Euro 2020 : changement de méthode mais même objectif pour les Bleues

Hambourg, ALLEMAGNE - 15 décembre 2017 : La handballeuse française Siraba Dembélé-Pavlovic lors des Championnats du monde 2017, remportés par les Bleues.
Hambourg, ALLEMAGNE - 15 décembre 2017 : La handballeuse française Siraba Dembélé-Pavlovic lors des Championnats du monde 2017, remportés par les Bleues.

L’équipe de France de handball féminin démarre son Euro 2020 ce soir face au Monténégro. Tenantes du titre, les Bleues souhaitent conserver leur bien mais surtout accumuler de la confiance à moins de huit mois des Jeux de Tokyo 2020.

Retrouver le sourire en compétition. Depuis la défaite en tour préliminaire du Mondial 2019 au Japon, une grande déception en tant que tenante du titre, l’équipe de France de handball féminin a entrepris des changements pour retrouver les sommets. Des nouveautés testées ce vendredi à 18h15 face au Monténégro, pour le premier match de l’Euro 2020 (3-20 décembre) au Danemark.

Les Bleues entament cette compétition comme championne en titre. Mais le contexte est très différent de l’an passé. Après une médaille d’argent remportée aux Jeux Olympiques de Rio 2016, un deuxième titre mondial en 2017 et un premier titre européen en 2018, l’équipe dirigée par Olivier Krumbholz surfait sur une grosse vague de succès. Qui, paradoxalement, a pu être préjudiciable.

« On était dans l’illusion d’une forte motivation », explique le technicien français dans le journal l’Équipe.

Une nouvelle méthode d’entraînement

Au fil de nombreuses réunions en ligne pendant la période sans compétition causée par la pandémie de COVID-19, d’une série d’entretiens individuels avec les joueuses et de remise en cause des méthodes d’entraînements, l’équipe de France a retrouvé de la fraîcheur. Comme l'avait confirmé la Golden League d’octobre dernier, soldée par deux victoires pour une défaite.

« On s’était aperçu en fait que nos entrainements étaient trop longs et pas suffisamment intensifs », précise l’adjoint de Krumbholz, Sébastien Gardillou, sur le site de la FFH. À vouloir trop bien faire et étudier toutes les situations, on s’est rendu compte que l’on générait finalement trop de temps faibles. Il fallait rendre les séances plus attractives et surtout centrées sur un objectif principal, alors que nous avions sans doute tendance à vouloir tout faire par moment. On essaie d’optimiser le temps en fait, tout en allant plus loin avec des séances filmées, débriefées, et du spécifique gardiennes contextualisé avec le thème travaillé, ce qui permet d’ailleurs plus d’enchaînement de tâches. »

Si les séances ont été raccourcies dans leur contenu, leur fréquence n’a pas diminué. Avant de s’envoler au Danemark, les Bleues ont enchaîné 13 entraînements en 15 jours, comme le précise l’Équipe. Place maintenant à la compétition officielle, la dernière avant les JO de Tokyo 2020.

Pineau absente, Dembélé-Pavlovic de retour

Les Bleues seront privées de leur demi-centre Allison Pineau aux 250 sélections en raison d’une double fracture au nez subie en Ligue des Champions il y a deux semaines, mais elles retrouveront leur capitaine emblématique en compétition officielle, Siraba Dembélé-Pavlovic. L’arrière gauche de 34 ans, 277 sélections au compteur et 831 buts marqués en bleu, qui avait fait une pause maternité pour donner naissance à des jumeaux, pourrait être un élément clé sur le terrain, notamment dans les moments décisifs.

L’arrière droite Alexandra Lacrabère (33 ans) sera également une joueuse fondamentale lorsqu’il s’agira de remporter les duels et de prendre des tirs (793 buts inscrits en équipe de France). La demi-centre de Rostov, en Russie, Grâce Zaadi, sera aussi présente au Danemark et pourrait être un atout de taille en défense, au même poste que Pineau.

Les deux brestoises Pauletta Foppa et Kalidiatou Niakaté, décisives dans leur club et notamment en Ligue des Champions la saison dernière où elles ont atteint le Final Four avant que la compétition ne soit annulée, auront également un rôle à jouer, tant l’équipe de France cherche « les associations les plus judicieuses et complémentaires, en s’appuyant sur l’expérience des filles en club », explique le site de la FFH.

Premier match capital

Après le Monténégro, la France défiera la Slovénie le 6 décembre et le Danemark le 8 décembre pour le dernier match du Groupe A. Les trois meilleures équipes se qualifieront pour le tour principal, où deux poules de six équipes se disputeront les deux meilleures places pour accéder aux demi-finales et tenter de remporter le titre européen.

Première étape ce soir contre le Monténégro, et même si la France s’était facilement imposée (29-13) en Golden League il y a un mois, la donne aura changée, notamment en raison du retour de la meilleure marqueuse de Ligue des Champions 2019-2020 dans les rangs monténégrins, Jovanka Radicevic. Le sélectionneur Olivier Krumbholz prédit une opposition délicate mais capitale.

« On s’attend à une opposition plus sérieuse, plus dure, plus engagée que le match de Golden League largement gagné il y a maintenant deux mois. Cette formation aura comme objectif de passer au deuxième tour au minimum et elle va saisir toutes les occasions. […] Ce premier match a une importance énorme. »