Journée mondiale des réfugiés : L’espoir de vivre les Jeux Olympiques de Tokyo 2020

L’équipe olympique des réfugiés lors du défilé des athlètes de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Rio 2016, au stade Maracaña.
L’équipe olympique des réfugiés lors du défilé des athlètes de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Rio 2016, au stade Maracaña.

Aujourd’hui (20 juin), c’est la journée mondiale des réfugiés. Tokyo 2020 revient sur la création de l’équipe olympique des réfugiés et ses athlètes qui espèrent être sélectionnés pour les Jeux Olympiques l’été prochain. 

Le 5 août 2016, des milliers d’athlètes ont défilé fièrement dans le stade Maracaña de Rio de Janeiro pour la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques.

Parmi les 11 000 athlètes, un groupe de 10 compétiteurs était présent pour écrire l’histoire.

Ce petit groupe d’athlètes, originaires d’Ethiopie, du Soudan du Sud, de Syrie ou de République démocratique du Congo, défilait et participait pour la première fois de l’histoire sous les mêmes couleurs.

Emmené par l’athlète Rose Native Lokonyen, la nouvelle équipe olympique des réfugiés est entrée dans le stade derrière le drapeau du CIO sous une standing ovation.

Ce fut un moment fondateur. Pas uniquement pour les athlètes, mais pour tout le Mouvement olympique.

L'équipe des réfugiés est acclamée par la foule
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Fondée en 2015

La formation de l’équipe des réfugiés a été annoncée par le président du CIO Thomas Bach à l’Assemblée générale de l’ONU en octobre 2015, au moment où le monde faisait face à une crise de réfugiés globale qui a vu un nombre estimé à 68,5 millions de personnes déplacées.

L’allocution de Thomas Bach était aussi claire qu’ambitieuse : la nouvelle équipe enverrait un message d’espoir et d’inclusion à des millions de réfugiés partout dans le monde, et ses athlètes inspireront le monde avec la puissance de leur humanité.

« En accueillant l'équipe des athlètes olympiques réfugiés aux Jeux Olympiques de Rio 2016, nous souhaitons envoyer un message d'espoir à tous les réfugiés du monde », a déclaré le président du CIO, Thomas Bach.

« Alors qu'ils n'ont aucune équipe nationale à laquelle appartenir, ni aucun drapeau derrière lequel défiler, ni aucun hymne national, ces athlètes seront les bienvenus aux Jeux Olympiques derrière le drapeau et l'hymne olympiques. »

« Ils auront un "foyer" au village olympique avec les quelques 11 000 autres athlètes des 206 Comités Nationaux Olympiques. »

L’équipe olympique des réfugiés de Rio 2016 allait s’emparer de l’imaginaire du monde entier.

Le président du Comité National Olympique Thomas Bach accueille l’équipe olympique des réfugiés des Jeux Olympiques de Rio 2016 lors de la cérémonie d’accueil au village olympique.
Le président du Comité National Olympique Thomas Bach accueille l’équipe olympique des réfugiés des Jeux Olympiques de Rio 2016 lors de la cérémonie d’accueil au village olympique.
2016 Getty Images / David Ramos

Rio 2016

Le marathonien Yonas Kinde figurait parmi les athlètes de l’équipe olympique des réfugiés.

« L’esprit d’équipe était beau », se souvient l’athlète de 40 ans lors d’un podcast avec Olympic Channel. « J’étais fier de représenter les réfugiés du monde entier. »

« [Pendant ma course], je pensais à tous les enfants qui souffraient à ce moment. Chaque kilomètre, chaque seconde. C’était un moment très spécial. »

Kinde vit et s’entraîne actuellement au Luxembourg et vise une qualification pour ses deuxièmes Jeux Olympiques à Tokyo 2020.

« Les JO de Rio m’ont offert une belle expérience. J’espère me qualifier une nouvelle fois », confie-t-il.

