Marathon de Londres : Kipchoge contre Bekele pour la « course du siècle »

Londres, ANGLETERRE - 28 avril 2019 : Le Kenyan Eliud Kipchoge, vainqueur du marathon de Londres 2019.
Londres, ANGLETERRE - 28 avril 2019 : Le Kenyan Eliud Kipchoge, vainqueur du marathon de Londres 2019.

Tous les regards seront tournés vers Londres ce week-end, où la course la plus attendue de l'année aura lieu à St. James's Park avec des qualifications pour Tokyo 2020 a la clé.

Ce dimanche 4 octobre, la 40e édition du marathon de Londres aura lieu. En temps normal, plus de 40 000 coureurs s'affronteraient dans les rues de la capitale britannique. Mais cette année est tout sauf une année normale.

Avec les perturbations causées par la pandémie de COVID-19, le marathon a d'abord été reporté d'avril à octobre, avant d'être entièrement déplacé à St. James's Park. Le groupe de coureurs élite sélectionné pour l'épreuve courront sur une boucle de 2,1 km pendant 19,6 tours.

Il n'y aura pas de public pour encourager les athlètes, car les coureurs ont passé ces derniers jours à se préparer dans une « bulle sécurisée ».

Mais rien de tout cela n'empêchera cette course de devenir sans aucun doute la plus attendue de l'année - si ce n'est du siècle jusqu'à présent.

Tokyo 2020 vous explique pourquoi.

Kipchoge contre Bekele

Pourquoi la course masculine est si alléchante ? C'est sans aucun doute pour le face-à-face entre l'actuel détenteur du record du monde de marathon, le Kenyan Eliud Kipchoge, et la légende éthiopienne de la course longue distance Kenenisa Bekele.

Kipchoge espère remporter son 5e marathon de Londres consécutif dimanche prochain, et bien qu'il soit le seul homme à avoir couru la distance de 42,195 km en moins de deux heures - un temps officieux de 1 h 59 min 44 s 2 établi il y a presque un an lors de la course INEOS à Vienne - Kipchoge sera confronté à la plus féroce concurrence jusqu'à présent.

Le 29 septembre 2019, Kenenisa Bekele, triple médaillé d'or olympique et actuel détenteur du record du monde du 10 000 mètres, a montré son immense talent sur marathon en terminant le marathon de Berlin 2019 en 2 h 01 min 41 s, deux petites secondes derrière le record du monde officiel de Kipchoge.

La scène est prête pour une incroyable bataille tactique, de détermination et de haut niveau ce dimanche.

Kipchoge a donné son impression pour la course de ce weekend : « Je veux entrer dans l'histoire en étant le premier homme à courir cinq fois à Londres et à gagner cinq fois... Je sais que je vais faire le meilleur chrono et il est vraiment crucial pour moi de gagner Londres pour la cinquième fois. »

Et bien qu'ils soient, selon les termes de Bekele, « des rivaux et des amis de longue date », le coureur éthiopien espère faire sortir Kipchoge de sa zone de confort dès le début de la course, dimanche matin.

« Du début à la fin, je veux être en contrôle. Je veux arriver en tête, du début à la fin. Peu importe ce qui se passe entre temps », a déclaré Bekele. « Gagner ici est une énorme chance pour moi. »

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Hi London!

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Les plus grands coureurs jamais rassemblés ?

Kipchoge et Bekele seront les stars de la course, mais ils ne sont pas les seuls talents à s'aligner pour cette course où l'élite masculine sera présente. Sur un total de 45 concurrents choisis spécifiquement pour l'événement, cinq d'entre eux ont un record personnel inférieur à 2 h 04 min, huit en dessous de 2 h 05 min et 11 en dessous de 2 h 06 min.

Et pour ajouter un peu plus de piquant à une épreuve déjà très attendue, un groupe de huit coureurs élite mènera la course sur les premiers 30 km, emmenés par le quadruple champion olympique Sir Mo Farah et le Kenyan Victor Chumo.

Ni Kipchoge ni Bekele n'ont révélé le rythme qu'ils attendent des lièvres, on s'attend à ce qu'ils soient très rapides sur ces 30 premiers kilomètres. « Le rythme va être très soutenu », a expliqué Bekele. « Je n'ai jamais vu le rythme ralentir, surtout au Marathon de Londres ! »

Pour un certain nombre d'athlètes, la course de dimanche leur donne également l'occasion de réaliser leur rêve olympique après que World Athletics ait levé l'arrêt du système de qualification olympique le 1er septembre. Les minima olympiques sont de 2 h 11 min 30 s pour les hommes et de 2 h 29 min 30 s pour les femmes.

La course élite masculine commencera le dimanche 4 octobre à 11 h 15 CEST.

Kosgei veut défendre son titre

L'année dernière, la course féminine a vu la Kenyane Brigid Kosgei devenir la plus jeune à remporter l'épreuve, réalisant le troisième meilleur temps de l'histoire après celui de Paula Radcliffe en 2005 (2 h 17 min 42 s) et le record du monde actuel de Mary Keitany en 2017 (2 h 17 min 01 s). Elle cherche maintenant à défendre son titre face à un groupe qui comprend ses compatriotes Vivian Cheruiyot, la gagnante de 2018, et Ruth Chepngetich, la championne du monde en titre.

