Cinq choses à savoir sur Martin Thomas

Penrith, AUSTRALIE - 22 février 2019 : Le Français Martin Thomas lors des Championnats de canoë slalom d’Océanie 2019.
Penrith, AUSTRALIE - 22 février 2019 : Le Français Martin Thomas lors des Championnats de canoë slalom d’Océanie 2019.

Le céiste de 31 ans Martin Thomas a décroché son billet pour le Jeux de Tokyo 2020 lors des sélections olympiques françaises, aux dépens du champion olympique en titre Denis Gargaud-Chanut. 

Un format inédit pour un week-end palpitant. Les sélections olympiques de canoë se sont déroulées du 7 au 11 octobre dans le stade d’eaux vives pour déterminer les quatre athlètes français qui se rendront aux Jeux de Tokyo 2020 disputer les épreuves de canoë slalom (C1) et kayak slalom (K1).

Seul un athlète par catégorie, deux hommes et deux femmes, pouvaient se qualifier sur les 58 participants qui devaient effectuer trois courses, dont les deux meilleures étaient prises en compte.

En kayak hommes, Boris Neveu a décroché son ticket olympique, tandis que chez les femmes, c’est Marie-Zélia Lafont qui s’est imposée, notamment aux dépens de la championne olympique de la jeunesse 2014 et vice-championne d’Europe 2020 Camille Prigent (7e). En canoë femmes, la jeune Marjorie Delassus (22 ans) ira disputer ses premiers Jeux Olympiques.

L’épreuve de canoë hommes, dont la France détient quatre des cinq derniers titres olympiques, était indécise jusqu’à l’issue de la dernière course et la tension était « maximale », comme l’a confié le triple champion olympique Tony Estanguet (Sydney 2000, Athènes 2004, Londres 2012) dans le journal l’Équipe. Le favori n’était autre que le champion olympique en titre Denis Gargaud-Chanut, mais il a finalement terminé deuxième de la dernière course, qu’il devait absolument remporter pour s’envoler à Tokyo, même s’il a été le plus régulier des trois courses (2e, 3e, 2e). Un scénario cruel pour le Marseillais, qui rêvait de pouvoir défendre son titre.

C’est donc Martin Thomas, 31 ans, qui a décroché sa qualification pour les prochains Jeux.

L’occasion parfaite pour vous présenter les cinq choses à savoir sur le Français qui ira tenter de ramener un cinquième titre olympique en canoë slalom à la France.

1 - Déçu de la manière

Martin Thomas détient désormais sa qualification pour les Jeux de Tokyo 2020, mais il garde tout de même une saveur particulière compte tenu du contexte de sélection. 

« Je n’ai pas gagné avec la manière, il y avait trop de pression, ça me déçoit, mais c’est la règle », a-t-il confié à l’Équipe. « Les règles font que mes deux compères avec qui je me suis battu toute l’année (Denis Gargaud-Chanut et Cédric Joly) sont relégués à la deuxième et troisième place des sélections. Mais on a tous signé ces règles et aujourd’hui, c’est moi qui en profite. Je ne réalise pas encore. Il y a beaucoup d’émotion. Participer aux JO, j’en ai rêvé. Aujourd’hui ce rêve est exaucé. »

2 - Habitué des podiums internationaux

Lors des Championnats d’Europe 2019, il a remporté la médaille d’argent derrière le Slovène Benjamin Savšek. Il a également été médaillé d’argent par équipe lors de la même compétition, aux côtés de Denis Gargaud-Chanut et du champion du monde 2019 Cédric Joly. En 2017, il avait remporté le bronze par équipes aux Championnats du monde. Lors des Championnats d’Europe 2020, il n’est pas parvenu à monter sur le podium mais il a terminé meilleur français (7e), devant Gargaud-Chanut (9e) et Cédric Joly (10e).

3 - Passionné de kitesurf et de hauteur

En parallèle de sa vie de céiste, Martin Thomas est passionné de kitesurf et avec sa femme Armelle Courtois, kitesurfeuse professionnelle, ils ont monté le projet « Riding to Explore ». L’idée est de faire du kite-surf sur les lacs les plus hauts du monde. La première étape s’est déroulée dans les Alpes à 3000 m et la suite se passera dans les Andes, après les Jeux de Tokyo, à 4000 m puis ce sera au tour de l’Himalaya en automne 2021, à 5000 m.

« On a eu cette idée un jour d'avril 2019 », expliquait-il à l’Equipe. « Ce jour-là, on s'est dit, on va dans les Pyrénées faire un essai. Ça a marché, on a vu que c'était dur mais que c'était possible. On a rapidement imaginé aller plus haut et dans des lieux plus reculés. On est deux sportifs de haut niveau, on aime les défis et la haute montagne. »

4 - Engagé dans la préservation de l’environnement

Le projet « Riding to Explore » n’est par uniquement destiné à l’expérience ou à la performance. Il a également pour but de sensibiliser le public à la fonte des glaciers et de manière plus générale, à toutes les problématiques liées à la préservation de la montagne.

« Ce n'est pas du sport pur. L'objectif est de faire passer un message porteur sur des problématiques actuelles comme celle de la fonte des glaciers. Un glacier, c'est magique, associer le kite à cette image nous est venu naturellement. Il faut préserver les montagnes. »

5 - Fan de Mike Horn

Le céiste français est grand fan de Mike Horn, apprend-on sur le site de la fédération internationale de canoë (ICF). Cet explorateur sud-africain et suisse de 54 ans a réalisé de nombreuses expéditions dans des milieux sauvages et hostiles, en Antarctique et en Arctique notamment. Il a également descendu les quelque 6700 km du fleuve Amazone en hydrospeed, un flotteur d’eaux vives.