Ginés et Duffy : Rencontre entre deux prodiges de l’escalade

Tokyo, JAPON - 6 mars 2020 : Des participants de l’épreuve de bloc du test-event lors d’escalade des Jeux de Tokyo 2020 au Parc de sports urbains d’Ariake. L’événement était réservé aux grimpeurs locaux en raison de la pandémie de COVID-19.
Tokyo, JAPON - 6 mars 2020 : Des participants de l’épreuve de bloc du test-event lors d’escalade des Jeux de Tokyo 2020 au Parc de sports urbains d’Ariake. L’événement était réservé aux grimpeurs locaux en raison de la pandémie de COVID-19.

Ils ont accompli la même chose : la qualification olympique. Tous deux ont également le même rêve : la gloire à Tokyo. Ils ont aussi eu l’occasion de partager la même compétition. Mais aujourd’hui, Alberto Ginés (ESP, 17 ans) et Colin Duffy (USA, 16 ans) - les deux plus jeunes grimpeurs à avoir obtenu leur qualification pour Tokyo 2020 - vont apprendre à mieux se connaître après une interview croisée pour Tokyo2020.org.

Ginés interview Duffy

Alberto Ginés : Qu’est ce que les Jeux Olympiques représentent pour toi ?

Colin Duffy : Représenter mon pays pour la première épreuve d’escalade aux JO est une chance et je vais essayer de montrer l’exemple pour l’avenir de mon sport. Je dirais que la plus grosse partie est simplement de participer à cette première, et de représenter mon pays.

A.G. : À partir de quand les Jeux Olympiques sont-ils devenus un objectif ?

C.D. : Pas avant le début de l’année 2020. L’année dernière, je n’ai pas pu faire beaucoup de tournois qualificatifs. Je n’ai pas eu l’opportunité d’y aller. C’est donc en janvier dernier avec la compétition nationale américaine de combiné, qualificative pour tous les résidents du continent américain, que j’ai réalisé que c’était possible. Mais ça avait l’air bien compliqué… Ça avait l’air possible mais ce n’était pas un objectif avant la fin de la compétition qui m’a permis d’accéder à la compétition pan-américaine. Ce n’est donc qu’en début d’année que c’est devenu un objectif.

A.G. : Comment te définirais-tu en tant que compétiteur ?

C.D. : Je dirais que j’ai un très gros mental. Les mauvaises performances sont très rares. Je pense que c’est ma caractéristique principale. Lorsque je suis en compétition, je donnerai toujours le meilleur de moi-même et j’arrive toujours à mettre la pression aux autres.

A.G : Quelle a été ta compétition la plus spéciale ?

C.D. : La compétition pan-américaine, c’est sûr. C’était ma première véritable grande compétition internationale et le public de Los Angeles était super. C’était très long, et le simple fait de passer la semaine à Los Angeles, ainsi que la préparation de la compétition, était magique. Au final, tout ce qui s’est passé là-bas était super spécial et cela restera dans un coin de ma tête lors de la plus importante des compétitions.

L’autre compétition qui m’a marqué est sans aucun doute mon premier Championnat du monde de jeunes, en 2017 à Innsbruck en Autriche. J’ai réussi à gagner en tant que jeune compétiteur dans ma catégorie. C’était très bizarre, car je n’avais aucune idée du niveau des autres adolescents dans le monde et de ma préparation.

A.G : Décris moi en un mot

C.D : Féroce, je dirais. Tu es un super compétiteur, avec la rage de vaincre !

Duffy interview Ginés

Colin Duffy : Quel a été ton premier souvenir d’escalade ?

A.G. : La première fois que j’ai essayé ce sport. J’avais 3 ans lorsque mon père m’a amené à un mur d’escalade.

C.D. : Comment décrirais-tu ta première expérience en coupe du monde ?

A.G. : C’était très spécial car je ne m’attendais pas à grand chose. Mes partenaires m’ont fait un peu peur. Ils m’ont dit que c’était quasiment impossible d’être compétitif sur cet événement. Mais finalement, j’ai été très bon et j’ai terminé septième, même si j’étais très anxieux. Je me souviens que lors du petit-déjeuner avant l’événement, mes mains tremblaient. Je n’ai même pas pu avaler mes céréales ! Au final, c’était une expérience plutôt cool.

C.D. : Qu’attends-tu le plus des Jeux Olympiques ?

A.G. : Je suis très curieux de voir ce que ça donne de l’intérieur. Mes potes au CAR (ndlr : Centre de haut-niveau, de l’espagnol Centro de Alto Rendimiento) m’ont raconté ce dont ça avait l’air, mais je ne peux même pas me l’imaginer. Je ne m'attends à rien en fait, comme ça je ne pourrai pas être déçu. Mais je ne pense pas. Je m’attends à un grand esprit sportif et une atmosphère familiale. C’est comme ça qu’ils ont décrit les Jeux.

C.D. : Comment me décrirais-tu en un mot ?

A.G. : J’ai besoin de plus de mots (il rigole). Tu es un très grand compétiteur. C’est ce qui te décrit le mieux, du peu que je te connaisse !