Les 10 infos à connaître sur la star du BMX Nikita Ducarroz 

Hiroshima, JAPON - 21 avril 2019 : La Suisse Nikita Ducarroz réalise une figure lors de la Coupe du monde de BMX freestyle, dans le cadre du FISE Hiroshima.
Hiroshima, JAPON - 21 avril 2019 : La Suisse Nikita Ducarroz réalise une figure lors de la Coupe du monde de BMX freestyle, dans le cadre du FISE Hiroshima.

La numéro 5 mondiale de BMX Nikita Ducarroz sera sans aucun doute l’une des favorites de cette nouvelle discipline olympique, qui fera ses débuts lors des JO de Tokyo 2020. 

La Suisse-américaine a enchainé de très belles performances en 2019, terminant 5e des Championnats du monde Urban cycling et 4e de la Coupe du monde de BMX freestyle. Elle a également fini sur le podium de la BMX Simple session 2020. 

Mais derrière ses succès, Ducarroz lutte contre l’anxiété depuis son enfance. C’est la face cachée de sa brillante carrière.

Avant de repartir en quête de qualification olympique, Ducarroz s’est confié à Tokyo 2020 sur sa carrière et sur son anxiété, qui l’a finalement conduite à prendre les devants sur le sujet de la santé mentale des athlètes. 

Voici les 10 choses que vous devez savoir sur Nikita Duccaroz :

1 - Son but ultime est de participer aux Jeux de Tokyo 2020

Avec le report des Jeux à l’année prochaine, Ducarroz voudra jouer sa plus belle partition si elle parvient à se qualifier. 

« C’est la plus grande priorité. C’est l’événement le plus important et je veux m’assurer de rester concentrée, prendre du plaisir et ne pas m’épuiser. »

2 - Pendant le confinement, elle s’entraîne avec d’autres athlètes élite

Ducarroz est actuellement isolée avec un petit groupe de riders, dont fait notamment partie la Vénézuélienne Daniel Dhers, au sein d’un centre d’entraînement privé de Caroline du Nord, aux États-Unis. Même s’ils attendent des informations de la part de l’UCI concernant les futurs tournois qualificatifs, le groupe continue sa préparation pour Tokyo 2020. 

« Nous sommes un petit groupe de riders. Nous avons les mêmes objectifs et travaillons tous pour les Jeux. Personne n’a de contact avec l’extérieur. Nous faisons simplement de notre mieux pour nous entrainer tant que nous pouvons. »

3 - Ducarroz est la seule athlète à représenter la Suisse en BMX

Tandis que certains pays ont plusieurs représentants, Ducarroz sera la seule athlète suisse à tenter d’obtenir les points nécessaires pour sa qualification aux JO.

« J’ai hâte de mettre tout mon entraînement à l’oeuvre pour y arriver. Cela me motive profondément. C’est l’objectif mais il y a tellement de femmes talentueuses également. »

4 - Ses problèmes d’anxiété lui ont permis de découvrir le BMX

Son anxiété a été tellement forte pendant son enfance qu’elle ne pouvait plus quitter son domicile.

« Lorsque j’avais 13 ou 14 ans, je suis arrivée à un point où je ne pouvais plus quitter ma maison. Je ne pouvais plus aller à l’école. Je ne pouvais plus aller nulle part. J’étais terrifiée. »

« J’étais chez mes grands-parents et je me disais, ‘je vais faire du BMX’. C’est en quelque sorte la plus grande décision que je n’ai jamais prise. »

« Cela m’a non seulement aidé à devenir plus forte en BMX, mais cela m’a surtout fait sortir de la maison et amélioré ma vie en général. »

5 - Elle pense que parler de son anxiété est thérapeutique. 

Ducarroz estime que parler de son anxiété est bénéfique pour elle, mais également pour les autres.

« Lorsque je m’ouvre aux autres, les autres s’ouvrent à moi. »

« Le fait d’en parler a réduit mon anxiété. Si c’est comme cela pour moi, autant le faire pour les autres aussi. Je pense que c’est important de ne pas stigmatiser ce problème et de ne pas avoir peur d’en parler. »

6 - Elle a débuté son projet Instagram, m1ndtricks, pour aider les autres athlètes

Ducarroz a lancé m1ndtricks avec un ami car ils ne trouvaient rien à propos de la santé mentale des athlètes sur Internet. 

