Championnats de France : V. Lavillenie, Belocian et Bedrani en or, Robert-Michon dans l'histoire

Doha - QATAR - 01 octobre 2019 : Le Français Valentin Lavillenie participe à la finale du saut à la perche masculin lors de la cinquième journée des 17e Championnats du monde d'athlétisme de l'IAAF Doha 2019.
Doha - QATAR - 01 octobre 2019 : Le Français Valentin Lavillenie participe à la finale du saut à la perche masculin lors de la cinquième journée des 17e Championnats du monde d'athlétisme de l'IAAF Doha 2019.

Les Championnats de France d’athlétisme en salle se sont déroulés du 19 au 21 février à Miramas. Trois jours de compétition à huis-clos marqués notamment par la victoire de Valentin Lavillenie en saut à la perche. Mélina Robert-Michon est quant à elle devenue l'athlète française la plus titrée au niveau national, aux Championnats de France de lancers longs. Retour sur les résultats du week-end.

Perche : Valentin Lavillenie champion de France

Encore un Lavillenie sur la plus haute marche du podium du concours de perche. Mais cette fois-ci, ce n'est pas Renaud. C’est Valentin, son frère cadet, qui a remporté le concours avec une barre à 5,77 m lors des Championnats de France d'athlétisme en salle , qui ont eu lieu à Miramas du 19 au 21 février.

À 29 ans, le Clermontois décroche ainsi son premier titre de champion de France.

Valentin a fait son entrée dans le concours à 5,48 m avant de passer 5,60 m sans problème. Il a manqué sa première tentative à 5,72 m avant de finalement faire l’impasse sur cette barre après qu’Ethan Cormont, le pensionnaire de l’ASA Maisons-Alfort en grande forme depuis le début de la saison, ait effacé la même barre au premier essai (un petit centimètre sous son record personnel de 5,73 m). Il restait donc deux essais à Valentin Lavillenie pour franchir la barre à 5,77 m qu’il passa magistralement du premier coup.

Le champion olympique de Londres 2012 Renaud Lavillenie qui avait commencé son concours avec une barre à 5,66 m, passée au second essai, a fait l’impasse sur les autres hauteurs avant de rejoindre Valentin et Ethan à 5,82 m. Les trois hommes encore en lice ont échoué par trois fois sur cette barre offrant ainsi l’or pour Valentin Lavillenie, l’argent pour Ethan Cormont et le bronze pour Renaud Lavillenie.

« Je ne m’attendais pas forcément à être champion de France avec 5,77 m mais je suis content de moi car j’ai réussi à répondre à la bagarre. Ce titre peut m’aider à débloquer des choses, ça me donne de la confiance et c’est peut être l’élément qui me manquait. C’est un vrai titre de champion de France, tous les meilleurs étaient présents », a expliqué Valentin Lavillenie à la FFA.

1 500 m : Bedrani en feu

La finale du 1 500 m masculin était l’un des gros événements de ces Championnats de France. Les courses de demi-fond sont biens connues pour être très stratégiques et celle-ci n’a pas dérogé à la règle.

L'issue de la course s'apprêtait à se déterminer entre Baptiste Mischler et Azeddine Habz, seuls en tête avant d'attaquer le dernier tour. À ce moment, le cinquième des Championnats du monde 2019 sur 3000 m steeple Djilali Bedrani occupait également cette place. Mais il a décidé de placer son accélération avant d'aborder la dernière ligne droite pour rejoindre le duo de tête, puis se glisser dans un trou de souris laissé par Mischler et filer vers la victoire en s’imposant au sprint en 3 min 40 s 27 (Habz 3 min 40 s 30 et Mischler 3 min 40 s 31). Jimmy Gressier était lui aussi présent, mais il a terminé la course en quatrième position en 3 min 41 s 07.

« J’ai essayé d’être patient et de ne pas trop m’exciter. Je suis heureux de revenir à mon niveau, après un hiver un peu compliqué où je manquais de fraîcheur. Cette course me rassure, elle prouve que je peux être fort aussi sur des courses tactiques », a déclaré Djilali Bedrani.

Sur le 1 500 m féminin, Claire Palou de l’AS Aix-les-Bains a remporté son premier titre de championne de France avec un nouveau record de France espoir à la clé en 4 min 12 s 62, un record qui n’avait pas bougé depuis 1990 avec Véronique Pongerard. Après sa médaille de bronze aux Championnats de France 2020 sur 3000 m steeple, la jeune athlète de 19 ans s'impose de plus en plus comme la relève du demi-fond français.

« Ma stratégie était de ne pas me mettre dans le rouge dès le début, d'être économique derrière les filles. Je n'ai pas voulu m'accrocher trop devant, je savais que ça allait craquer à un moment », a-t-elle déclaré.