« Ce n’était malheureusement pas possible cette année [en raison du report], mais le rêve est toujours là, notre rêve ne changera pas. »

« L’équipe olympique des réfugiés est un symbole d’espoir, et mon espoir est toujours vivant. J’espère pouvoir participer. »

Bourses d’entraînement pour les athlètes réfugiés

Kinde a bénéficié d’une bourse d’entraînement, créée en 2017 pour aider les athlètes réfugiés dans leur préparation pour se qualifier pour Tokyo 2020. Elle offre également un soutient et des conseils pour leur carrière sportive.

Aux côtés des 10 athlètes qui ont participé à Rio 2016, 14 autres athlètes réfugiés bénéficient de cette bourse. Ce groupe s’entraîne actuellement au centre d’entraînement de réfugiés Tegla Loroupe au Kenya. Enfin, 13 athlètes basés à travers le monde entier en bénéficient également. 

Parmi eux, Abdullah Sediqi, né en Afghanistan, a rejoint le programme en janvier 2018 avec ses compatriotes Farid Walizadeh et Asif Sultani.

Le taekwondoïste (-58 kg) n’a pas participé à Rio mais grâce au soutien du programme, il nourrit le désir ardent de participer à Tokyo 2020 pour réaliser son rêve et devenir le meilleur au monde.

« Chaque nuit avant de dormir, je pense à ce moment, pendant 10 ou 15 minutes. Ce moment où je participe aux Jeux de Tokyo. Je pense constamment aux Jeux Olympiques. »

« Je veux combattre le Coréen Lee Dae-Hoon aux JO, et je veux le battre. »

« Je pense que si je le bas, ma carrière atteindra son sommet car c’est le meilleur au monde. C’est un combat de haut rang. »

Sediqi réside désormais à Anvers en Belgique, et attribue au Mouvement olympique la création d’un « moment de paix » en ces temps compliqués. 

« Les pays peuvent se rassembler [sous le parapluie] du sport », déclare-t-il.

« Peu importe qui vous êtes. Noir. Blanc. Femme. Homme. Votre origine. Aux Jeux Olympiques, vous venez du même endroit. »

Ses paroles résonnent dans l’esprit de la tireuse Khaoula, arrivé en Suisse en 2014, qui espère aussi obtenir son billet pour Tokyo 2020.

« Nous n’avons qu’une seule vie, et nous devons la vivre de manière positive, pas négative », affirme-t-elle.

L’héritage de l’équipe olympique des réfugiés.

Le succès de l’équipe olympique des réfugiés à Rio 2016 a conduit un an plus tard à la création de l'Olympic Refuge Foundation.

La fondation, qui a désormais trois ans, utilise le sport pour créer des projets qui soutiennent les populations réfugiées à travers le monde avec une attention particulière, à la protection, au développement et à la responsabilisation des enfants en situation de vulnérabilité.

« Intégrer la première équipe olympique des réfugiés à Rio 2016 a changé ma vie et je suis fier de voir que cela a laissé un héritage concret », a déclaré Yiech Pur Biel, qui est aujourd’hui membre du conseil de l’ORF, sur Olympic.org

« Avec l’Olympic Refuge Foundation, notre objectif n’est pas de former des champions mais d’œuvrer chaque jour pour améliorer la vie de jeunes réfugiés grâce au sport, en leur fournissant des environnements sécurisés où ils peuvent commencer à bâtir leur avenir. »

Tadesse Abraham est un athlète réfugié originaire d’Érythrée. Il a participé aux Jeux Olympiques de Rio 2016 sous les couleurs de la Suisse. Il espère disputer ses deuxièmes Jeux Olympiques.

Même s’il n’est pas membre de l’équipe olympique des réfugiés ou de l’Olympic Refuge Foundation, le marathonien de 37 ans est convaincu que ces deux entités offrent une grande opportunité à des millions de réfugier de rêver.

« Si vous êtes un réfugié et que vous ne pouvez pas courir pour votre pays, il y a une solution. Peu importe où vous soyez, vous pouvez participer aux Jeux Olympiques. »

« Même si vous avez quitté votre pays, votre rêve n'est pas brisé. »

« Grâce à l’équipe olympique des réfugiés vous avez du soutien. Réveillez-vous, entraînez-vous, rêvez en grand. Rien n’est impossible. »