« J’ai une superbe vie, mais je veux montrer que tout n’est pas parfait, même lorsque je gagne toutes les compétitions. »

Avec m1ndtricks, Ducarroz espère que les athlètes partagent leurs difficulté sur l’aspect mental pour les aider à travers les autres. »

« Nous voulons sensibiliser les athlètes et les inciter à partager leurs histoires. Cela a été assez lent et je ne sais pas vraiment où nous allons avec ça, mais on leur laisse la possibilité. »

Ducarroz fournit également ses conseils aux athlètes : « N’ayez pas peur de partager vos angoisses et de demander de l’aide. Ce n’est pas un signe de faiblesse, même si vous pouvez le ressentir comme tel. Je pense qu’il faut toujours avoir des gens qui nous aident. Il faut s’entourer de personnes qui nous aiment car lorsque les choses vont mal, ce sont eux qui vous aideront à vous en sortir. »

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NIKITA DUCARROZ 🧠🚲 ⁣ About this time last year I was holed up in my room.⁣ ⁣ I was pretty sure at that point that this was it.⁣ ⁣ From the outside looking in, it appeared I was living the dream. Winning contests. Traveling the world. And I was.⁣ ⁣ But I was also fighting the silent killer that was eating away at me every day. Constant panic attacks. Unexplained pain. Mood swings. Pure hopelessness that nothing would ever get better and my life was over. ⁣ ⁣ My team didn’t give up on me. And helped me out of that hole even when I thought I couldn’t be helped. I owe them everything for that. ⁣ ⁣ It’s nearing that time again, which makes me nervous. Who knows what will happen in the future. Who knows if it will come back. But for now we just have to live day by day and trust the process. And talk about it. As much as possible.⁣ ⁣ Even those “living the dream” are human. And mental health shouldn’t be a sensitive subject. #endthestigma #whatyoudontsee #anxiety #depression #actionsports #BMX #mentalhealth #Olympics

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7 - Elle remercie la communauté de BMX pour soutenir sa carrière

C’est son amour pour le BMX et sa communauté qui lui a permis de continuer et d’atteindre le sommet de sa discipline.

« Nous n’avons pas de coachs. Il n’y a pas d’entrainements. Vous allez au skate park, et c’est tout. La plupart du temps, les autres riders vous encouragent et vous pouvez vous inspirer d’eux. Vous les voyez faire quelque chose de cool et vous avez envie d’essayer. »

« Il n’y a aucun doute que la communauté du BMX m’a aidé. Elle m’a prise sous son aile et m’a tout appris. »

8 - Elle pense que le BMX Freestyle à Tokyo 2020 fera la promotion de l’inclusion

Avant l’introduction du BMX Freestyle dans le programme olympique, il n’y avait pas beaucoup de compétitions ouvertes aux femmes.

Ducarroz souligne l’importance des Jeux Olympiques dans ce sport, en particulier pour les femmes.

« Je pense que le changement le plus drastique a été du côté féminin. Auparavant, ouvrir la compétition aux femmes n’était pas obligatoire. Dès que les Jeux Olympiques sont arrivés, le pays s’est impliqué. Cela a ouvert de nouvelles portes. Nous sommes soudainement passées de 8 femmes à 40. »

9 - Elle travaille désormais avec un psychologue du sport 

Pour l’aider à gérer la pression de la compétition, Ducarroz travaille désormais avec un psychologue du sport. 

« Il m’aide sur ma vie en général et sur l’anxiété de la performance. J’aimerais améliorer la gestion de la pression. C’est l’un des bénéfices d’avoir quelqu’un comme lui. Il y a de plus en plus de stress et de pression avant les compétitions car les enjeux sont plus importants. Mais la plupart du temps, la pression vient de moi car je veux donner le maximum. »

10 - Une leçon dans toute situation 

Lorsqu’elle est interrogée sur son mantra en tant que personne et athlète, Ducarroz fait référence à son tatouage.

« Un message est tatoué sur mon bras : ‘toujours une leçon’. Je prends ça en général, comme un rappel valable pour toute situation. Dans tout ce que je fais, de bon ou mauvais, il y a toujours une leçon à en retirer.