Gwladys Épangue : « Le bon moment pour faire avancer tous ses projets »

Rio de Janeiro, BRÉSIL - 20 août 2020 : La Népalaise Nisha Rawal contre la Française Gwladys Épangue lors de la compétition de taekwondo féminin (+67 kg) des Jeux de Rio 2016.
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 20 août 2020 : La Népalaise Nisha Rawal contre la Française Gwladys Épangue lors de la compétition de taekwondo féminin (+67 kg) des Jeux de Rio 2016.

Aujourd'hui chargée de communication dans sa fédération de toujours, la Fédération française de taekwondo, Gwladys Épangue a participé à trois éditions des Jeux Olympiques, a été médaillée de bronze à Pékin en 2008 et double championne du monde en 2007 et 2011. Elle a aussi été la chef de mission de la jeune équipe de France aux JOJ de Buenos Aires en 2018. Gwladys Épangue nous parle aujourd'hui de tout ce qu'il est possible de faire en période de confinement afin de se préparer au mieux pour la suite.

Quel est votre message pour les athlètes ?

Je leur dirais de faire contre mauvaise fortune bon cœur et d'accepter ce temps de retrait forcé du sport de haut niveau pour se concentrer sur les choses dont ils n'ont pas forcément eu le temps de s'occuper : la famille, la santé, faire attention à soi. C'est le moment de soigner tous les petits bobos, toutes les petites blessures. En gros, pour tout le monde, c'est aussi le moment de profiter les uns des autres, et faire le ménage dans sa vie, au propre comme au figuré. De réorganiser sa vie de sportif, car il y aura un avant et un après confinement. Et surtout, penser à planifier la suite ! Réfléchir à la façon dont on aura envie de s'organiser pour devenir meilleur. C'est aussi le moment de faire un bilan avec les entraîneurs, pour voir avec eux ce qui va, ce qui ne va pas.

Comment aborder au mieux cette période si particulière ?

Il faut prendre cette période de confinement à la fois très au sérieux, mais aussi comme une sorte de blague dont on cherche la chute : c'est pour quand ? Il faut rester optimiste. Sur les réseaux sociaux, je demande aux gens de rester absolument chez eux et de prendre leur mal en patience, de n'en tirer que du positif. C'est une situation exceptionnelle qui n'arrivera qu'une seule fois dans une vie, et il n'y aura que ces athlètes-là qui pourront dire qu'ils ont préparé les Jeux durant cinq ans !

Gardez-vous le contact avec tout votre entourage, et au-delà ?

Je reste connectée avec tout le monde, que ce soit ma famille ou mon milieu professionnel. Toute la technologie dont nous bénéficions aujourd'hui permet de ne pas être isolé. Cela me permet de faire le tour de mon annuaire téléphonique. C'est le bon moment, on sait que tout le monde est à la maison, on peut prendre des nouvelles des gens, je fais beaucoup ça, avec mes amis sportifs du monde entier, en Europe, en Chine, aux États-Unis, en Afrique. J’essaye de leur insuffler un peu de dynamisme : restez positifs, restez forts !

De quelle manière poursuivez-vous votre travail ?

Je travaille toujours pour ma fédération, mais depuis chez moi. Je suis connectée avec tous mes collègues et avec les athlètes de haut niveau qui m'envoient régulièrement des nouvelles et des messages que je poste sur nos réseaux sociaux. Nous mettons aussi en place des "Facebook training live sessions" : trois fois par semaine, il y a des pratiquants de taekwondo diplômés qui viennent donner une heure de cours - cela peut être du "cardio", du combat, de la technique… 

Avez-vous gardé un lien avec les jeunes athlètes de Buenos Aires 2018 ?

Je reste bien sûr en contact avec tous les jeunes athlètes que j'ai accompagnés lors des JOJ de Buenos Aires 2018 où j'étais la chef de mission de la délégation française. Ça se passe à l'heure actuelle sur les réseaux sociaux. À l'automne dernier quand nous avons fêté les un an des JOJ, je leur ai envoyé des souvenirs de tout ce nous avions partagé. C'est beau de les voir grandir et de les entendre s'exprimer. Ce fut une expérience géniale. J'allais à leurs compétitions, je les réconfortais quand ça n'allait pas. Je n'oublierai jamais ces moments.

Que pensez-vous du report d'un an des Jeux de Tokyo 2020 ?

Concernant le report des Jeux, c'est tout d'abord regrettable pour les athlètes car c'est une date profondément inscrite dans leur ADN, j'ai bien connu ça. Quelque part, c'est donc une souffrance. Mais il faut rester réaliste, si toutes les conditions de sécurité sanitaires ne sont pas réunies, c'est tout à fait normal qu'ils soient reportés. Ce qui est en jeu est trop important pour ne pas avoir été pris en compte. C'est une bonne décision, c'est celle qu'il fallait prendre.

Il y a trois hashtags promus par le CIO qui circulent parmi les athlètes du monde entier, comment les interprétez-vous ?

StrayStrong : Cela veut dire qu'Il faut rester fort mentalement, se bagarrer pour rester discipliné contre le virus. Mais cela se passe aussi au niveau physique. Un sportif de haut niveau doit garder la forme, entretenir un niveau minimum pour ne pas trop perdre quand ce sera l'heure de la reprise. Je le prends donc comme un challenge mental et physique.

StayActive : L'athlète doit continuer à travailler sur ses projets, en créer de nouveaux, avancer dans les cours et à l'école si jamais il est étudiant, car c'est difficile d'être sportif de haut niveau et de poursuivre ses études. C'est donc le moment pour avancer ! De manière professionnelle aussi. Si l'on veut monter un business, c'est le moment d'y réfléchir. Le cerveau continue à tourner pour s'améliorer. C'est cela rester actif.

StayHealthy : Ça c'est évident : c'est la première des choses. Pour rester en forme, pour rester en bonne santé, restons chez nous ! C'est le hashtag de la protection. C'est hyper important. Une fois qu'on est en bonne santé, on peut mettre en place ses projets et bien sûr se maintenir en forme.

Par Olympic.org