Faith Kipyegon veut « défendre son titre avant de passer sur 5 000 m »

La Kenyane Faith Kipyegon célèbre sa victoire lors du 1000 m féminin du meeting Ligue de diamant de Monaco.
La Kenyane Faith Kipyegon célèbre sa victoire lors du 1000 m féminin du meeting Ligue de diamant de Monaco.

Faith Kipyegon, médaillée d'or des Jeux Olympiques de Rio 2016, a fait un début de saison fulgurant, et ce même pendant la pandémie de COVID-19, en étant à moins d'une seconde de battre le record du monde du 1000 m. Elle a maintenant l'intention de défendre son titre à Tokyo, avant de passer sur le 5 000 m. 

Suite de la pandémie de COVID-19, la situation mondiale actuelle est pleine de doute et d'incertitudes, mais au moins une chose reste constante :

Quand Faith Kipyegon court, Faith Kipyegon gagne.

Kipyegon a été très proche de battre un record mondial, non pas une, mais deux fois au cours du mois dernier. Lors de du meeting Ligue de diamant de Monaco, elle a été à deux doigts de battre le record du monde du 1000 m, terminant la course en un temps de 2 min 29 s 15. La semaine suivante à Bruxelles, elle a de nouveau participé au 1000 m, franchissant la ligne d'arrivée en 2 min 29 s 92, juste avant Svetlana Masterkova qui avait réalisé un temps de 2 min 28 s 98 en 1996.

Le 8 septembre, Kipyegon a repris sa distance préférée, le 1 500 m, et remporté la victoire en 3 min 59 s 05 - faisant du même coup le meilleur temps de la saison et inscrivant un nouveau record pour cette épreuve.

Jusqu'à présent, tout semblait facile pour l'athlète. Mais ce n'est évidemment pas le cas.

« Ce n'était pas agréable de s'entraîner seule », a expliqué Kipyegon en décrivant son programme d'entraînement au cours des dernières semaines.

« Nous sommes toujours isolés, nous nous entraînons seuls... et je remercie vraiment Dieu parce que j'ai fait des merveilles à Monaco, en y allant avec un petit travail de vitesse et avec aussi beaucoup d'endurance, et c'était vraiment, vraiment bon pour moi et c'était incroyable. »

Faith Kipyegon : « Je veux défendre mon titre à Tokyo 2020 »

Une championne olympique calme et en confiance

Kipyegon est à la fois humble et modeste quand il s'agit d'elle même. Et en plus de sa personnalité attachante, c'est une confiance en soi sans faille qui l'a conduite à remporter des médailles d'or aux Jeux Olympiques de Rio 2016 et aux Championnats du monde de Londres 2017.

Lors de la finale du 1 500 m à Rio, de nombreux experts avaient prédit une victoire de l'Ethiopienne Genzebe Dibaba, alors détentrice du record du monde. Mais même sans titre en senior, Kipyegon était confiante dans sa capacité à remporter l'épreuve.

« En 2016, quand je suis allée à Rio, j'étais vraiment en forme et j'étais préparée pour les Jeux Olympiques. Je savais que quoi qu'il arrive là-bas, j'étais en bonne forme et je visais la médaille d'or. Je n'allais pas rentrer chez moi sans médaille d'or », a expliqué l'athlète originaire de Bomet, au Kenya.

« J'étais vraiment en pleine forme et il [l'ancien entraîneur de Kipyegon, Bram Som] m'a dit "nous sommes en 2016 et nous devons faire des miracles ici à Rio". Et j'ai cru en moi. »

La finale n'était même pas serrée. Kipyegon s'est échappée loin devant ses rivales, la Néerlandaise Sifan Hassan ainsi que les Britanniques Laura Weightman et Laura Muir, pour s'imposer en un temps de 4 min 08 s 92.

« J'étais tellement heureuse. Je n'y croyais pas. C'était juste une surprise pour moi et c'était vraiment super. »

« En fait, pour moi, obtenir cette médaille d'or était tout dans ma vie, j'étais si heureuse. »

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Happy 1st birthday to our beautiful daughter, Alyn!

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Reprendre après l'accouchement, plus forte que jamais

En 2018, Kipyegon est devenue maman pour la première fois. Et c'est un rôle qu'elle prend à coeur : « C'est vraiment agréable de voir ma fille courir partout et m'appeler "maman". Cela me motive à travailler dur pour son avenir. »

Et quand Kipyegon explique qu'il n'est pas facile de trouver un équilibre entre fonder une famille et vivre la vie d'une athlète de haut niveau, elle reconnaît rapidement la différence que fait le soutien de son entourage aux athlètes féminines qui souhaitent reprendre leur carrière après leur accouchement.

« Ce n'est pas facile de concilier la vie d'une athlète de haut niveau... car il faut trouver un équilibre à la fois en tant que mère et en tant qu'athlète. Ce n'est pas facile. »

« À vrai dire, ce n'était pas très facile de revenir. Mais je remercie Dieu d'avoir eu des gens qui m'ont soutenu, mon manager, mon coach - je les remercie vraiment, parce que sans eux, je ne serai pas revenu. Parce que la plupart des athlètes féminines, si elles n'obtiennent pas de soutien, elles ne peuvent pas revenir aussi vite. »

Pourtant, son retour à la compétition à haut niveau a été tout simplement spectaculaire. Lors des championnats du monde de 2019 à Doha, un an après avoir son accouchement, Kipyegon a remporté une médaille d'argent avec un record national de 3 min 54 s 22. Un an plus tard, proche de son pic de forme, Kipyegon peut commencer à rêver de la plus grande scène sportive : les Jeux de l'année prochaine à Tokyo.

« Nous espérons que la saison se passera bien, et pour moi, je me souhaite le meilleur, des temps rapides, et j'attends les Jeux Olympiques de l'année prochaine avec impatience », a déclaré Kipyegon avec enthousiasme.

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Happy #OlympicDay, see you next year in Tokyo! 🤗

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Le 5 000 m après Tokyo?

En ce qui concerne les Jeux de l'année prochaine, les objectifs de Kipyegon sont clairs : défendre son titre à Tokyo. Mais les Jeux Olympiques de l'année prochaine pourraient aussi être la dernière fois que nous verrons la reine du 1 500 m courir cette distance.

« J'espère que je pourrais défendre mon titre avant de me mettre au 5 000 m, car je veux faire du 5 000 m dans un futur proche. Je veux défendre mon titre aux Jeux Olympiques en 2021 et j'espère que j'arriverais a faire de mon mieux. »

Pour l'instant, Kipyegon se concentre sur son excellente forme du moment avant que l'épreuve des JO de Tokyo 2020 ne démarre, le lundi 2 août 2021.

D'ici là, elle continue de travailler dur et reste disciplinée - des traits de caractère qui l'ont vue devenir l'une des plus grandes coureuses du monde.