Inès Boubakri : gagner l'or pour inspirer l’Afrique

Rio de Janeiro, BRÉSIL - 10 août 2016 : La fleurettiste tunisienne Inès Boubakri sur le podium des Jeux Olympiques de Rio 2016, où elle a remporté la médaille de bronze.
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 10 août 2016 : La fleurettiste tunisienne Inès Boubakri sur le podium des Jeux Olympiques de Rio 2016, où elle a remporté la médaille de bronze.

Aux Jeux de Rio 2016, Inès Boubakri est devenue la première escrimeuse africaine à remporter une médaille olympique. Avec plus de 60 médailles internationales à son actif, celle qui a quitté son pays pour réaliser son rêve sportif est qualifiée pour Tokyo 2020 et n’a qu’un seul but : décrocher l’or.

L’escrime, une évidence pour Inès Boubakri. Sa mère, Henda Zaouali, était championne de Tunisie et a participé aux Jeux Olympiques d’Atlanta 1996. Elle a initié Inès à l’escrime à l’âge de 5 ans, dans sa ville natale de Tunis.

À 19 ans, Inès décide de quitter la Tunisie pour la France afin de maximiser ses chances de percer à haut niveau et de réaliser son rêve sportif. Elle rejoint alors le club de Bourg-la-Reine en région parisienne au sein duquel elle décroche ses premières médailles internationales. Dotée d’une soif de vaincre inébranlable, elle admet que sa volonté tient aussi à sa mère :

« Elle a un fort caractère et s’est toujours donnée à fond. Aujourd’hui, d’une certaine manière elle attend de moi que j’obtienne ce qu’elle n’a pas réussi à atteindre elle-même », confiait-elle dans une interview à Olympic Channel.

Ines Boubakri : « Mon histoire inspire beaucoup d'autres filles »
03:00

L’histoire est écrite à Rio

La septuple championne de Tunisie est l’une des rares escrimeuse à savoir manier deux armes au plus haut niveau : l’épée et le fleuret. Mais c’est en fleuret qu’Inès Boubakri a écrit l’histoire aux Jeux Olympiques de Rio 2016. En décrochant la médaille de bronze en individuel, elle est devenue la première athlète africaine à décrocher une médaille olympique en escrime.

Mais l’athlète aux 13 titres de championne d’Afrique ne compte cependant pas s’arrêter au bronze olympique. Elle veut remporter l’or.

En quête d’or à Tokyo

Avant Rio, Boubakri avait participé aux Jeux Olympiques de Pékin 2008, ne parvenant pas à passer le premier tour.

À Londres 2012, elle a échoué aux portes des demi-finales, avant d’y parvenir à Rio et de décrocher sa médaille. Mais elle reste tout de même sur sa faim.

« J’ai remporté le bronze à Rio mais je n’ai pas réalisé mon rêve », lance-t-elle. « Mon rêve est de décrocher la médaille d’or. Quand j’ai perdu en demies à Rio, j’ai réalisé que j’avais encore tant à donner et que je pouvais faire quelque chose de grand à Tokyo. Je travaille dur jour et nuit pour remporter cette médaille d'or à Tokyo. »

Dores et déjà qualifiée pour les Jeux, Boubakri a poursuivi son entraînement pendant la pandémie de COVID-19. Confinée en France pendant plus de deux mois avec son mari Erwann le Péchoux, également escrimeur et médaillé d’argent en fleuret par équipes à Rio 2016, elle avoue avoir été d’abord tentée de se reposer totalement. Mais son coach l’a rappelé à l’ordre : « Il m’a dit : attention, tu n’es pas en vacance. Tu dois continuer de t’entraîner et de surveiller ton alimentation comme d’habitude », confiait-elle à Euronews.

Une inspiration pour les jeunes filles arabes

Si Inès se bat tous les jours pour décrocher la médaille qui manque à son palmarès, elle sait aussi inspirer au-delà de la pointe de son épée. Elle espère que son parcours de combattante qui l’a mené si haut malgré le manque de moyens puisse inspirer d’autre jeunes femmes arabes :

« Après Rio, beaucoup de filles et de femmes arabes m’ont suivi. Elles ont réalisé que tout était possible et qu’elles pouvaient accomplir leur rêve en travaillant dur », a-t-elle confié.

Il reste désormais un an de préparation pour l’escrimeuse tunisienne. Un an de travail qu’elle ne considérera payant qu'à un seul prix : remporter le premier titre olympique africain en escrime.