L’équipe de France féminine, un groupe de potes en or

Hambourg, ALLEMAGNE - 17 décembre 2017 : Allison Pineau célèbre le titre de championne du monde de l’équipe de France féminine de handball après sa victoire contre la Norvège en finale.
Hambourg, ALLEMAGNE - 17 décembre 2017 : Allison Pineau célèbre le titre de championne du monde de l’équipe de France féminine de handball après sa victoire contre la Norvège en finale.

Après leur médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Rio 2016, l’équipe de France féminine de handball a enchaîné sur un titre de Championne d’Europe et du monde. La patronne Allison Pineau et la gardienne Laura Glauser expliquent dans une interview croisée ce qui leur a manqué en 2016 et dévoilent leur ambition en or pour Tokyo.

Historique. À Rio, l’équipe de France féminine de handball remportait sa première médaille olympique, en argent, au terme d’un match épuisant qui venait de conclure deux semaines de tournoi épique. Sorties de leur groupe avec quatre victoires et une défaite, les Bleues on réalisé un parcours quasi sans faute pour rejoindre la Russie en finale, contre qui elles avaient déjà perdu en phase de groupe.

Le challenge était relevé, d’autant plus pour l’une des patronnes de l’équipe, Allison Pineau, qui avait été très sollicitée lors de cette aventure olympique. C’est d’ailleurs la fatigue qui a été selon elle l’élément décisif.

« À l’époque, le coach Olivier Krumbholz ne faisait pas beaucoup tourner l’effectif », confie la demi-centre de 31 ans lors d’un entretien accordé à Olympic.org.

« Les cadres qui portaient le tout avaient beaucoup joué et en bout de course, nous étions particulièrement fatiguées. Avant la finale, je cumulais huit heures de temps de jeu, c'est énorme sur une compétition. Nous avons aussi laissé beaucoup d'influx nerveux durant le tournoi, et le tout assemblé, il nous a manqué ces deux ou trois petits buts pour rivaliser. Mais on est entrées dans l'histoire en gagnant la première médaille olympique du hand féminin. »

Rio de Janeiro, BRÉSIL - 18 août 2016 : La gardienne française Laura Glauser célèbre la victoire de l’équipe de France en demi-finale des Jeux Olympiques de Rio 2016 contre les Pays-Bas.
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 18 août 2016 : La gardienne française Laura Glauser célèbre la victoire de l’équipe de France en demi-finale des Jeux Olympiques de Rio 2016 contre les Pays-Bas.
2016 Getty Images / Sam Greenwood

« Rien que d'en reparler, j'en ai des frissons. »

Une première médaille olympique qui annonçait d’autres succès, historiques eux aussi. Un an plus tard, les Bleues remportaient leur deuxième titre mondial de leur histoire, après l’aventure dorée de 2003. Elles enchaînaient ensuite en 2018 pour remporter l’Euro de handball féminin, en France. Le premier, celui-ci.

Deux succès qui sont finalement les résultats d’une leçon acquise à Rio. L’entraineur Olivier Krumbholz, toujours à la tête de l’équipe de France, a en effet fait tourner son effectif.

« [La défaite en finale olympique] est aussi ce qui a permis les succès que nous avons obtenus ensuite, en donnant plus de temps de jeu à tout le monde. »

Comme un symbole, c’est une nouvelle fois contre la Russie que la France s’est retrouvée en finale de l’Euro, deux ans après Rio. Une finale remportée à l’allure de revanche qui assurait la qualification directe pour les JO de Tokyo 2020.

« Quand une équipe gagne contre vous une fois, deux fois, vous avez juste envie de les battre au bon moment, quand il faut », raconte Glauser, 26 ans, la « petite soeur » de Pineau selon ses mots.

Un moment inoubliable pour l’ainée des deux joueuses qui entretiennent une amitié « fusionelle » depuis qu’elles se sont rencontrées au club de Metz en 2010.

« Ça a été un moment incroyable », amorce Pineau. « C'est encore difficile aujourd'hui de réaliser ce qui a été accompli ces 3-4 dernières années. Le top a été de réussir à conquérir ce premier titre européen à la maison, il arrivait après notre victoire aux championnats du monde en 2017. Et puis finir à Bercy, devant notre public face à la Russie… Rien que d'en reparler, j'en ai des frissons. »

« Avant d’être des coéquipières, nous sommes amies »

Des frissons partagées par toute l’équipe. Mais plus qu’une équipe, c’est un groupe d’amies qui a soulevé ces deux trophées internationaux. « Avant d’être des coéquipières, nous sommes amies » confie Laura Glauser.

En raison de la pandémie de COVID-19, le groupe France n’a pas pu se rassembler mais le lien n’a jamais été coupé. « J'ai eu pas de mal de contacts avec certaines filles, et aussi avec le coach. Nous travaillons dans une excellente ambiance, et c'est normal que nous restions en contact pendant cette période particulière », poursuit Glauser.

« Nous avons toutes cette volonté de rester en contact et d’échanger », confirme Allison Pineau, qui disputera ses quatrièmes Jeux Olympiques à Tokyo. « Cela fait six mois que nous ne sommes pas regroupées, il est donc important de communiquer entre nous. Il y a aussi ces échanges par vidéo avec le collectif et tout le staff pour prendre la température, pour savoir comment envisager la suite et les éventuels regroupements. »

Il est clair que nous viserons la première place.

L’or ou rien

La suite, les deux joueuses ne la voient que d’une seule manière : teintée d’or. Après un faux-pas au Mondial 2019, elle tenteront de défendre leur titre européen en décembre prochain lors de l’Euro au Danemark et en Norvège. Elle se dirigeront ensuite vers Tokyo pour conquérir l’or olympique, à l’instar de leurs homologues masculins, sacrés champions olympiques à Pékin 2008 et Londres 2012. 

Allison Pineau estime que c’est la suite logique et qu’il est impossible de viser autre chose que l’or : « Dans notre situation, quand on a goûté à l'argent, quand on a disputé une finale, quand on a été championnes du monde 2017 et d'Europe 2018, on se dit qu'à la prochaine olympiade, l'objectif est d'aller chercher le titre. »

Celle qui gardera le but des Bleues insiste quant à elle sur le travail nécéssaire pour atteindre le summum de la carrière d’une sportive : « Je sais que nous allons devoir travailler très, très dur, parce que l'année des Jeux, c'est toujours très spécial, n'importe quel sportif pourra vous le dire. Vous travaillez encore plus, vous vous donnez encore plus à fond. On verra bien, mais il est clair que nous viserons la première place. »