Cinq choses à savoir sur Guillaume Martin

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Guillaume Martin, meilleur français sur le Tour de France 2020 (11ème), fera partie des outsiders à surveiller aux côtés du leader tricolore Julian Alaphilippe lors des Championnats du Monde à Imola le 27 septembre. 

Le Tour de France est à peine terminé que les cyclistes repartent pour une compétition majeure : du 24 au 27 septembre se déroulent les Championnats du monde sur route à Imola en Italie, avec en point d’orgue la course en ligne le 27. Une course par équipe nationale qui, moins d’un an avant les Jeux, donnera sans doute quelques indications aux directeurs nationaux.

Pour Thomas Voeckler, le manager de l’équipe de France, la tâche ne sera pas aisée. Les Français, très attendus cette année sur la Grande Boucle, ont eu du mal et de fait Thibaut Pinot sera absent en Italie suite à des douleurs au dos et Romain Bardet, qui avait abandonné au soir de la 13ème étape suite à une chute, également.

L’ancien coureur, qui a délivré sa sélection (voir ci-dessous), est d’ailleurs assez clair sur son état d’esprit, comme il l’a expliqué à l’Equipe : « Si Julian [Alaphilippe] est à 100% c'est notre meilleure carte. Mais contrairement à l'an dernier, ce n'est pas notre seule chance de faire une belle performance. Ca sera pas tout pour Julian. »

De quoi laisser la porte ouverte à d’autres coureurs qui se sont mis en évidence sur le Tour comme Nance Peters ou Quentin Pacher, mais peut-être surtout à Guillaume Martin, 11ème du classement général et meilleur français. L’occasion de présenter, en cinq points, un coureur étiqueté philosophe, qui aime grimper et se faire mal et a le sens du sacrifice.

1 – L’étiquette du philosophe

Guillaume Martin, né en 1993, passe son bac L en 2010 avec un an d’avance avant de se lancer dans des études de philosophie. Passionné, il obtient un Master en 2015 à Nanterre, son mémoire de 183 pages portant sur « Le sport moderne : une mise en application de la philosophie nietzschéenne ?». Lorsqu’il passe pro en 2016, il est tout de suite étiqueté comme le philosophe du peloton, d’autant que pour son premier Tour de France en 2017, il est également chroniqueur au Monde.

Martin ne renie en rien son intérêt pour la philo mais admettait au micro de l’Equipe que « ça été vraiment pesant cet emballement médiatique autour de mon premier Tour de France 2017. Aujourd'hui, je le vis mieux. Mes performances sportives ont évolué, et les sujets sur ma double casquette de cycliste et de philosophe, que je comprends, sont un peu plus espacés. » Avant d’ajouter : « Je suis très content qu’on me parle plus de mon niveau athlétique que de philosophie…»

2 – Des parents inspirant

Sa maman est comédienne et son papa professeur d’Aïkido. Chacun à leur manière, ils ont soutenu Guillaume dans tous ses choix. Lorsqu’il écrit une pièce de théâtre intitulée « Platon VS Platoche », sa maman l’aide pour le casting et la logistique.

Petit, c’est avec son papa qu’il débute le sport, l’Aïkido qu’il pratique 10 ans, mais c’est aussi avec lui qu’il développe sa passion du vélo. « Avec mon père qui a couru à vélo, on refaisait l'Enfer de La Boderie, notre Paris-Roubaix », raconte-il.

3 – Le plaisir de la grimpe et de l’endurance

Normand de naissance, une région peu vallonnée, Guillaume Martin a pourtant toujours plutôt aimé grimper. « J’aime la montagne. Les bosses, grimper, lutter contre la gravité, j’ai toujours aimé. Et je continue d’éprouver ça, d’expérimenter ce plaisir de me confronter à la pente », expliquait-il au Monde avant le départ du Tour de France. Ses résultats, plutôt sur des courses à étapes (2ème du Tour de Sicile 2019, 8ème du Tour de Catalogne 2019, 11ème du Tour de France 2020) ou sur des classiques ardues (vainqueur de Liège-Bastogne-Liège Espoirs 2015) attestent d’ailleurs de son endurance et de son goût pour les cols.

