La famille Tillie s'envole au Japon

Tokyo, JAPON - 1er juin 2016 : Le volleyeur français Kévin Tillie sur un service lors du Tournoi de qualification olympique mondial contre l’Australie.
Tokyo, JAPON - 1er juin 2016 : Le volleyeur français Kévin Tillie sur un service lors du Tournoi de qualification olympique mondial contre l’Australie.

Chez les Tillie, le sport est une affaire de famille. Laurent, le père, est sélectionneur de l’équipe de France de volleyball et entraîne son fils Kévin chez les Bleus qualifiés pour Tokyo 2020. Kim et Kilian sont basketteurs pro, le plus jeune étant aux portes de l’équipe de France et l’autre évoluant dans une club japonais. Et la famille s’agrandit… 

Quand Kévin Tillie a vu le service d’Ervin Ngapeth échouer dans les mains du réceptionneur allemand en janvier 2020, il a compris qu’il s’envolerait pour les Jeux Olympiques à Tokyo. Il irait avec son père, Laurent Tillie et sélectionneur de l’équipe de France depuis 2012. Il irait également en tant que père, lui qui avait pu assister in extremis à la naissance de sa fille Olivia, deux jours avant le début du Tournoi de Qualification Olympique à Berlin. 

« Ma fille est née le vendredi [3 janvier], je suis parti le samedi et on jouait le dimanche à midi », se rappelle Kévin Tillie dans une interview accordée au site Sportmag.fr.

« Moi qui n’avais pas fait de volley depuis quelques semaines, je suis arrivé dans une forme physique incroyable, avec plein d’adrénaline, mais en revanche, je n’avais aucune lucidité. J’avais la tête ailleurs, mais j’étais super content d’être là avec le groupe. C’était un tournoi où nous n’étions pas favoris. »

Deuxième chance à Tokyo

D’autant plus que la finale du TQO, où le gagnant obtenait son billet pour Tokyo, se disputait contre l’Allemagne, à Berlin. Mais si les Bleus de Laurent Tillie se sont hissés en finale à la force du poignet, l’ultime match face aux hôtes n'a finalement pas été le plus disputé (3-0).

Après Rio 2016, où les Bleus ont été éliminés dès la phase de groupe, Tillie père et fils s’envoleront pour Tokyo à l’été 2021 pour disputer leurs deuxièmes Jeux Olympiques avec une équipe remaniée où de nouvelles têtes ont émergées pour lancer une nouvelle génération qui succède à la « Team Yavbou ».

Expérience/jeunesse, le mélange gagnant

Depuis que Laurent Tillie dirige l’équipe de France, le palmarès tricolore s’est bien étoffé. Double vainqueur de la Ligue mondiale (2015 et 2017) et champion d’Europe 2015, les Bleus peuvent légitimement prétendre au podium à Tokyo avec un nouveau groupe solide mélangeant expérience (Earvin Ngapeth , Kévin Le Roux, Benjamin Toniutti, Kévin Tillie..) et jeunesse (Jean Patry, Barthélémy Chinenyeze, Antoine Brizard…)

« On a eu une jeune génération qui a su se montrer sur la scène internationale, et ça a tiré les autres joueurs vers le haut » estime le réceptionneur-attaquant de 29 ans. 

« Je trouve qu’une culture volley est arrivée grâce à cette génération. Après, on avait l’envie de montrer que l’on pouvait gagner. C’est une mentalité de tout un groupe qui voulait se défoncer sur le terrain pour montrer ce dont il était capable. »

Être entrainé par son père ? « C’est un peu compliqué »

À Tokyo, la sélection française aura bien a coeur de montrer ce dont elle est capable. Surtout que pour Tillie père, ce sera le dernier tournoi qu’il disputera à la tête de l’équipe de France. Il a signé un contrat avec l’équipe japonaise des Panasonic Panthers, basée à Osaka. Laurent Tillie a trouvé un accord avec son nouveau club pour qu’il puisse également diriger les Bleus compte tenu du report des JO.

Ce sera donc la dernière fois que Kévin Tillie sera entraîné par son père en équipe de France. Une relation père-fils qui a évolué en sélectionneur-joueur depuis 2012.

« C’est complètement différent, la seule similarité, c’est peut-être la frustration. Entre un père et un fils, ça peut être frustrant de dire ou ne pas dire certaines choses. C’est la même chose entre un coach et un joueur. Ce n’est pas facile, car même si on est en face du coach, on sait que c’est aussi le père et on a du mal à l’écouter. Le coach va aussi entendre le joueur tout en sachant que c’est également le fils… C’est un peu compliqué, mais ça fait très longtemps qu’on se côtoie en équipe de France, depuis 2012. »

Volley et basket

Au Japon, Laurent Tillie rejoindra également son fils ainé Kim, lui aussi sportif professionnel. Mais l’athlète de 31 ans est basketteur. Et coïncidence ou pas, il vient de signer début juillet un contrat avec le club japonais des Ryukyu Golden Kings à Okinawa City. Quant au cadet des trois fils, Kilian, c’est aussi le basketball qu’il a choisi.

À 22 ans, il a été élu meilleur joueur de son équipe de basket universitaire airain des Bulldogs de Gonzaga et fera partie de la draft NBA 2020, où les franchises américaines sélectionnent les joueurs qui rejoindront leur rang. « Lui, il n’attend que ça », confie Kévin Tillie à propos de son petit frère, qui avoue aussi jouer au jeu vidéo NBA 2K avec un personnage ressemblant à son frère. « Je suis fan de mes frères, je crois que ça se voit », poursuit-il.

Kilian pourrait également rapidement être sélectionner avec l’équipe de France de basketball s’il maintient son état de forme et si ses performances suivent la progression de ses dernières années.

Dès l’année prochaine à Tokyo ? Difficile à prédire mais si c’est le cas, le village olympique aura une allure de maison familiale.