Alhambra Nievas :  « J'ai toujours rêvé de participer aux Jeux Olympiques »

Alhambra Nievas est maintenant responsable du développement des arbitres au sein de World Rugby.
Alhambra Nievas est maintenant responsable du développement des arbitres au sein de World Rugby.

Alhambra Nievas est une ancienne joueuse internationale et arbitre de rugby. Après s'être forgée une brillante réputation, cette joueuse de 37 ans a atteint le sommet de sa carrière en arbitrant la finale du rugby à 7 Australie-Nouvelle-Zélande à Rio 2016. Elle aide désormais d'autres sportifs à réaliser leur rêve pour Tokyo 2020.

Du jeu à l'arbitrage

Alhambra Nievas a essayé de nombreux sports différents - football, basket-ball, volley-ball et karaté - mais c'est le rugby qui l'intéressait le plus.

L'Espagnole de 37 ans a commencé à jouer au rugby à l'université, puis en club. Elle a ensuite représenté sa région, l'Andalousie, avant de faire ses débuts internationaux pour l'Espagne en 2006.

« J'ai joué en Espagne pendant près de 10 ans. C'est l'objectif de chaque joueur de jouer pour son pays », a-t-elle déclaré à Tokyo 2020.

Mais en 2012, Nievas a eu l'occasion de faire partie du jeu d'une autre manière.

Un ami l'a encouragée à aider dans une école de rugby, ce qui l'a incitée à s'essayer à l'arbitrage.

« J'ai commencé à arbitrer, et j'ai trouvé que devenir arbitre était un vrai challenge. C'était difficile parce que jouer au rugby, c'est le mieux. Rien n'est comparable. »

Nievas partageait son temps entre jouer et arbitrer, principalement pour améliorer sa connaissance des règles du jeu.

« J'ai choisi d'arbitrer pour mieux connaître les règles, pour mieux communiquer avec l'arbitre parce que j'étais capitaine, même si à l'époque j'étais plus concentrée sur ma carrière de joueuse. »

Devenir arbitre professionnelle

En 2009, il a été décidé que le rugby à sept reviendrait au programme pour les Jeux Olympiques de Rio 2016.

Nievas avait déjà arbitré quelques matchs au niveau national, mais elle a rapidement été invitée à arbitrer au plus haut niveau.

C'est alors qu'elle a décidé d'arrêter de pratiquer et de concentrer toute son énergie sur l'arbitrage professionnel.

« J'ai commencé à me dire que je devais peut-être me concentrer sur ma carrière d'arbitre », explique-t-elle. « Enfant, adolescente, j'ai toujours rêvé de participer aux Jeux Olympiques. Quand j'ai [appris] que le rugby à sept serait au programme des Jeux Olympiques - c'était mon objectif. Je voulais vraiment participer aux Jeux Olympiques en tant qu'arbitre. »

« J'ai arrêté de jouer et je me suis concentré sur ma carrière d'arbitre. J'ai eu de bonnes opportunités ici en Espagne, j'ai donc progressé jusqu'au plus haut niveau de jeu masculin. Je pense que cela m'a permis de me perfectionner, et de me développer également sur la scène internationale. »

« J'ai ensuite commencé à recevoir des opportunités. Je pense que le premier événement auquel j'ai assisté en tant qu'arbitre assistant a eu lieu en 2012 au Dubaï Sevens, et j'ai ensuite eu d'autres opportunités. »

« J'ai commencé à arbitrer les Championnats du monde de rugby à sept en 2014 et tout s'est bien passé ».

En plus d'être une arbitre titulaire sur le circuit mondial de rugby a sept, Nievas a officié lors de la Coupe du monde de rugby féminin et des Six Nations.

En novembre 2016, elle a été nommée arbitre assistante pour le match États-Unis-Tonga, devenant ainsi la première femme à arbitrer une rencontre internationale de rugby masculin.

AUS v NZL, Finale du Rugby féminin | Replay de Rio 2016
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S'entraîner comme les athlètes

Nievas a réussi la transition entre son statut d'internationale de haut niveau et celui d'arbitre de renommée mondiale, mais s'est retrouvée « à s'entraîner davantage et plus intensément » étant arbitre à plein temps.

« Je pense que les gens doivent réaliser que la préparation d'arbitre de rugby est assez similaire à celle d'un joueur », explique Nievas. « Vous devez vous préparer physiquement, mentalement et techniquement. Les exigences sont très élevées. Nous sommes des athlètes - il n'y a pas de différence. »

Le rugby à sept est un jeu rapide : sept joueurs, des mi-temps de sept minutes et quelques secondes seulement pour prendre des décisions décisives sur le résultat final. Les arbitres doivent être encore plus rapides.

« Le rugby à sept est très exigeant », a déclaré Nievas. « Vous devez être en très bonne forme physique. Vous devez être rapide. Vous devez vous entraîner comme les joueurs. »

« Le rugby à sept féminin progresse très rapidement. Donc on doit s'entraîner très dur. »

Alors qu'un athlète peut avoir une journée de repos ou avoir une baisse de forme, les arbitres doivent toujours être au top de leur forme.

