De Haître : Tokyo 2020 et Pékin 2022 dans le viseur

Le Canadien Vincent de Haître lors des Championnats du monde de cyclisme sur piste de Berlin (26 février - 1er mars 2020)
Le Canadien Vincent de Haître lors des Championnats du monde de cyclisme sur piste de Berlin (26 février - 1er mars 2020)

L’athlète canadien Vincent De Haître a participé aux JO d’hiver de Sotchi 2014, de Pyeongchang 2018 en patinage de vitesse et vise une troisième participation à Pékin 2022. Mais entre temps, il s’est lancé le défi de participer aux Jeux d’été de Tokyo 2020 en cyclisme sur piste.

Vincent De Haître est un athlète incarné. À 5 ans déjà, ses voisins l’emmenaient jouer à la patinoire du coin. La vitesse, c’était son truc. Et son talent n’a pas tardé à être repéré. Il continue, il persévère et quelques années plus tard, il participe aux Jeux Olympiques d’hiver en patinage de vitesse sur 1500 m, à Sotchi 2014 et à Pyeongchang 2018.

« Vince » est un passionné et ne fait pas les choses à moitié. Il cherche l’excellence partout, tout le temps. La zone de confort est inconnue pour lui, si bien qu’il vise désormais le niveau olympique dans une autre discipline : le cyclisme sur piste.

C’est à Tokyo 2020 qu’il ambitionne d’inaugurer son nouveau parcours olympique en poursuite par équipe. Un projet fou, réalisé par peu d’athlètes avant lui, dont la Canadienne Clara Hughes auprès de qui Vincent De Haître a pris conseil, comme il l’expliquait à Radio Canada. Elle a remporté le bronze en cyclisme sur route aux JO d’Atlanta 1996 et quatre médailles olympiques dont une en or en patinage de vitesse lors des Jeux de Salt Lake City 2002, Turin 2006 et Vancouver 2010.

Gangneung, RÉPUBLIQUE DE CORÈE - 13 février 2018 : Le Canadien Vincent De Haître lors du 1500 m de patinage de vitesse des Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang 2018.
Gangneung, RÉPUBLIQUE DE CORÈE - 13 février 2018 : Le Canadien Vincent De Haître lors du 1500 m de patinage de vitesse des Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang 2018.
2018 Getty Images / Maddie Meyer

Ni patineur, ni cycliste. Simplement athlète.

Le jeune Canadien n’est cependant pas un novice de la piste. En 2010, dans le but d’améliorer son endurance en patinage de vitesse, il rejoint l’Ottawa Bicycle Club. Au début, il n’est pas bon, mais il a envie et ne baisse pas les bras.

« Mon passage au cyclisme ne s’est pas fait sans heurts », se souvient-il dans une tribune publiée sur olympic.ca. « On pourrait dire que j’étais celui qui peinait le plus dans les entraînements en groupe. Cette situation m’a poussé à me fier davantage à mon expérience et à concentrer mes énergies sur les performances dans les moments importants. »

Petit à petit la discipline devient une vraie passion. Il y trouve certains aspects que le sport individuel ne lui apporte pas.

« Le cyclisme m’apporte les notions d’équipe et d’entraide que je n’ai pas dans le patinage de vitesse », expliquait-il à la chaîne de télévision canadienne ONFR.

Je suis un patineur de vitesse trop compétitif qui aime trop faire du vélo.

Record national sur piste et sur glace

Il décide alors de s’y consacrer à 100% pendant les mois d’été. Lors des derniers Championnats du monde de cyclisme sur piste à Berlin (du 26 février au 1er mars 2020), le natif d’Ottawa a terminé 4e du contre-la-montre 1000 m. Il détient d’ailleurs le record national de la discipline. 

« Je suis fier de vous dire que je suis la première personne à détenir un record national du 1000 m dans les deux sports », ironise-t-il. 

Aujourd’hui il vise non seulement une participation aux Jeux de Tokyo 2020 mais également une médaille. Vu les défis sportifs et logistiques que cela implique, on serait tenté de lui demander pourquoi. Et la réponse est claire :

« Je suis un patineur de vitesse trop compétitif qui aime trop faire du vélo ! » Et de se définir lui-même ni patineur, ni cycliste. Simplement athlète.

Deux sports, un objectif : l’excellence

Mais comment fait Vincent De Haître pour atteindre un si haut niveau dans deux disciplines si différentes ? Le secret est qu’il n’a qu’un seul objectif : il vise l’excellence. Il est avant tout attiré par la notion d’athlète et les valeurs qui la caractérisent.

« La concentration, le dévouement, l’engagement, le savoir-faire physique et l’esprit critique » énumère-t-il. « Ce sont des valeurs universelles dont la bonne combinaison fait le bon athlète. »

Un équilibre physique et mental nécessaire à la réalisation de ces rêves. Car Vincent rêve de Jeux Olympiques depuis qu’il est enfant. Mais s’il ne s’arrête pas après une participation aux Jeux c’est pour une bonne raison : il considère que le chemin n’est pas terminé et que justement, l’expérience olympique est un long apprentissage.

Cela ne sert à rien de commencer quelque chose

si l’on ne s’y consacre pas entièrement.

Têtu, ambitieux ? Déterminé.

Autour de lui on a parfois pu le trouver trop têtu, trop ambitieux. Mais Vincent répond qu’il est déterminé. Sans nier toutefois qu’il possède un esprit très compétitif.

S’il entreprend quelque chose c’est à une seule condition : « être le meilleur », affirme-t-il sur son site web.

« Cela ne sert à rien de commencer quelque chose si l’on ne s’y consacre pas entièrement. »

Le Canadien sait travailler avec acharnement pour arriver à son but. Un caractère qui lui a déjà valu deux participations olympiques et qui pourrait le conduire à une troisième, voire une quatrième.

Option 1 ou 2 ? La 3 !

Ce défi fou de participer aux Jeux de Tokyo 2020 puis à ceux de Pékin en 2022 n’allait pas sans une stratégie bien établie. Car on ne bascule pas d’une discipline à l’autre comme cela.

« Pour faire la transition entre le patinage de vitesse et le cyclisme il me faut un bon mois », admet Vincent.

L’annonce du report des Jeux a pour lui été à la fois un soulagement et un cauchemar. D’un côté, s’entraîner correctement dans les conditions liées à la pandémie de COVID-19 était devenu impossible, mais de l’autre cela voulait dire qu’il n’allait avoir que quelques mois pour s’entraîner pour les Jeux suivants à Pékin en 2022. Et il s’était déjà engagé à participer auprès des deux fédérations. Une décision difficile était alors à prendre pour l’athlète canadien.

Donner la priorité au cyclisme et laisser tomber les Jeux de Pékin 2022 ou choisir le patinage de vitesse et abandonner le rêve de Tokyo 2020. Ou bien une troisième option.

« Faire face à cet obstacle et miser sur moi-même en tant qu’athlète en utilisant tout mon savoir pour créer et communiquer un plan réalisable avec l’aide des deux équipes nationales, ce qui me permettra de m’entraîner et de d’être compétitif dans les deux sports simultanément afin de me préparer pour des Jeux olympiques consécutifs à l’intérieur d’un délai inédit. »

« Il va sans dire que pour moi, les deux premières options étaient inacceptables. »

Pas besoin de se prendre la tête pour De Haître. Il suffit de suivre ses envies.