

Une course plus ouverte

Seules deux étapes de coupe de monde ont été courues cette année, après l’annulation de tous les événements en raison de la pandémie de COVID-19. C’était à Nove Mesto en République tchèque (1-4 octobre). Marotte a terminé deuxième de la première course, deux places devant Schurter, et 11e de la deuxième course, où le Suisse a terminé 3e.

Ces résultats peuvent laisser penser que la course ne sera pas jouée d'avance et que les résultats seront peut-être moins prévisibles que lors des précédents Championnats du monde.

Tous les athlètes ont du traverser une préparation perturbée et Nino Schurter n’a pas occupé les premières places des dernières courses.

« La course semble être plus ouverte que ces dernières années », confirme Marotte. « Nino Schurter n’est pas aussi dominateur que ces dernières années et de nouveaux jeunes coureurs arrivent. À nous de saisir les opportunités s’il y en a. »

Schurter est tout de même favori

L’équipe de France de VTT essaiera de rééditer l’exploit de Julian Alaphilippe sur la route, il y a deux semaines lors des Championnats du monde à Imola en Italie. « On a tous envie de performer, on a tous bien sûr apprécier sa belle victoire. Ça motive tout le monde. On a une grosse densité d’athlètes et on est tous capables de monter sur le podium. L’équipe de France a ses cartes à jouer. »

Cinq français figurent dans le top 20 mondial : Victor Koretzky (4e), Stéphane Tempier (7e), Jordan Sarrou (8e), Maxime Marotte (13e) and Titouan Carod (15e). Pareil pour les Suisses de Nino Schurter, numéro 1 mondial et véritable mammouth du circuit depuis plus de dix ans.

Même s’il n’est pas monté sur la première marche du podium cette saison, il est clairement le favori comme l’explique Maxime Marotte.

« Il reste le favori pour les Championnats du monde. Il les a remportés à huit reprises et il sait comment gagner. Je pense qu’il a été un peu juste sur sa récupération et cette semaine de Coupe du monde lui a permis de monter en puissance. Il était meilleur sur la deuxième course de cross-country olympique. »

Se relever pour être plus fort

Ces mondiaux seront particulièrement intéressants comme étant le dernier championnat majeur avant la course olympique sur le parcours de VTT d’Izu, un « super circuit sur lequel la course devrait être serrée jusqu’au bout », prédit Marotte, qui a pu tester ces chemins japonais lors du test-event en octobre 2019.

Après avoir terminé à 10 secondes du podium à Rio 2016, Maxime Marotte fera tout ce qui est possible pour remporter une médaille à Tokyo 2020, tant l’expérience brésilienne a été frustrante.

« Ça a été un moment difficile dans ma carrière car j’espérais vraiment cette médaille au vu de ma saison 2016. »

Les déceptions font partie de la vie d’un athlète. J’ai même parfois l’impression que l’on vit plus de déceptions que de bons jours ! 

Mais à chaque fois on se relève et on revient plus fort.

Les Jeux sont incomparables

À Rio, Maxime Marotte était un candidat sérieux pour le podium mais il a du faire face à un problème de pédale au départ de la course et revenir dans le groupe de tête a nécessité un grand effort. Les Jeux de Rio 2016 étaient également ses premiers JO et pour le plus grand événement sportif de la planète, l’expérience compte. Surtout en amont de la compétition.

« À partir du moment où on est officiellement sélectionné, le téléphone n’arrête pas de sonner. Dès que l’on croise quelqu’un dans la rue, on parle constamment des JO. Ça vient d’une bonne intention et c’est très cool mais au fond de nous, on aimerait bien parler d’autre chose. Ça fait monter la pression pendant deux ou trois mois, et ce n’est pas simple à gérer ! »

Autre paramètre à prendre en compte : une fois arrivé au village olympique, tout change.

« Dès que l’on est arrivé à Rio, tout est devenu différent de ce que l’on vit au quotidien. Même avec ce que nous disent ceux qui ont déjà participé aux Jeux, on a du mal à s’imaginer vraiment ce que c'est. On se force à avoir des routines de performances mais quand on arrive aux Jeux, on ne peut pas trop les appliquer ! Donc il faut s’adapter. Avoir vécu cette expérience aide à prendre du recul par rapport à ça. »

« À Tokyo, je n’aurai pas le choix »

Le champion olympique Nino Schurter devrait toujours être favori pour conserver son titre à Tokyo l’année prochaine. « Le circuit lui convient bien », assure Marotte à propos de son confrère suisse, dont la régularité au sommet du VTT mondial est impressionnante.

Schurter a remporté le bronze à Beijing 2008, l’argent à Londres 2012 et l’or à Rio 2016. Il tentera de conquérir une seconde fois le titre suprême pour rejoindre le Français Julien Absalon, le seul vététiste à avoir remporté deux titres olympiques depuis l’introduction du sport au programme olympique à Atlanta 1996.

« Les mecs comme Nino ou Julien ont quelque chose en plus que les autres athlètes. Bien sûr, ils ont des qualités hors norme, mais ils ont surtout une grande capacité à faire les choses intelligemment, à travailler dur et à être fort mentalement. Ils sont complets et n’ont pas de points faibles. Ils ont accumulé tant d’expérience que lorsqu’on se retrouve face à des grands champions comme eux, ils ont déjà vécu 40 ou 50 fois la situation que nous vivons épisodiquement. De fait, c’est très difficile de les battre. Mais ce n'est pas impossible... »

Car Marotte sait que dans ce genre de course, tout est possible. Et remporter une médaille fait partie des options possibles. Enfin selon lui, ce n’est pas vraiment une option : « Si je me qualifie pour Tokyo, je n’ai pas le choix. Je dois ramener la breloque », assène-t-il.

Vélo Tout Terrain: Finale Homme | Replays de Rio 2016
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