Mahut, une ambition olympique de Junior

Nicolas Mahut ému après une victoire en double avec Pierre-Hugues Herbert face à Raven Klaasen et Michael Venus en finale du Nitto ATP le 17 novembre 2019 à Londres.
Nicolas Mahut ému après une victoire en double avec Pierre-Hugues Herbert face à Raven Klaasen et Michael Venus en finale du Nitto ATP le 17 novembre 2019 à Londres.

Nicolas Mahut a les yeux tournés vers Tokyo, malgré ses 38 ans et le report d'un an. Le spécialiste du double compte bien réparer l'anomalie de Rio 2016 et garnir son armoire à trophées.

On peut avoir 38 ans, avoir gagné 30 titres – dont les quatre tournois du Grand Chelem - et conservé une ambition de jeunot. C’est le cas de Nicolas Mahut. Le tennisman français, numéro 3 mondial du double, compte bien aller à Tokyo l’an prochain. Et pas pour y faire du tourisme.

Dans un entretien au journal Ouest-France, l’Angevin a expliqué sans détour que son envie de participer aux Jeux avait joué dans sa décision de poursuivre sa carrière. « À partir du moment où les Jeux ont été reportés d’un an, j’ai décidé de repartir pour une saison. Ce sera toujours mon objectif. Cette année, ma qualification était presque acquise. J’étais 3e mondial avant le confinement. S’il faut le refaire, je le referai. Ma détermination n’a pas été ébranlée. »

Loin de remettre en cause la décision du report des Jeux pour cause de coronavirus, le vainqueur de l’Open d’Australie 2019 en double a cependant pris un coup sur la tête en apprenant la nouvelle. Car il avait organisé sa saison avec l’objectif olympique en tête.

« C’était une décision presque inévitable, ça n’a pas été un choc mais plutôt une déception. J’avais planifié ma saison en fonction des JO, j’ai donc dû le digérer. Mais rapidement j’ai basculé sur 2021. Je me sens capable d’arriver en forme dans un an », rassure-t-il.

Une médaille aux Jeux représente sans doute le dernier trophée majeur à ajouter sur sa cheminée. Nico a en effet gagné les quatre titres du Grand Chelem, la Coupe Davis avec la France (2017), le Masters en 2019 et sept Masters 1000.

S’il n’évoque pas l’idée d’une revanche, on ne peut s’empêcher de penser à Rio 2016 : avec son compère Pierre-Hugues Herbert, ils étaient arrivés avec le statut de grand favori comme paire numéro 1 mondiale et avaient dû ranger les raquettes dès le premier tour, après être tombé sur un os colombien, la paire Cabal-Farah (6-7, 3-6).

À n’en pas douter, ce revers douloureux est dans un coin de leur tête. « On s’est parlé et l’objectif est bien entendu d’aller à Tokyo et de décrocher une médaille. On a le même objectif à ce niveau-là », précise d’ailleurs Mahut.

Une performance au Japon pourrait même lui donner l’envie de ne pas raccrocher la raquette tout de suite, pense-t-il. « Est-ce que je continuerai en ciblant quelques tournois en double pour me faire plaisir, continuer à voyager et faire les tournois qui me plaisent parce que j’adore ça ? Où est-ce que je continuerai avec des objectifs élevés et de l’ambition ? Où est-ce que j’arrêterai ? Ce sont les trois questions auxquels il faudra que je réponde ». Questions épineuses mais Mahut a tout le temps qu’il faut pour y répondre…