Les athlètes sont de retour à l’INSEP, lieu d’excellence du sport français

Le tartan de la piste d'athlétisme de l'Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance à Paris.
Le tartan de la piste d'athlétisme de l'Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance à Paris.

Après plus de deux mois d’arrêt, le centre national de la performance sportive française a rouvert ses portes, accueillant progressivement le retour des athlètes. Les conditions sont strictes et les tests seront nombreux avant de reprendre la préparation olympique. 

Habituellement, ce sont environ huit cents athlètes qui s’y entraînent. Tous sports confondus. Ils ne sont pas tous de retour, mais l’INSEP (Institut National du Sport et de l’Expertise et de la Performance) a rouvert ses portes après neuf semaines de fermeture en raison de la pandémie de COVID-19. Un soulagement pour les sportifs de haut niveau français.

Cette « rentrée » est bien évidemment progressive et effectuée dans des conditions sanitaires strictes afin de respecter tous les protocoles mis en place par le gouvernement. La ministre des sports Roxana Maracineanu, ancienne nageuse médaillée d’argent en 200 m dos aux Jeux Olympiques de Sydney 2000, s’est d’ailleurs déplacée pour la réouverture en expliquant qu’il était « important pour les sportifs de haut niveau de retrouver le chemin de l’entraînement et la dynamique de groupe », au micro de Sport 24.

Elle a cependant rappelé à l’AFP que la reprise devra se faire « en limitant le nombre à dix et en respectant les mesures de distanciation et les gestes barrière ».

Reprise en douceur

Pour le moment, le campus sportif parisien n’accueille pas la totalité de ses pensionnaires. Seulement une soixantaine d’athlètes sont de retour, le reste se fera petit à petit. Pongistes, lutteurs, haltérophiles ou plongeurs, la liste est encore courte. 

Et pas question de reprendre l’entraînement dans les conditions intensives, comme les athlètes en ont l’habitude. L’été sera consacré à effectuer de nombreux tests afin de mesurer les effets de l’arrêt du sport à haute dose chez les athlètes de haut niveau. L’idée étant de ne pas traumatiser les corps et d’éviter tout type de blessures. 

« Jusqu’en septembre, nous allons recueillir des informations physiques, psychiques et biomécaniques qui nous permettront de disposer d’une photographie de chaque profil, expliquent Nicolas Prévost et Enguerand Aucher, préparateurs physiques à l’INSEP. Un test de profilage dynamique est déjà disponible en ligne. »

Le directeur du pôle médical de l’institut, Dr. Sébastien Le Garrec, ajoutant que le maître mot de ce protocole de réathlétisation est « l’écoute ».

Objectif Tokyo 2020

Gany Yalouz, directeur général de l’INSEP, se réjouit de pouvoir accueillir de nouveau les athlètes.

«C’est un peu comme une nouvelle rentrée » explique-t-il à Sport 24. « La reprise est et sera progressive. Quand on me parle de la perspective des JO de 2024 à Paris, moi, je réponds que je souhaite déjà me concentrer sur l’année 2021… »

Le judoka Axel Clergé, qualifié pour ses premiers Jeux à l’âge de 33 ans ajoute : « il n'y a qu'une seule date en tête en ce moment : juillet 2021 ». Le 23 juillet plus précisément, date à laquelle débuteront les Jeux de Tokyo.

Matthieu Rosset, qui a participé aux Jeux Olympiques de Londres 2012 et Rio 2016 en plongeon à 3 m visera lui aussi les Jeux Olympiques de Tokyo 2020. Cette fois, ce sera à 10 m en compagnie de Benjamin Auffret en synchronisé. Il est lui aussi de retour à l’INSEP et après deux mois sans entraînement, il faudra du temps pour retrouver les sensations. Sur son compte Instagram, il a posté son premier plongeon de reprise, à 3 m, y ajoutant un commentaire teinté d'humour, « c’est haut ! ». Chaque chose en son temps…