Hugues Fabrice Zango : « Je commence à devenir connu »

Doha, QATAR : 29 septembre 2019 : Hugues Fabrice Zango célèbre sa médaille de bronze en triple saut lors des Championnats du d’athlétisme 2019.
Doha, QATAR : 29 septembre 2019 : Hugues Fabrice Zango célèbre sa médaille de bronze en triple saut lors des Championnats du d’athlétisme 2019.

Le triple sauteur burkinabé croit fermement que son meilleur saut est encore à venir...pendant qu'il étudie pour son doctorat à Lille. 

La médaille de bronze d'Hugues Fabrice Zango aux championnats du monde d'athlétisme de 2019 en a surpris plus d'un.

Mais le triple sauteur du Burkina Faso n'a pas été satisfait de sa troisième place pour ses deuxièmes Championnats du monde.

« Honnêtement, je suis déçu. Je suis heureux d'avoir obtenu une médaille, mais je venais ici pour l'or. Le bronze est décevant parce que je connais mes capacités », a-t-il déclaré à Olympic Channel après son 17,66 m à Doha, le plus grand saut d'un Africain au triple saut.

Devant lui, le double champion olympique Christian Taylor a remporté son quatrième titre mondial avec un saut à 17,92 m.

Doha, QATAR - 29 septembre 2019 : Le burkinabé Hugues Fabrice Zango après la finale de triple saut des Championnats du monde 2019.
Doha, QATAR - 29 septembre 2019 : Le burkinabé Hugues Fabrice Zango après la finale de triple saut des Championnats du monde 2019.
2019 Getty Images / Michael Steele

Le bronze de Zango est d'ailleurs la première médaille jamais remportée par son pays aux Championnats du monde d'athlétisme.

La réception en son honneur lors de son retour à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, lui a fait prendre conscience de la portée de cette médaille pour la plupart des 20 millions de Burkinabés.

« Quand j'ai atterri à l'aéroport, il y avait vraiment une grande foule, et tout le monde était si heureux. Nous avons chanté ensemble l'hymne national, un souvenir que je n'oublierai jamais », a-t-il déclaré à World Athletics (an anglais).

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Burkina Burkina, c'est avec émotion que je t'offre cette première médaille mondiale. Celle d'un enfant des quartiers de Ouaga. Je rends grâce à Dieu. Je tiens à remercier ma famille, mon coach @teddytamgho , mon staff @teamt_18 @edemallado @ktarina.lp , mes partenaires d'entraînement, mon sponsor @nike, mes managers @bensoreau @reneauguin @danasport_mc , mon club @artoisathletisme , le ministère des sports, la fédération d'athlétisme du Burkina, le laboratoire LSEE, l'entreprise BRUNONE, et bien sûr mes frères et sœurs au Burkina 🇧🇫 et en Afrique... Vous tous qui me soutenez de près ou de loin, Merci, Barka, anitché 🙏!!! . . . . #Dieuaucontrole #teamt #triplejump# Worldchampionship #doha2019 . . 📸 @bensoreau

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Les débuts

Zango a toujours été un athlète qui aime la pression qu'il se met pour se surpasser.

La volonté de réussir est ce qui l'a aidé dans un sport que très peu de gens dans la nation fan de football comprennent.

« J'ai commencé par le taekwondo, puis j'ai laissé tomber. J'aimais beaucoup les sports de combat. »

« J'ai commencé l'athlétisme un peu par hasard. Les principaux sports au Burkina Faso sont le football et le cyclisme. On n'entend pas beaucoup parler d'athlétisme au Burkina Faso. »

« En 2011, j'ai été repéré pour participer à une compétition scolaire. Lors de cet événement, un entraîneur du Stade du 4 août, l'un des seuls stades avec une piste d'athlétisme dans le pays, a vu que je pouvais faire un bon sauteur. »

« J'ai commencé à m'entraîner avec lui en 2012 jusqu'en 2015. En 2016, j'ai déménagé en France et je me suis entraîné pendant deux ans avec un entraîneur local ».

Son coach : Teddy Tamgho

Les médailles d'argent remportées aux Universiades d'été Gwangju en 2015 et aux Championnats d'Afrique de Durban en 2016 ont renforcé sa conviction.

Il a cependant eu du mal à trouver ses marques aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 et lors de ses premiers Championnats du monde à Londres un an plus tard.

