Julia Chanourdie entre dans l’histoire avec du 9b, Ondra la félicite

Hachioji, JAPON - 18 août 2019 : La Française Julia Chanourdie lors des Championnats du monde de combiné 2019.
Hachioji, JAPON - 18 août 2019 : La Française Julia Chanourdie lors des Championnats du monde de combiné 2019.

La grimpeuse française est devenue la troisième femme de l’histoire a réussir une voie cotée 9b et s’impose naturellement comme l’une des reines de la discipline. Même la légende tchèque de l’escalade Adam Ondra l’a félicitée. Pour Chanourdie, l’année 2021 sera consacrée aux Jeux, où l’escalade fera son apparition pour la première fois au programme olympique.

Elle était la première française à passer du 9a+, elle est désormais la troisième femme de l’histoire à franchir une voie cotée 9b.

À seulement 24 ans, Julia Chanourdie est venue à bout le 7 novembre dernier de la voie nommée « Eagle 4 », située à Saint-Léger-du-Ventoux dans le sud de la France après dix jours sur place. Dix jours à solliciter tous les muscles de son corps jusqu’à l’épuisement. Dix jours à essayer, tomber, réessayer, monter plus haut, tomber encore. Puis lors d’un ultime essai, avant la tombée du jour, c’est passé.

« Je sais que c'est une voie très dure », a-t-elle confié au journal l’Équipe. « Mais c'est vrai que je me sentais bien dans cette voie. Je me sentais forte. Et je l'ai bien mis à profit car il fallait beaucoup de force, bien tenir les prises. »

Chanourdie tutoie les sommets

En mars dernier, la grimpeuse française, qualifiée pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, franchissait une voie cotée 9a+ sur le même site de grimpe, un record national pour l’escalade féminine.

Pour réaliser que Julia Chanourdie tutoie les sommets de son sport, il faut comprendre le système de cotation. En escalade, les parois sont classées par niveau de difficulté, s’étalant sur une échelle de 4 à 9 avec dans chaque niveau, trois « sous-niveaux » allant de la lettre « a » à la lettre « c ».

Avec son 9b, qui démarre avec une impressionnante paroi en dévers que tous les non-initiés jugeraient absolument infranchissable, Chanourdie rejoint donc la jeune italienne Laura Rogora (19 ans), également qualifiée pour Tokyo 2020, ainsi que l’Autrichienne Angy Eiter, au palmarès des seules femmes à avoir réussi cet exploit.

Chez les hommes, la voie la plus difficile jamais réalisée est cotée 9c. La légende tchèque de l’escalade Adam Ondra, quatre fois champion du monde (difficulté et bloc), est le premier à avoir passé cette écueil.

« Ne pas se mettre de barrière »

Au micro de l’Équipe, Ondra lui même a tenu à féliciter Julia Chanourdie pour son exploit sur « Eagle 4 », voie qu’il avait ouverte (passée pour la première fois) en 2018. Sans avoir été surpris par le 9b de Chanourdie, il a cependant été étonné que ce soit sur cette voie.

« Je ne suis pas surpris du tout que Julia fasse un 9b. En revanche pour être honnête, qu'elle l'ait réussi sur 'Eagle 4', c'est impressionnant. Généralement, le style de voie que les filles préfèrent est plus long, plus axé sur l'endurance. 'Eagle 4' est très court, vraiment brutal, avec de la complexité, à la fois technique et des mouvements puissants et brutaux. Ça veut dire que Julia est très, très forte et cela rend son ascension encore plus novatrice ! »

Il la voit même aller plus loin.

« Je n'ai aucun doute que Julia et d'autres femmes peuvent grimper même plus dur que du 9b +. »

Chanourdie estime que ce n’est pas impossible, mais pas pour tout de suite.

« C'est vrai qu'il faut y penser. J'ai fait un 9b assez vite, même si j'en ai fait qu'un, donc peut-être que mes limites peuvent aller encore plus loin. J'y penserai petit à petit. Là je savoure, mais pourquoi pas. Il ne faut pas se mettre de barrière. »

Destination Tokyo

L’année 2020 n’est certainement pas terminée pour la Française, mais elle a déjà le regard fixé vers 2021 avec les Jeux Olympiques en ligne de mire.

L’escalade sportive aux Jeux Olympiques est une épreuve combinée de trois disciplines : la difficulté, le bloc et la vitesse. Experte en difficulté, Julia Chanourdie devra également s’entraîner dans les deux autres disciplines pour parvenir à décrocher la première médaille d’or olympique de l’histoire de l’escalade.

« Dès 2021, je vais me focaliser de nouveau sur le délire « entraînement JO », même si ça aussi [la falaise], ça m'entraîne. Ces voies si dures en falaise, elles élèvent vraiment mon niveau en résistance, en force. C'est ma méthode aussi pour progresser pour la compétition. Ça me sert plus qu'un entraînement classique en salle. Après, il faudra que je fasse du spécifique. »

Le rendez-vous est fixé au mercredi 4 août 2021, date à laquelle les épreuves de qualifications féminines sont prévues.