Johanne Defay, première surfeuse française qualifiée pour les Jeux

Lemoore, ÉTATS-UNIS - 21 septembre 2019 : Johanne Defay dans un rouleau lors du Freshwater Pro-WSL en Californie.
Lemoore, ÉTATS-UNIS - 21 septembre 2019 : Johanne Defay dans un rouleau lors du Freshwater Pro-WSL en Californie.

Impossible de parler de surf français sans mentionner Johanne Defay. Au prix d’une détermination sans faille et d’un travail sans relâche, la surfeuse de 26 ans a décroché son billet pour Tokyo 2020. Une qualification historique puisque le surf est une nouvelle discipline olympique.

Elle a affronté ses premières vagues à huit ans et commencé la compétition à 10 ans. Les débuts d’une aventure qui l’a mené au statut de surfeuse professionnelle. Née au Puy-en-Velay, Johanne Defay déménage à la Réunion avec sa famille alors qu’elle n’a que quelques mois. Sur l’île, le surf prend rapidement place dans sa vie et son goût pour la compétition ne se fait pas attendre.

« J’aime bien la compétition, être récompensée pour mes sacrifices et mes efforts », déclarait Defay au magazine Surf Session. Le ton est donné et résume à lui seul l’état d’esprit d’une fille qui « a bossé », comme la décrit Jérémy Florès, autre figure du surf français et lui aussi qualifié pour Tokyo.

Le parcours de la combattante

Le surf est une discipline qui manque encore de reconnaissance en France et Johanne a eu toutes les peines du monde à se faire sponsoriser. Pendant quatre ans, elle n’a pas trouvé de partenaire contrairement à la concurrence australienne ou brésilienne, nations dominantes du surf. Mais plutôt que de se morfondre, elle lance en 2015 une campagne de financement participatif qui lui permettra de participer aux 10 étapes du World Tour.

Johanne espère que les Jeux Olympiques auront un impact positif sur la visibilité du surf français. « Le surf sera médiatisé comme il ne l’a jamais été auparavant et cela ne pourra que faire du bien à la discipline, encore trop méconnue sur le plan sportif », écrit-elle sur son site internet.

Les JO ? «On y sera »

Aujourd’hui, Johanne est n°1 française et fait partie des meilleures surfeuses du monde. C’est au Portugal en octobre dernier, lors d’une manche du Championship Tour (CT) de la World Surf League (WSL) qu’elle a obtenu son billet en s’assurant la huitième place mondiale. La qualification devait être confirmée par une participation aux Championnats du monde de surf 2020, initialement prévus du 9 au 17 mai au Salvador mais reportés au second semestre 2020. L'International Surfing Association (ISA) communiquera prochainement les nouvelles modalités pour les surfeurs ayant déjà obtenu leur qualification.

En attendant, la Française est très fière de pouvoir représenter son pays aux Jeux Olympiques.

« Je vais représenter la France et mon île de la Réunion. C'est tellement énorme », s'était-elle réjouie dans une interview au journal Le Parisien, après l’annonce de sa qualification.

Il y a quatre ans, quand le surf a fait son entrée officielle dans le programme olympique des Jeux de Tokyo 2020, elle avait déclaré avec son ami Jérémy Florès « Les JO ? On y sera ! ». Son chemin vers Tokyo 2020 est à retrouver sur son Vlog.

Entre temps, la pandémie du COVID-19 a entraîné le report des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 à l’été 2021 et la WSL a également été impactée.

Si elle consent être déçue, elle comprend cette décision, comme elle le confiait au journal _L’Équipe _: « C'est frustrant de ne pas pouvoir démarrer la saison. Tout le monde s'est bien préparé. On est motivés, on a bossé pour ça, pour passer du temps dans l'eau avec un lycra sur le dos. Mais, quand les choses vont mal, il faut savoir prendre un peu de recul. Là, c'est compliqué dans le monde entier. »

Simple, ambitieuse et complète

Son ascension en tant que surfeuse professionnelle lui a finalement permis de décrocher récemment quelques contrats de sponsoring. Mais elle conserve toujours le même style de vie, continuant de pratiquer d'autres sports comme le yoga, le skateboard, le trail ou encore le vélo. Elle partage également ses recettes de cuisine, ses voyages et ses séances de yoga sur les réseaux sociaux. Et qui sait, peut-être bientôt une médaille olympique ?