Mais cela ne l'a pas découragé.

Zango a plutôt cherché quelqu'un pour renforcer ses ambitions démesurées de « 18 mètres et plus ».

Teddy Tamgho, le champion du monde 2013, était le candidat idéal.

Comment se sont-ils rencontrés ?

« J'ai connu Teddy grâce aux réseaux sociaux et au monde de l'athlétisme », a déclaré le jeune homme de 26 ans.

« Le fait que le président de mon club actuel en France, l'Artois Athlétisme, connaissait également Teddy m'a aidé. J'ai parlé au président et lui ai demandé s'il pouvait parler à Teddy en mon nom afin qu'il puisse m'entraîner pour améliorer ma technique. Teddy a accepté ».

Des projets ambitieux

Zango s'avère être une personne qui apprend vite.

Il a peut-être manqué son objectif à Doha en 2019, mais il est passé si près d'améliorer le record du monde en salle de 17,92 m établi par Tamgho lors des championnats européens en salle de 2011.

Il a sauté 17,77 m, un nouveau record d'Afrique, lors du Meeting de Paris le 2 février.

« Je pense que nous pouvons faire de grandes choses ensemble ».

« Il m'a donné beaucoup de conseils sur la façon de gérer les événements de haut niveau, sur mon état physique et mental en général », a-t-il ajouté au sujet de son entraîneur français.

Il sait ce qu'il a traversé pour atteindre le niveau auquel je veux arriver.

Pour moi, le plus important est le record du monde.

C'est ce que je veux atteindre.

Zango veut voler.

Il veut se rapprocher et peut-être même dépasser le record de Jonathan Edward de 18,29 m établi en plein air.

« Usain Bolt a porté le sport à un autre niveau. Il a dépassé les limites humaines. Et c'est ce que je veux faire pour améliorer le record du monde », a-t-il dit en parlant de ses rêves d'être dans l'histoire de l'athlétisme.

« 18,29m, c'est bien, mais je ne pense pas que ce soit la limite humaine. Quand je serai détenteur du record du monde, j'aurai tout fait ».

Hugues Fabrice Zango a un plan pour les records en 2020
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L'avenir

Ses rêves olympiques ont été retardés pour l'instant mais pas pour autant anéantis.

« Je m'attendais au report des Jeux Olympiques et maintenant la priorité est de rester en bonne santé. Il y a eu des difficultés pour s'entraîner et de nombreuses compétitions ont été annulées », a déclaré Zango à Olympic Channel.

« Si tout revient à la normale, nous aurons encore quelques compétitions à faire cet été, mais l'objectif reste les Jeux Olympiques de 2021. En tant que croyant, je sais que j'aurai des Jeux exceptionnels ».

Avant même que ses titres sportifs et universitaires n'évoluent, il jouit déjà d'un statut de célébrité dans son pays.

« Maintenant, oui. Je commence à devenir connu. Quand vous dites Hugues Fabrice Zango le triple sauteur, la plupart des gens me connaissent. Maintenant les gens commencent à comprendre et à suivre l'athlétisme, et le triple saut [au Burkina Faso]. Je suis assez connu parmi les jeunes ».

« En triple saut, je voudrais gagner une médaille olympique pour le Burkina Faso. Nous n'avons jamais gagné de médaille olympique. »

Nous ne sommes pas loin.

Au Japon, je pense que nous serons prêts pour la victoire.

Vie professionnelle

Ses rêves sportifs sont en phase avec ses aspirations professionnelles.

Il étudie pour son doctorat à Lille.

« Les études sont très importantes, surtout dans le sport individuel où il n'y a pas beaucoup d'argent comme dans le football. Le jour où votre carrière est terminée, si vous n'avez pas d'autres projets, vous pouvez vous retrouver dans des conditions difficiles. Nous avons vu des athlètes de haut niveau qui n'avaient pas de plan pour leur après-carrière », a déclaré Zango.

« Pour le doctorat en génie électrique, ce que je veux, c'est être professeur. Dans nos universités [au Burkina Faso], surtout dans les disciplines techniques comme le génie électrique ou la mécanique, nous n'avons que des professeurs étrangers qui y enseignent ».

Mon objectif est d'être parmi les premiers professeurs locaux,

pour partager mes connaissances avec les étudiants de mon pays.

Par Olympic Channel.