Boxe : Que retenir du TQO africain ? 

Rio de Janeiro, BRÉSIL – 14 août 2016 : Le Britannique Joshua Buatsi (en rouge) et l’Algérien Abdelhafid Benchabla lors du combat de poids lourds (81 kg) du tournoi olympique de Tokyo 2020.
Rio de Janeiro, BRÉSIL – 14 août 2016 : Le Britannique Joshua Buatsi (en rouge) et l’Algérien Abdelhafid Benchabla lors du combat de poids lourds (81 kg) du tournoi olympique de Tokyo 2020.

Le premier Tournoi de Qualification Olympique (TQO) de boxe pour les Jeux de Tokyo 2020 s’est déroulé à Dakar au Sénégal, du 20 au 29 février. Trente-trois boxeurs africains ont remporté leur billet pour Tokyo, l'Algérie et le Maroc confirmant leur statut de fer de lance de la boxe africaine.

Après 9 jours de compétition à Dakar lors du Tournoi de Qualification Olympique (TQO) africain, 33 boxeurs ont gagné leur précieux sésame pour les Jeux de Tokyo 2020. Comme attendu, l’Algérie et le Maroc ont été les meilleures nations de ce TQO. La boxe algérienne aura sept représentants à Tokyo, le Maroc six. Le Cameroun et la Zambie compteront quant à eux trois athlètes chacun aux JO 2020. 

Un mélange de boxeurs de la nouvelle génération et de boxeurs expérimentés s'est retrouvé à Dakar, avec le Kenyan Nick Okoth comme vétéran de la compétition. Douze ans après sa première apparition olympique à Pékin 2008, il a obtenu sa qualification quelques jours avant ses 37 ans !  

Mais d’autres ont aussi crevé l’écran comme le flamboyant camerounais Maxime Yegnong Nijeyo en super-lourds, pratiquement invincible, ou l’Ougandais Shadiri Bwogi et son énergie inépuisable.

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Impressionnants Zambiens

Les Zambiens ont sans doute été les plus surprenants : Patrick Chinyemba, Everisto Mulenga et Stephen Zimba, tous qualifiés pour Tokyo 2020, ont montré une rapidité exceptionnelle, autant dans le jeu de jambes que dans les bras. Cela dit, leur manque d’expérience risque de peser lourd à Tokyo. Leur entraîneur Wisdom Mudenda, a d’ailleurs déclaré que l’objectif était davantage Paris 2024.

Mais l’expérience était bien là à Dakar. L’Algérien Abdelhafid Benchabla s’est qualifié pour ses quatrièmes Jeux Olympiques. Lors des éditions précédentes, il avait perdu en quart de finale contre de sérieux talents. Mais ce sera en revanche sa première expérience olympique en poids-lourds et à 33 ans, le challenge est relevé.

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Mardi pour la médaille ?

Dans les catégories féminines, Dakar a été très relevé. La Marocaine Khadija Mardi, probablement classée dans le top 3 mondial lors des Jeux de Tokyo en poids moyen, jouera la médaille. En effet le classement joue un rôle important aux JO : il permet d’éviter les athlètes les plus compétitifs lors des premiers tours.  

La belle histoire de ces qualifications revient à la boxeuse kenyane Christine Ongare. Enceinte à 12 ans, elle voyait une qualification aux Jeux Olympiques comme une chance de changer sa vie. C’est désormais chose faite grâce à un succès dans la catégorie poids mouche.

Echec des favoris

Les boxeurs les mieux classés avant Dakar n’ont en revanche pas réussi à se qualifier pour Tokyo 2020. Ni le poids-plume marocain Mohamed Hamout, ni le super-lourd égyptien Yousry Hafez n’ont pu obtenir leur billet. Les espoirs égyptiens reposeront donc sur le mi-lourd Abdelrahman Abdelgawwad. 

Les conséquences de l’introduction des boxeurs professionnels à Tokyo seront également intéressantes à observer. Après un changement de règlement de dernière minute il y a quatre ans, seulement trois professionnels se sont qualifiés pour Rio 2016, tous trois en fin de carrière, et leur impact n’a pas été déterminant. Si certains pays n’intégreront pas de boxeurs professionnels dans leur délégation pour les JO 2020, d’autres le feront.  

C’est le cas du Camerounais Wilfred Seyi-Ntsengue (poids moyen), l’un des boxeurs pros les plus attendu au TQO de Dakar. Il a participé aux Jeux de Rio 2016 et remporté une médaille d’argent aux Jeux du Commonwealth 2018 avant de passer professionnel au Canada, où il a gagné ses huit premiers combats.

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Le rythme pro

À 22 ans, il est toujours sur la pente ascendante. Mais après deux combats convaincants au TQO, son niveau a baissé lors des combats suivants et il a péniblement obtenu sa qualification. La forme physique que requiert ce type de tournoi, où il faut parfois prendre du poids tous les jours pour rentrer dans les limites de sa catégorie, ne convient pas au rythme professionnel où les combats peuvent être espacés de plusieurs mois. Il faudra donc suivre son parcours avec attention à Tokyo.

Si le niveau de boxe à Dakar était indubitablement élevé, il faudra attendre les autres tournois de qualifications par zone (le prochain à Amman) pour pouvoir comparer.

Qui sont les qualifiés ?

Voici les boxeurs qui ont obtenu leur billet pour Tokyo lors du Tournoi de Qualification Olympique africain à Dakar.

  • Poids mouche masculins (52 kg) : Mohamed Flissi (Algérie), Patrick Chinyemba (Zambie), Tetteh Sulemanu (Ghana)
  • Poids-plume masculin (57 kg) : Everisto Mulenga (Zambie), Nicholas Okoth (Kenya), Samuel Takyi (Ghana)
  • Poids super-légers masculin (63 kg) : Jonas Jonas (Namibie), Louis Richarno Colin (Maurice), Abdelhaq Nadir (Maroc)
  • Poids mi-moyens masculin (69 kg) : Albert Mengue (Cameroun), Stephen Zimba (Zambie), Shadiri Bwogi (Uganda)
  • Poids moyens masculins (75 kg) : Younes Nemouchi (Algerie), David Tshama (République démocratique du Congo), Wilfried Seyi Ntsengue (Cameroun)
  • Poids mi-lourds masculins (81 kg) : Abdelrahman Salah Orabi (Egypte), Mohammed Houmri (Algerie), Mohamed Assaghir (Maroc)
  • Poids lourds masculins (91 kg) : Youness Baalla (Maroc), Abdelhafid Benchabla (Algerie)
  • Poids super-lourds masculins (+91 kg) : Maxime Yegnong Njieyo (Cameroun), Chouaib Bouloudinats (Algerie)
  • Poids mouche féminins (48-51 kg) : Rabab Cheddar (Maroc), Roumaysa Boualam (Algerie), Christine Ongare (Kenya)
  • Poids plumes féminins (54-57 kg) : Khouloud Hlimi (Tunisie), Sadie Kenosi (Botswana)
  • Poids légers féminins (57-60 kg) : Imane Khelif (Algerie), Mariem Homrani (Tunisie)
  • Poids mi-moyens féminins (64-69 kg) : Oumayma Bel Ahbib (Maroc), Helena Panguana (Mozambique)
  • Poids moyens féminins (69-75 kg) : Khadija Mardi (Maroc), Rady Gramane (Mozambique)

Par Olympic Channel.