Premiers souvenirs olympiques : les athlètes partagent leur coup de foudre avec les Jeux (V)

Flames from the cauldron rise in front of the official Olympic flag during the Opening Ceremony of the XXIV Summer Olympic Games on 17th September 1988 at the Seoul Olympic Stadium (Photo by Allsport/Getty Images)
Flames from the cauldron rise in front of the official Olympic flag during the Opening Ceremony of the XXIV Summer Olympic Games on 17th September 1988 at the Seoul Olympic Stadium (Photo by Allsport/Getty Images)

À seulement un an des prochains Jeux Olympiques, Tokyo 2020 a demandé aux athlètes du monde entier de partager leurs premiers souvenirs des Jeux Olympiques. Dans le quatrième article de la série, la parole à Paola Espinosa, Mickaël Mawen, Antonio Díaz, Michelle Bromley et Rommel Pacheco. 

Paola Espinosa, Mexique, plongeon

Médaille de bronze à Pékin 2008 et médaille d'argent Londres 2012 (plongeon synchronisé féminin à 10 m)

Paola Espinosa of Mexico competes during the Women's 10m Platform Diving preliminaries at the Rio 2016 Olympic Games (Photo by Al Bello/Getty Images)
Paola Espinosa of Mexico competes during the Women's 10m Platform Diving preliminaries at the Rio 2016 Olympic Games (Photo by Al Bello/Getty Images)
2016 Getty Images

Mon meilleur souvenir c'est de monter sur la plateforme à 10 m,

plonger dans la piscine et voir l'inscription ‘Athens 2004’ au fond

Ces Jeux ont été spéciaux pour moi [Athènes 2004], c'était mes premiers, vous pouvez vous imaginer ! Quand j'ai eu 11 ans j'ai quitté la maison, ma famille, pour réaliser mon rêve olympique.

J'ai atteint mon but à 17 ans. J'étais la plus jeune athlète de la délégation mexicaine. Tout m'impressionnait ! Même avant d'être aux Jeux, lorsqu'ils m'ont donné ma valise avec mon uniforme, pleine de trucs super cool, un uniforme avec 'Mexique' écrit dessus... Je me suis sentie très spéciale. Je pensais que j'avais déjà réalisé mon rêve, que j'étais heureuse. J'ai senti que tout ce que j'avais fait, y compris quitté ma famille, avait payé.

Toute la délégation a voyagé ensemble, il y avait des athlètes de tous sports. A ce moment précis, vous réalisez que c'est un événement génial.

Et puis je suis arrivé en Grèce, j'ai vu la piscine, qui était magnifique. Le Village Olympique, incroyable. La nourriture, délicieuse.

Je voulais vraiment venir à ces Jeux et prouver que, même s'il y avait tant d'athlètes présents que j'admirais, moi aussi j'étais bonne et que je m'étais préparé à fond.

Le moment le plus spécial c'est quand je suis monté sur la plateforme à 10 m, j'ai plongé dans la piscine et j'ai vu l'inscription 'Athènes 2004' avec les anneaux olympiques au fond. Pour moi c'était comme un aboutissement, comme si je disais 'j'y suis, ça valait la peine'. C'est mon souvenir le plus fort.

Paola Espinosa partage son premier souvenir olympique

Mickaël Mawen, France, escalade sportive

Qualifié pour Tokyo 2020 et Champion d'Europe actuel de Bloc

Chamonix, FRANCE - July 2018 : Les frères Mawem pendant la Coupe du monde d’escalade IFSC 2018 à Chamonix. Bassa (à droite), l’ainé, a remporté l’épreuve de vitesse.
Chamonix, FRANCE - July 2018 : Les frères Mawem pendant la Coupe du monde d’escalade IFSC 2018 à Chamonix. Bassa (à droite), l’ainé, a remporté l’épreuve de vitesse.
IFSC-Eddie Fowke

Quel que soit votre adversaire, il faut tout donner,

parce que vous gagner toujours si vous vous donnez à fond

J’ai un petit souvenir qui m’a marqué, c’est surtout au judo. Les combats de Teddy Riner. Teddy Riner, grand athlète, plus grand que tout le monde, plus fort que tout le monde… 

Du coup ce qui m’a marqué c’est les autres athlètes, comment ils abordaient leur match en sachant c e qu’il allait se passer, et du coup ils ne se donnaient pas à fond.

Moi c’est ce qui m’a permis de me dire, en tous cas dans mon sport, ‘c’est pas comme ça que je veux que ça se passe’. Quel que soit son adversaire, il faut se donner à fond parce qu’on en ressort gagnant quand on arrive à donner son maximum, que ça marche ou que ça ne marche pas, donc allez-y à fond !