La gagnante du marathon de Valence 2019 Roza Dereje sera à la tête du contingent éthiopien, tandis que les États-Unis seront représentés par Molly Seidel, qui s'est qualifiée pour les Jeux Olympiques au début de l'année lors de son tout premier marathon.

Lors de la conférence de presse officielle de jeudi, Kosgei a évoqué sa volonté de faire une belle performance, notamment en vue des JO de Tokyo 2020 : « Je vais essayer de faire de mon mieux pour être sélectionnée pour les Jeux Olympiques de l'année prochaine. »

Lorsqu'elle a évoqué l'éventualité de battre un nouveau record du monde ce dimanche à Londres, la Kenyane a émis ses reserves : « Nous n'avons pas un groupe comme l'année dernière, où nous étions toutes ensemble et nous nous sommes poussées mutuellement. Ce n'est pas comme à Chicago [lieu de son record du monde dans une course mixte en 2019], mais je vais faire de mon mieux. »

La course élite féminine commencera le dimanche 4 octobre à 8 h 15 CEST.

Londres, ANGLETERRE - 28 avril 2019 : La Suisse Manuela Schar après sa victoire du marathon de Londres 2019 en fauteuil roulant..
Londres, ANGLETERRE - 28 avril 2019 : La Suisse Manuela Schar après sa victoire du marathon de Londres 2019 en fauteuil roulant..
Photo de Naomi Baker/Getty Images

La course en fauteuil roulant de Londres 2020

Deux courses élites en fauteuil roulant auront également lieu à Londres, avec notamment Manuela Schar qui essaiera de rafler un second titre consécutif.

L'athlète suisse a remporté neuf marathons majeurs successifs et le coronavirus l'a empêché de participer au marathon de Tokyo.

Elle a déclaré au Abbott World Marathon Majors en avril dernier : « Des mois entiers sans course. C'est une toute nouvelle situation. J'ai généralement besoin de motivation pour mon entraînement, cette sensation de compétition. Surtout avec le report des Jeux Paralympiques », a-t-elle déclaré en avril dernier à Abbott World Marathon Majors.

Mais sa forme est toujours au top. En août, elle a même battu le record du monde du 1 500 m T54, vieux de cinq ans, sur la piste de Nottwil en Suisse.

La plus grande rivale de Schar pourrait être Shelly Woods, qui a remporté Londres à deux reprises, absente du circuit pendant quatre ans à la suite de la naissance de son fils.

Avec le forfait tardif de du champion en titre Daniel Romanchuk, la course masculine pourrait se résumer à un duel entre le double vainqueur Marcel Hug et le favori local David Weir.

Âgé de 41 ans, Weir participera à son 41e marathon de Londres et tentera de remporter une neuvième victoire après son dernier succès en 2018.

Son rival suisse Marcel Hug, surnommé La balle d'argent, est champion paralympique en titre sur marathon et sur 800 m.

Londres, ANGLETERRE - 26 avril 2020 : Le 40e marathon de Londres devait avoir lieu ce jour-là, avec des milliers de coureurs. Il a été reporté au 4 octobre en raison de l'épidémie de coronavirus (COVID-19).
Londres, ANGLETERRE - 26 avril 2020 : Le 40e marathon de Londres devait avoir lieu ce jour-là, avec des milliers de coureurs. Il a été reporté au 4 octobre en raison de l'épidémie de coronavirus (COVID-19).
Photo de Alex Davidson/Getty Images

Parcours en boucle : quelle conséquences sur les chronos ?

Ce sera la première fois de l'histoire que le marathon de Londres se déroulera sur un parcours en boucle autour de St. James's Park. Et ce paramètre pourrait peser sur les chronos finaux.

Se pourrait-il que des records du monde soient battus ?

Sur le papier, le parcours plat pourrait être un avantage pour les athlètes, qui ne devront gérer ni les montées ni les rues escarpées de Londres. Mais d'un autre côté, les coureurs devront réaliser beaucoup plus de virages et cela pourrait ralentir le rythme.

Le directeur de course Hugh Brasher n'a quant à lui aucun doute sur les bons chronos qui vont être réalisés, s'il ne pleut pas : « Nous faisons l'opposé de la danse de la pluie » a-t-il ironisé. « Mais je crois qu'il y aura des courses incroyables, qui resteront gravées dans les mémoires pendant longtemps, et elles pourraient être très rapides. »

Si Bekele s'est montré plus dubitatif quant à la rapidité de la course, déclarant pendant la conférence de presse d'avant-course que « ce n'est pas facile de faire des virages, il y a beaucoup de kilomètres et on pourrait perdre de la vitesse et quelques secondes », Kipchoge a semblé plus confiant : « Concernant les tours à réaliser, il n'y aura aucun problème. Je pense que nous allons faire une bonne course et donner le meilleur de nous-même ce dimanche. »