800 m : Robert devant Bosse

Pierre-Ambroise Bosse a trouvé un challenger de choix sur 800 m en la personne de Benjamin Robert.

« Ça fait plaisir d’avoir cette synergie sur 800 m », expliquait le champion du monde 2017. « Tu le vois dès la chambre d’appel, ils ont tous les crocs. »

Et c’est peu dire ! Benjamin Robert, qui a fait toute la course dans le sillage de PAB, a déployé toute sa puissance dans les derniers 100 mètres pour remporter le titre de champion de France en 1 min 46 s 06 devant Bosse 1 min 46 s 16 et Gabriel Tual 1 min 47 s 54.

« C’est parti vite, j’ai fait le choix de rester derrière et de coller Pierre-Ambroise », analyse le champion de France du 800 m. « Je ne pensais pas avoir le jus dans la dernière ligne droite pour finir aussi fort. »

60 m haies : Belocian toujours au top, Mayer bloque

Wilhem Belocian a encore une fois dominé le 60 mètres haies sur ces Championnats de France, après ses récentes victoires aux meetings de Metz (6 février) et Liévin (9 février). Le Guadeloupéen a survolé la finale en 7 s 46 devant Aurel Manga en 7 s 58 et Matteo Ngo en 7 s 72. Le pensionnaire du Stade Lamentin se focalise maintenant sur les Championnats d’Europe en salle de Toruń (5-7 mars).

« J’irai à Torun avec la rage de vaincre », annonce-t-il. « J’appliquerai ce que je sais faire, et ce que j’ai fait jusqu’à maintenant. Je sais que j’ai la meilleure performance européenne, mais je ne me focalise pas là-dessus. Il faudra être aussi propre qu’aujourd’hui pour gagner. »

Kevin Mayer , qui était lui aussi engagé sur 60 m haies n’a pas réussi a franchir la première haie. Un petit coup dur pour le décathlonien qui venait se confronter aux meilleurs français de la discipline avant les Europe.

« Je suis dégoûté », a-t-il confié après la course. « Je pense que j'aurais claqué un temps de dingue, je n'ai jamais eu autant de rythme à l'échauffement. J'avais trop d'envie, pas assez d'enjeu, parce que je n'avais rien à perdre. ça fait un an qu'on n'a plus de compétition et maintenant qu'on en a, il faut y aller. Je m'en veux de ne pas avoir su gérer ce surplus d'envie.

Tout n’est cependant pas à jeter pour le recordman du monde du décathlon, qui était aussi engagé sur 60 m et en saut en longueur. Il a réalisé un joli chrono de 6 s 93 ainsi qu'un saut à 7 m 38. Des signaux encourageants en vue des Championnats d'Europe, où il devrait disputer l'heptathlon.

Les autres résultats du week-end

En triple saut masculin, le Burkinabé Hugue-Fabrice Zango a réalisé un joli saut à 17,77 m au premier essai avant de mettre fin à son concours. C’est Melvin Raffin qui a décroché le titre de champion de France avec un triple bond mesuré à 17, 09 m.

Sur 60 m, Mouhamadou Fall s’est imposé après vérification de la photo finish en 6 s 64, devançant Amaury Golitin de quelque millième seulement. Malgré un titre de champion de France, le français n’a pas réalisé les minima nécéssaires pour se rendre à Toruń, fixés à 6 s 63.

Thomas Jordier s'est imposé sur 400 m masculin avec un chrono de 46 s 13, qui représente la troisième meilleure performance française de l'histoire. Il a devancé Nicolas Courbière (46 s 94) et Teo Andant (47 s 03).

Le 3 000 mètres masculin a également offert un course de haut vol. En l’absence de Jimmy Gressier, Hugo Hay s’est largement imposé en 7 min 52 s 42. Yann Schrub termine deuxième en 7 min 55 s 13 suivi de Mehdi Belhadj en 7 min 58 s 09.

« C’était une bonne répétition pour la Pologne », savoure-t-il. « C’est juste dommage qu’il n’y ait pas eu la densité qui était annoncée au début, mais il fallait faire avec. »

Enfin au même moment se déroulait les Championnats de France de lancers longs à Salon-de-Provence. Alexandra Tavernier a battu son propre record de France avec un jet de marteau à 75 m 38.

Mélina Robert-Michon a quant à elle gagné le concours de lancer du disque avec un essai validé à 63,43 m, ce qui représente la meilleure performance mondiale de l'année. Elle a remporté son 34e titre national, ce qui fait de la médaillée d'argent à Rio 2016 l'athlète française la plus titrée au niveau national, dépassant ainsi Lucienne Vélu, qui avait établi ce record avant la Seconde Guerre mondiale.