4 – Le sens du sacrifice

Lors du championnat du Monde Juniors 2011 au Danemark, Guillaume Martin est en équipe de France et met sur orbite son coéquipier Pierre-Henri Lecuisinier dans le final, lui ouvrant les portes du titre suprême. Celui-ci déclare d’ailleurs à l’issue de la course : « On pourrait même couper les manches du maillot [arc-en-ciel] pour les donner à Guillaume... ». Lui sait bien que tout le paradoxe du cyclisme sur route est d’être un sport individuel pratiqué en équipe, ou vice-versa. « Il y a toujours cette tension entre l'individu et le collectif qui est très intéressante à travailler », confirme-t-il.

5 – Leader sur la Vuelta

Au vu de ses résultats sur le Tour (11ème cette année et premier Français), son équipe l’a désigné comme leader sur le prochain Tour d’Espagne, la Vuelta, qui démarrera depuis le Pays-Basque le 20 octobre prochain. « Je finis le Tour de France dans de bonnes conditions, avec un état de fraicheur important. J’ai l’impression que c’est encore le début de saison. Je me projette déjà sur la Vuelta. », a-t-il commenté dans la presse.

Avant cela, l’équipe de France comptera sur lui à Imola pour les championnats du monde, dont il dit lui-même que « le parcours peut me convenir, il se rapproche des classiques ardennaises. Je compte y jouer un rôle ».

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Chapeau messieurs, très belle course 🤩 . On pense évidemment très fort à @anthony.perez31 qui avait fait un super début de Tour . Oui, ils ne sont que 6 sur la photo car @eliaviviani était au contrôle anti-dopage. . Hats off guys 🤩 We think about Anthony Perez. Unfortunately Elia is not on the picture because he was at the anti-doping control. . #cofidismyteam #cycling #ciclismo #cyclingpics #cyclingphotos #velo #cycling #sport #roadcycling #bikelife #procycling #stravacycling #instacycling #cyclinglife #DeRosa #fulcrumfast #fulcrumwheels #teamwork #bike #TDF2020 . @derosabikes @ekoicycling @michelinbicycle @campagnolosrl @fulcrum_wheels @naliniciclo @erreasport @selle_italia @elite_cycling @nopinz @srmpower @eme.italy @lookcycle @namedsport @bangolufsen @latexconv @morganbluesportscare @vision_tech_usa @cristalineoffic @latexconv

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Les sélectionnés pour les championnats du monde

Épreuve contre-la-montre femmes, 24 septembre

Audrey Cordon-Ragot (Trek-Segafredo), Juliette Labous (Sunweb)

Épreuve contre-la-montre hommes, 25 septembre

Rémi Cavagna (Deceuninck-QuickStep), Benjamin Thomas (Groupampa-FDJ)

Épreuve en ligne femmes, 26 septembre

Audrey Cordon-Ragot (Trek-Segafredo), Victorie Guilman (FDJ-Nouvelle Aquitaine Futuroscope), Juliette Labous (Sunweb), Sandra Levenez (Arkéa-Samsic), Evita Muzic (FDJ-Nouvelle Aquitaine Futuroscope).

Épreuve en ligne hommes, 27 septembre

Julian Alaphilippe (Deceuninck-QuickStep), Julien Bernard (Trek-Segafredo), Kenny Elissonde (Trek-Segafredo), Valentin Madouas (Groupama-FDJ), Guillaume Martin (Cofidis), Rudy Molard (Groupama-FDJ), Quentin Pacher (BB Hotels-Vital Concept) et Nans Peters (AG2R La Mondiale).

Remplaçants : Warren Barguil (Arkéa-Samsic), Pierre-Luc Perichon (Cofidis), Pierre Rolland (B & B Hotels-Vital Concept) et Alexis Vuillermoz (AG2R La Mondiale).