Championnats d’Europe : cinq médailles d’or sur sept possibles pour les Françaises

Prague, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE - 21 novembre 2020 : La Française Romane Dicko (à droite) en finale des Championnats d’Europe 2020 en +78 kg contre l’Azérie Iryna Kindzerska. À 21 ans, la judoka te française à remporté son deuxième titre européen.
Prague, RÉPUBLIQUE TCHÈQUE - 21 novembre 2020 : La Française Romane Dicko (à droite) en finale des Championnats d’Europe 2020 en +78 kg contre l’Azérie Iryna Kindzerska. À 21 ans, la judoka te française à remporté son deuxième titre européen.

Les judokates françaises ont fait forte impression lors des Championnats d’Europe de judo 2020, du 19 au 21 novembre, en remportant le titre dans cinq des sept catégories. La France a terminé en tête du classement des médailles. 

L’équipe de France de judo est repartie de Prague avec le statut de meilleure nation des Championnats d’Europe 2020. Le bilan s’élève à cinq médailles d’or et trois médailles de bronze et permet à la France de terminer devant la Russie (trois en or, trois en argent et une en bronze) et la Géorgie (une en or, une en argent et quatre en bronze).

C’est la première fois que la France remporte autant de médailles d’or individuelles aux Championnats d’Europe depuis 1990, où six titres avaient été gagnés. Des résultats très encourageants à huit mois des Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Cinquième titre pour Agbégnénou

Toutes les médailles d’or remportées par l’équipe de France l’ont été par les femmes, avec notamment Clarisse Agbégnénou qui a gagné son cinquième titre européen chez les -63 kg. En finale face à l’Autrichienne Magdalena Krssakova, Agbégnénou n’a combattu que 23 secondes avant d’envoyer son adversaire au tapis et remporter le combat par ippon. Elle venait conclure une compétition quasi sans faute où seule la Néerlandaise Juul Fransse a pu amener la Française au golden score en demi-finale.

Une journée qui peut sembler totalement maîtrisée mais pour la vice-championne olympique, de nombreux aspects devront être améliorés avant d’aller tenter de décrocher un titre olympique à Tokyo.

« C’est l’image que vous avez », a-t-elle déclaré au journal l’Équipe. « Mais dans ma tête, les combats étaient longs. Je ne posais pas bien les mains, j’étais un peu lente, pas aussi agressive que d’habitude. J’ai essayé d’être précise, même si je ne l’étais pas beaucoup. Je voulais attaquer, ne pas rester figée. »

« Je suis fière de moi »

La championne du monde 2019 des -78 kg Madeleine Malonga a quant à elle décroché un deuxième titre européen, après celui de 2018. Elle est venue à bout de l’Allemande Luise Malzahn en finale, contre qui elle s’était inclinée lors de ses dernières confrontations. Malonga a forcé son adversaire à la faute et elle a remporté le combat après trois shidos (pénalités) récoltées par Malzahn. 

Avec son forfait pour le Grand Slam de Budapest en octobre dernier en raison d’une entorse au genou droit, la Française revenait donc à la compétition après neuf mois sans combattre, et s’est dit satisfaite de son retour. 

« Je ne le dis pas souvent mais, aujourd’hui, je suis fière de moi » a-t-elle confié à l’Équipe. « Pendant le confinement, ce n’était pas facile mais je n’ai rien lâché, je ne me suis jamais arrêtée. Et depuis, je me suis entraînée comme une folle. »

Deuxième titre en deux participations pour Dicko

La jeune Romane Dicko, 21 ans, a elle aussi remporté son deuxième titre européen depuis son sacre en 2018 chez les +78 kg. Elle a battu la numéro 5 mondiale azérie Iryna Kindzerska en finale sur immobilisation. En seulement deux participations aux Championnats d’Europe seniors, la Française reste donc invaincue dans cette compétition.

Elle avait dû rester éloignée des tatamis pendant presque deux ans en raison de plusieurs de plusieurs blessures. Mais ce nouveau titre montre qu’elle peut espérer de grandes choses pour la suite, d’autant plus que même à son âge, elle a gagné en maturité.

« Il y a deux ans, j’étais la petite jeune, l’outsider que personne n’attendait. Cette fois, j’ai su répondre au rendez-vous et montrer que j’étais forte. Dans la tête et physiquement, j’ai beaucoup changé. »

Chez les -48 kg, c’est la Française Shirine Boukli qui a remporté le titre, tout comme Margaux Pinot chez les -70 kg, catégorie dans laquelle la championne du monde Marie-Ève Gahié a décroché le bronze.

Chez les -57 kg, Sarah-Léonie Cysique a elle aussi décroché le bronze.

Seule médaille masculine pour Le Blouch

Chez les hommes, seul Kilian Le Blouch a remporté une médaille en l’absence du double champion olympique Teddy Riner. À 31 ans, il a remporté le bronze chez les -66 kg.

Le directeur des équipe de France Stéphane Traineau, qui avait remporté le titre européen à quatre reprises (1990, 1992, 1993, 1999), s’est montré globalement satisfait, et sait là où il faudra encore travailler en vue des Jeux de Tokyo 2020.

« L’équipe de France est en marche », a-t-il affirmé sur le site de la fédération française de judo. « Que ce soit chez les juniors comme chez les jeunes seniors. Il y a encore du travail, notamment chez les masculins, mais la dynamique est engagée. Je suis très fier de cette équipe. »