« En tant qu'arbitre sur le terrain, ce n'est pas seulement vous, mais aussi votre équipe - l'équipe des arbitres. »

« Être un officiel de match, ce n'est pas essayer d'écarter quelqu'un de votre chemin. Vous essayez d'être au top de votre forme. C'est une compétition avec vous-même, pour vous améliorer. pour y arriver, pour être cohérent, pour atteindre les plus hauts standards, dans un environnement de haute performance pour être sélectionné pour les Jeux Olympiques. »

« Il est crucial de se soutenir mutuellement et d'apprendre les uns des autres. La philosophie est de s'améliorer ensemble. »

Pour Nievas, la clé pour améliorer sa condition physique et ses capacités était de travailler avec un coach de renommée internationale pour l'aider à officier sur la plus grande scène sportive - les Jeux Olympiques.

« La clé pour moi a été d'avoir un coach sportif. C'était la clé : être au même niveau que celui que le rugby mondial ou ce que les Jeux Olympiques exigent de nous. »

« C'était quelque chose que j'ai vraiment apprécié. Je ne dirai pas que c'était dur, dans le mauvais sens. Nous étions très disciplinés. »

« En tant qu'arbitre, nous étions tous très conscients que nous devions nous préparer du mieux que nous pouvions parce que nous [voulions jouer notre rôle] pour que le rugby à sept reste dans le programme des Jeux Olympiques. »

« Nous devions veiller à ce qu'il n'y ait pas de controverse ou que le rugby soit vu négativement. Nous voulions juste jouer notre rôle pour que le rugby à 7 soit un succès aux Jeux Olympiques. »

Rio de Janeiro, BRÉSIL - 8 août 2016 : L'Australie et la Nouvelle-Zélande pendant les hymnes nationaux avant le match pour la médaille d'or en rugby à 7 aux Jeux Olympiques de Rio.
Rio de Janeiro, BRÉSIL - 8 août 2016 : L'Australie et la Nouvelle-Zélande pendant les hymnes nationaux avant le match pour la médaille d'or en rugby à 7 aux Jeux Olympiques de Rio.
Photo de David Rogers/Getty Images

La finale des Jeux Olympiques de 2016

Tous les efforts et l'expérience accumulés ont porté leurs fruits lorsque Nievas a reçu l'honneur d'arbitrer le match pour la médaille d'or aux Jeux Olympiques de Rio 2016, entre deux des meilleures équipes du monde, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, au stade Deodoro.

C'était était également le jour de son anniversaire.

« J'ai toujours rêvé de participer aux Jeux Olympiques », a-t-elle déclaré. « C'était incroyable. C'était un grand honneur d'arbitrer la finale. Quand la finale des Jeux Olympiques a commencé, mon anniversaire a commencé en Espagne. C'était le meilleur cadeau d'anniversaire de tous les temps. »

« Quand vous arrivez en finale, non seulement aux Jeux Olympiques mais aussi à la Coupe du monde de rugby ou dans une épreuve des World Series, c'est grâce à votre performance pendant le tournoi. »

« Je suis fière de la façon dont je me suis préparée et de ma performance pendant le tournoi, avant le tournoi et au cours des années précédentes. Chaque fois que j'ai participé à un événement, l'objectif - le but à atteindre - était les Jeux Olympiques. »

Ses excellentes performances ont également été reconnues par ses collègues, puisque Nievas est devenue co-détentrice du World Rugby Referee Award (Trophée du meilleur arbitre de World Rugby) lors des World Rugby Awards la même année.

Tokyo 2020

Nievas a pris sa retraite d'arbitre en 2018. Elle est actuellement responsable du développement des arbitres au sein de la fédération internationale, World Rugby, avec pour mission d'identifier et d'encourager les talents pour le rugby à 7 et a XV.

En tant qu'ancienne arbitre internationale, ce rôle est taillé pour Nievas, qui peut transmettre son expérience à une nouvelle génération de talents émergents.

« En tant que joueuse, surtout si vous jouez au plus haut niveau, la transition entre le jeu et l'arbitrage est rapide car si vous êtes habituée à un environnement de haute performance, vos compétences et vos connaissances contribuent à accélérer [votre carrière]. »

« Nous avons quelques exemples dans notre équipe actuelle. Joy Neville, Julianne Zussman et Selica Winiata sont d'excellentes [anciennes] joueuses internationales. Winiata a remporté la dernière Coupe du monde de rugby féminin en Irlande en 2017. »

Le plan de Nievas est de s'assurer que dès que le rugby reprendra, les arbitres seront à nouveau sur le terrain pour préparer Tokyo 2020.

« L'année prochaine (2021) va être une année importante pour le rugby. Nous avons les Jeux Olympiques et la Coupe du monde de rugby en Nouvelle-Zélande. »

« En tant qu'arbitres, nous nous préparons du mieux que nous pouvons pour la reprise. Nous sommes prêts à revenir sur le terrain avant ces deux événements phares. Nous sommes très impatients d'être à Tokyo. »

« Tout le monde a hâte d'y être. Et nous nous préparons du mieux possible pour cette grande compétition. »

« Nous avons hâte d'y être. »