Mickaël Mawem partage son premier souvenir olympique

Antonio Díaz, Vénézuéla, karaté

Deux fois champion du monde de kata, deux fois médaille d'or aux Jeux Mondiaux et 16 fois champion Pan Américain

Antonio Diaz (VEN) exécute un kata lors de l'édition 2016 du Karate 1-Premier League d'Hamburg.
Antonio Diaz (VEN) exécute un kata lors de l'édition 2016 du Karate 1-Premier League d'Hamburg.
Photo par WKF

Je me souviens de suivre Séoul 1988 à la télé.

Rentrer à la maison pour suivre les compétitions et regarder absolument tout.

Mon premier souvenir clair, ce sont les Jeux de Séoul 1988. Je me souviens de les regarder à la télé, rentrer à la maison pour suivre les compétitions et regarder absolument tout.

Je me disais à l'époque que ça serait génial de pouvoir participer à un tel événement. Je faisais déjà du karaté mais je n'imaginais pas devenir un sportif de haut niveau.

Je me souviens avoir regardé plein de sports, pas seulement les traditionnels comme l'athlétisme ou la natation. Je me souviens de ces Jeux même si mes souvenirs ne sont pas très précis. Je me revois suivre la compétition de plongeon, avec le fameux accident de Greg Louganis. Et puis d'autres sports pas très populaires. Ma mémoire est plus précise pour les Jeux de Barcelone en 1992. Je me souviens très bien du basket, je suivais la NBA du coup pendant les Jeux, j'ai suivi la Dream Team comme un fou.

Antonio Diaz partage son premier souvenir olympique

Michelle Bromley, Australie, tennis de table

Qualifiée pour Tokyo 2020, ses premiers Jeux Olympiques.

Michelle Bromley celebrating winning the Australian Olympic qualification event.
Michelle Bromley celebrating winning the Australian Olympic qualification event.
Courtesy of Table Tennis Australia

Ce n'est pas seulement une histoire de médailles.

C'est tout le monde qui s'unit à travers le sport et qui célèbre l'humanité.

Mon premier souvenir fort des Jeux, c'est Sydney 2000 et Eric Moussambani, “Eric l'anguille” de Guinée Equatoriale, au 100 m nage libre. Il nageait pour la première fois dans un bassin de taille olympique et il avait commencé à nager seulement 12 mois avant les Jeux.

J'avais 12 ans et je me souviens de mon émotion - la foule qui crie pour qu'il finisse sa course, alors qu'il avait beaucoup de mal et qu'il était à mille lieux du temps de qualification pour le tour suivant.

C'est à ce moment-là, exactement, que j'ai compris ce qu'étaient les Jeux. Ce n'est pas seulement une histoire de médailles. C'est tout le monde qui s'unit à travers le sport et qui célèbre l'humanité.

L'aller-retour mémorable de Moussambani
02:22

Rommel Pacheco, Mexique, plongeon

Trois fois Olympien et trois fois médaillé aux championnats du monde.

Barcelone, ESPAGNE - 22 juillet 2013 : Le Mexicain Rommel Pacheco participe à la finale du tremplin masculin de 1m lors Championnats du monde de la FINA.
Barcelone, ESPAGNE - 22 juillet 2013 : Le Mexicain Rommel Pacheco participe à la finale du tremplin masculin de 1m lors Championnats du monde de la FINA.
2013 Getty Images / Adam Pretty

Mon premier souvenir, c'est Barcelone 1992.

Même si je ne me souviens pas de la compétition en tant que telle, je me souviens très bien des autocollants des mascottes !

Mon premier souvenir, c'est Barcelone 1992. Même si je ne me souviens pas de la compétition en tant que telle, je me souviens très bien des autocollants des mascottes ! Mais c'est un peu flou... Ce qui m'a le plus marqué, c'est à Atlanta en 1996.

A ce moment-là je m'entraînais à Cuba, un pays où les gens adorent le sport, du coup toutes les télé au camp d'entraînement étaient allumées, avec les Jeux.

Sydney 2000 a aussi été une expérience incroyable. Là j'étais dans un camp d'entraînement à Mexico City. Les fuseaux horaires entre Mexico et Sydney sont très éloignés et je me souviens qu'on s'était regroupé très tôt le matin dans la chambre de notre entraîneur pour voir la finale de Fernando (Platas).

Je le revois gagner et nous qui fêtions ça... Et puis quatre ans après, c'était mon tour à Athènes, j'y étais !

Rommel Pacheco partage son premier souvenir olympique